‹ Aventures de Saturnin Fichet (volume 3)Chapitre 2 sur 19 · U AVENTURES · texte numérisé non relu

U AVENTURES

champ pour la ville. Il avait été convenu entre lui et Guillaume qu'à la première découverte celui-ci en enverrait avis à Morillon en expédiant à Rennes un des gendarmes de la brigade, qui se trouvait à une lieue à peu près de la Guyomarais. Le soir même, Guillaume fut installé dans un petit grenier situé au-dessus de la chambre de Périn, qui occupait le rezde-chaussée. Ce grenier avait une lucarne qui, ouvrant du côté du château, dominait par conséquent toute la partie du jardin qui séparait la demeure du maître de la petite maison du jardinier Guillaume qui avait le désir de voir finir bientôt l'espèce de pénitence qui lui était

imposée, se mit en embuscade dès qu'il fut retiré dans sa petite chambre, et examina le château. Il était exactement fermé , et nul bruit ne s'y faisait entendre.

Guillaume, après une heure d'attente, supposant qu'on lui avait coniié une mission tout à fait inutile, allait se décider à se coucher, lorsqu'il entendit le pas d'un cheval qui entrait dans l'avenue. Bientôt après le cheval s'arrêta à la porte de Périn ; le cavalier mit pied à terre, et Guillaume put entendre une voix qui disait au jardinier :

— Eh bien! comment va ce pauvre M. Gosselin?

— La fièvre ne Ta pas quitté de la journée, monsieur le docteur, du moins à ce que m'a dit ma femme qui aide la sienne à le veiller.

— C'est bien , reprit le docteur, je vais près de lui. Seulement, dites-moi, quelqu'un est-il venu le voir aujourd'hui ?

— Ceux qui viennent d'habitude.

— C'est tant pisy (fit le médecin, les conversations l'animent et lui font du mal.

— Il est encore plus agité quand il ne voit personne, répliqua Périn. Sa femme ne peut le calmer ; et aujourd'hui même, comme M. Fontevieux est arrivé plus tard qu'à l'ordinaire, M. Gosselin a voulu partir, il a demandé son cheval.

— Le malheureux se tuera , dit le médecin avec un soupir.

Aussitôt, et sans attendre la réponse de Périn, il entra dans le jardin et se dirigea vers le château.

Quoique la porte principale fit face à la maisonnette où se trouvait Guillaume Poiré, le médecin n'y alla point frapper ; il fit le tour du château et entra sans doute par quelque porte de service.

Guillaume ne quitta point sa lucarne.

Au bout de deux heures, il vit ressortir le médecin, accompagné d'une femme, ils causaient avec action ; mais à la distance où ils se trouvaient, Guillaume ne put d'abord entendre les paroles; ce-

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