‹ Aventures de TélémaqueChapitre 15 sur 158 · LIVRE Xtt · texte numérisé non relu

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libres. Mais il défendit trés-^vérennent la multitude superflue et la magnificence des logemens. Ces dirers modèles de maisons^ suivant la grandeur des familles, servirent à embellir à peu de frais une partie de la ville , et à la rendre régulière; au lieu que l'autre partie , déjà achevée suivant le caprice et le faste des particuliers, avait, malgré sa magnificence, une disposition moins agréable et moins commode. Cette nouvelle ville fut bâtie en trè^ peu de temps , parce que la côte voisine de la Grèce fournit de bons architectes, et qu'on fit venir un très - grand nombre de maçons de l'Épure et de plusieurs autres pays , à condition qu'après avoir achevé leurs travaux ils s'éta^^ blirai'ent autour de Salente , y prendraient des terres à défricher, et serviraient à peupler la campagne.

La peinture et la sculpture parurent à Mentor des arts qu'il n'est pas permis d'abandon*ner; mais il voulut qu'on souffrit dans Salente peu d'hommes attachés à ces arts. Il établit une école où présidaient des maîtres d'un goût exquis, qui examinaient les jeunes élèves. Il ne faut , disait-il , rien de bas et de faible dans ces arts qui ne sont pas absolument nécessaires.

Par conséquent on n'y doit admeltre que de jeunes gens d'un génie qui promette beaucoup, et qui tendent à la perfection. Les autres sont nés pour des arts moins nobles, et ils seront employés plus utilement aux besoins ordinaires de la république. Il ne faut employer les sculpteurs et les peintres que pour conserver la mémoire des grands hommes et des grandes actions. C'est dans les bâtimens publics ou dans les tombeaux qu'on doit conserver des repré«sentations de tout ce qui a été fait avec une vertu extraordinaire pour le service de la pa^ trie.

Au reste, la modération, et la frugalité de Mentor n'empêchèrent pas qu'il n^autoris&t tous les grands bâtimens destinée aux courses de chevaux et de chariots, aux combats de lutteurs , à ceux du ceste, et à tous les autres exercices qui cultivent les corps pour les rendre plus adroits et plus vigoureux.

Il retrancha un nombre prodigieux de marchands qui vendaient des étoffes façonnées des pays éloignés, des broderies d'un prix excessif, des vases d'or et d'argent avec des figures de dieux , d'hommes et d'animaux ; enfin , des liqueurs et des parfums. Il voulut même que les

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