‹ Aventures de TélémaqueChapitre 14 sur 158 · LIVRE XIÏ. 3i · texte numérisé non relu

LIVRE XIÏ. 3i

daAs leur modération , dans leur autorité pour faire du bien aux autres hommes, et dans la réputation que leurs bonnes actions doivent leur procurer. La sobriété rend la nourriture la plus simple très - agréable. C'est elle qui donne , avec la santé la plus vigoureuse , les plaisirs les plus purs et les plus constans. Il faut donc borner vos repas aux viandes les meilleures , mais affrétées sans aucun ragoût. C'est un art pour empoisonner les hommes^ que celui d'irriter leur ^appétit au-delà de leur vrai besoin.

Idoménée comprit bien qu'il avait eu tort de laisser les habitans de sa nouvelle ville amollir et corrompre leurs mœurs, en violant toutes les lois de Minos sur la: sobriété; mais le sage Mentor lui fit remarquer que les lots mémes^ quoique renouvelées, seraient inutiles, si Texemple'du roi ne leur donnait une autorité qui ne pouvait venir d'ailleurs. Au»* sitôt Idoménée régla sa table , où il n'admit que du pain excellent , du vin du pays , qui est fort et agréable, mais en fort petite quantité, avec des viandes simples, telles qu'il en mangeait avec les autres Grecs au siège de Troie. Per» sonne n'osa se plaindre d'une règle que le roi

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s'imposait lui-même; et chacun se corrigea ainsi de la profusion et de la délicatesse où Ton commençait à se plonger pour les repas.

Mentor retrancha ensuite la musique molle et efîéminée, qui corrompait toute la jeunesse. Il ne condamna pas avec une moindre sévérité la musique bachique , qui n'enivre guère moins que le vin y et qui produit des mœurs pleines d'emportement et d'impudence. Il borna toute la musique aux fêtes dans les temples, pour y chanter les louanges des dieux , et des héros qui ont donné l'exemple des plus rares vertus. Il ne permit aussi que pour les temples les grands ornemens d'architecture, tels que les colonnes, les frontons, les portiques; il donna des modèles d'une architecture simple et gracieuse pour faire, dans un médiocre espace, une maison gaie et commode pour une famille nombreuse; en sorte qu'elle fût tournée à un aspect sain , que les logemens en fussent dégagés les uns des autres^ que l'ordre et la propreté s'y conservassent facilement , et que l'entretien fût de peu de dépense.

Il voulut que chaque maison un peu considérable eût un salon et un petit péristyle, avec de petites chambres pour toutes les personnes

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