‹ Aventures de Télémaque [microforme]Chapitre 5 sur 13 · EI PET RFC IPS STE SEEN · texte numérisé non relu

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qui viennent comme un torrent du hant deg montagnes pour inonder votre ville et ravager tout votre pays. Hôâtez-vous de les prévenir ; mettez vos peuples sous les armes : et ne perdez Pas un moment pour retirer au-dedans de vos mue railles les riches troupeaux que vous avez dans la campagne, Si ma prédiction est fausse, vous serez libre de nous immoler dans trois jours ; si au contraire elle est véritable, souvenez-vous qu’on ne doit pas Ôter la vie à ceux de qui on la tient,

30. Aceste fut étonné de ces paroles que Mentor lai disait avec une assurance qu'il n° trouvée en aucun homme. Je vois bien, répondit il, Ô étrangers, que les Dieux, qui vous ont si mal partagé pour tous les dons de la fortune, vous ont accordé une sagesse qui est plus estimable que toutes les prospérités. En même temps il retarda le sacrifice, et donna avec diligence les ordres né cessaires pour prévenir l'attaque dont Mentor l'avait menacé. On ne voyait de tous côtés que des f-cmmes tremblantes, des vieillards courbés, de petits enfans les larmes aux yeux, qui se reti. rajent dans la ville, Les bœufs mugissans, et les brebis bêlantes, venaient en foule, quittant les gras pâturages, et ne ponvant trouver assez d'éfables pour être mis à couvert. C'étaient de toutes parts des bruits confus de gens qui se poussaient les.uns les autres, qui ne pouvaient s’entendre, qui prenaient dans ce trouble un inconnu pour leur ami, et qui couraient sans savoir où tendaient leurs pas. Mais.les principaux de la ville, se croyant plus sages que les autres, s’imagimaient que Mentor était un imposteur qui avait

fait uné fausse prédiction Pour sauver.sa vie.

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31, A vant la fin dr troisième jour, pendant qu'ils’

étaient pleins de ces pe 16 n vit sur le penchant des montagnes es un t@œu'billon de

poussière ; puis off hr suit wne troupe ffiiombrable de barbares armés : c'étaient les Himérien , peuples féroces, hvec les nations qui habitent sur les monts Nébrodes et sur le somn t d’Acragas, où règne un hiver que les zéphyrs n'ont jamais adouci. Ceux qui gvifent méprisé la prédiction de Mentor perdirent leurs esclaves et leurs troupeaux. Le roi dit à Mentor : J'oublie que vous êtes des Grecs : nos ennemis deviennerit nos amis fidèles. Les Dieux vous ont envoyés pour nous sauver: je n’attends pas moins de votre valeur que de la sagesse de vos conseils ; hâtez-vons de nous secourir,

32, Mentor montre dans ses yeux une audace qui étonne les plus fiers combattans. Il prend un bouclier, un casque, une épée, une lance ; il range les soldats d'Aceste, marche À leur tête, et sa: vance 3n bon ordre vers les ennemis. Aceste, quoique pleu: de courage, ne peut dans sa vieil: esse le suivre que de loin. Je le suis de plus près. mais je ne puis égalet sa valeur, Sa cuirasse resi semblait, dans le combat, à l’immortelle égide, La mort courait dé rang en rang partout sous ses coups. Semblable à un lion de Numidie que la cruelle faim dévore, et qui entre dans un troupeau de faibles brebis: il déchire, il égorge, il nage dans le sang ; et les bergers, loin de secou-: rir le troupeau, fuient tremblans pour’se déro- Lér à sa fureur.

33, Ces barbares, qui espéraient de surprendre la ville, furent eux-mêmes «

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Les sujets d’Aceste, animés par l'exemple et par les ordres de Mentor, eurent une vigueur dont ils ne se croyaient point capables. De ma lance je renversai le fils du roi de ce peuple ennemi, 1! était de mon âge, mais il était plus grand que moi ; car ce peuple venait d’une race de géants qui étaient de la même origine que les Cyelopes : il méprisait un ennemi aussi-faible que moi. Mais sans n''étonner de sa force prodigiense ni de son air sauvage et brutal, je poussai ma lance contre sa poitrine, et je lui fis vomir, en expirant, des torrens d”: = sang noir. fl hensa m'écraser dans sa chute; le bruit de ses armes retentit jusqu'aux montagnes. Je pris ses dépouilles, et Je revins trouver Aceste, Mentor ayant achevé de mettre les eunemis en désordre, les tailla en pièces et poussa les fuyards jusque dans les forêts.

34. Un succès si inespére fit regarder Mentor comme un homme chéri et inspiré des Dieux.

Aceste, touché de reconnaissance, nous avertit qu'il craignait tout Pour nous, si les vaisseaux d'Enée revenaient en Sicile : il nous en donna un Pour retourner sans retardement en notre pays, nous combla de présens, et nous pressa de partir pour prévenir tous les malheurs qu'il prévoyait : mais il ne voulut nous donner ni un pilote ni des rameurs Je sa nation, de peur qu’ils ne fussenttrop exposés sur Jes côtes de la Grèce. Il nous donna des marchands Phéniciens qui, étant en commerce avec tous les peuples du monde, n'avaient rien à craindre, et qui devaient ramener le vaisseau à Aceste quur 1! ils nous suraient laissés en Îthaque,

275 Lieux qui se jouent des desseins des hormimes, nous réservaient à d’autres dangers, FIN DU LIVRE PREMIER,

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