Aventures de Saturnin Fichet
Pendant que Morillon jouait son rôle de Céladon près de Rose Robertin , Barthe et Poiré s'étaient mis en route pour Rennes, et ils y étaient arrivés le lendemain, que Morillon hurlait encore dans sa cage» Une fois à Rennes, Guillaume échangea son uniforme contre ses anciens habits
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de paysan , et reçut tes dernières instructions de Barthe. Celui-ci lui apprit alors que la Guyomarais était certainement l'un des associés de la Rouarie, et qu'il était impossible qu'il ne se passât pas dans son château quelques menées , grâces auxquelles on serait enfin sur la trace de la conspiration.
— Tu comprends , dit Barthe à Poiré, tu es annoncé comme un furieux royaliste ; joue ton rôle en conscience, gagne la confiance du jardinier et puis celle du maître. Aide-nous à découvrir cet enragé marquis et tu ne regretteras pas d'avoir été destitué de tes fonctions de commandant du château de Nantes.
Les deux espions prirent immédiatement la route du château de la Guyomarais. Ils y arrivèrent à la nuit tombante.
Le château était situé au bout d'une longue avenue d'ormes traversant des terres labourables. Le jardin qui entourait les bâtiments avait tout au plus sept ou huit arpens et se' trouvait au milieu de ces terres. Il était défendu par une simple haie vive. La maisonnette qu'habitait Périn était située au bout de l'avenue et à l'entrée de cet enclos naturel, comme serait la loge d'un concierge à l'angle d'une grille. Elle était cependant en dehors de la haie, et se perdait dans
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l'ombre des arbres séculaires de l'avenue.
Lorsque Barthe et Poiré arrivèrent à la porte du jardinier de la Guyomarais, Périn répondit à leur premier appel. Il était seul dans sa maison et ne parut nullement étonné de voir arriver nos deux espions. Barthe comprit qu'on avait compté sur sa promesse et qu'ils étaient attendus, et à la façon amicale dont Périn l'accueillit, il vit qu'il avait cause gagnée.
Après les avoir fait asseoir et les avoir invités à se reposer, Périn demanda à Poiré où il avait servi, et celui-ci ne manqua pas de noms à citer.
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Il n'y avait pas assez longtemps qu'il avait abandonné son état de jardinier pour n'avoir pas d'excellents renseignements à fournir sur son propre compte.
Périn passa ensuite à l'examen de la science horticole de Guillaume, et reconnut avec plaisir qu'il avait affaire à un habile jardinier.
Le marché fut bientôt conclu, car
Guillaume ne se montra difficile sur les gages, qu'autant qu'il le fallait pour n'avoir pas l'air d'avoir envie de la place à tout prix. Barthe, à qui Morillon avait donné rendez-vous à Rennes, n'accepta pas l'offre que lui fit Périn de passer la nuit dans la cabane, et repartit sur-le-