‹ Aventures de TélémaqueChapitre 113 sur 158 · LIVRE XX. a · texte numérisé non relu

LIVRE XX. a

Hespérie, que vous avez souillée par tant de massacres et de trahisons; vivez , et devenez un autre homme. Apprenez par votre chute que les dieux sont justes, que les méchans sont malheureux; qu'ils se trompent en cherchant la félicité dans la violence, dans l'inhumanité, et dans le mensonge; qu'enfin rien n'est si doux ni si heureux que la simple et constante vertu. Donnez-nous pour otage votre fils Métrodore, avec douze des principaux de votre nation.

A ces paroles, Télémaque laisse relever Adraste , et lui tend la main , sans se défier de sa mauvaise foi ; mais aussitôt Adraste lui lance un second dard fort ^urt , qu'il tenait caché. Le dard était si aigu et lancé avec tant d'àdresse, qu'il eût percé les armes de Télémaque, si elles n'eussent été divines. En même temps Adraste se jette derrière un arbre pour éviter la poursuite du jeune Grec. Alors celui-ci s'é« crie : Dauniens , vous le voyez , la victoire est à nous; l'impie ne se sauve que par la trahison. Celui qui ne craint point les dieux craint la mort; au contraire, celui qui les craint ne craint qu'eux.

En disant ces paroles, il s'avance vers les Dau* niens, et fait signe aux siens, qui étaient de

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l'autre côté de l'arbre, de couper chemin au perfide Àdraste. Adraste craint d'être surpris, fait semblant de retourner sur ses pas, et veut renverser les Cretois qui se présentent à son passage ; mais tout à coup Télémaque , prompt comme la foudre que la main du père des dieux lance du haut de l'Olympe sur les têtes coupables, vient fondre sur son ennemi; il le saisit d'une main victorieuse; il le renverse comme le cruel aquilon abat les tendres moissons qui dorent la campagne. Il ne l'écoute plus , quoique l'impie ose encore une fois essayer d'abuser de la bonté de son cœur : il enfonce son glaive, et le précipite dans les flammes du noir Tartare , digne châtiment de ses crimes.

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