‹ Aventures de TélémaqueChapitre 39 sur 158 · LIVRE XIV · texte numérisé non relu

LIVRE XIV

et quels tourmens leur sont préparés dans le noir Tartare! S'ils sont bons, quelles dinicultés n'ont-ils pas à vaincre! quels pièges à éviter! quels maux à souffrir! Encore une fois, Hégésippe, laissez- moi dans mon heureuse pauvreté.

Pendant que Philoclés parlait ainsi avec beaucoup J^ véhémence, Hégésippe le regardait avec étonnement. Il l'avait vu autrefois en Crète , lorsqu'il gouvernait les plus grandes affaires, maigre, languissant et épuisé; c'est que son naturel ardent et austère le consumait dans le travail ; il ne pouvait voir sans indignatiom le vice impuni ; il voulait dans les affaires une certaine exactitude qu'on n'y trouve jamais : ainsi ces emplois détruisaient sa santé délicate. Mais, à Samos, Hégésippe le voyait gras et vigoureux; malgré les ans, la jeunesse fleurie s'était renouvelée sur son visage; une vie sobre , tranquille et laborieuse, lui avait fait comme un nouveau tempérament.

Vous êtes surpris de me voir si changé, dit alors Philoclès en souriant ; c'est ma solitude qui m'a donné cette fraîcheur et cette santé parfaite : mes ennemis m'ont donné ce que je n'aurais jamais pu trouver dans la plus grande fortune* Voulez -vous que je perde les vrais

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biens pour courir après les faux ^ et pour me replonger dans mes anciennes misera ! ne soyez pas plus cruel que Protésilas; du moins ne m'enviez point le bonheur que je tiens de lui.

Alors Hégésippo lui repi*ésenta , mais inutile* ment, tout ce qu'il crut propre k le toucher. Ëtes-vous donc, lui disait-il, insensible au plaisir de revoir vos proches et vos amis, qui soupirent après votre retour, et que la seule espérance de vous embrasser comble de joie?

Mais vous , qui craignez les dieux , et qui aimM votre devoir, comptez-vous pour rien de servit* votre roi , de l'aider dans tous les biens qu'il veut faire , et de rendre tant de peuples heUh* reux ? Estyil permis de s'abandonner k une philosophie sauvage , de se préférer k téut le reste du gehre humain , et d'ainter inibux son repos que le bonheur de ses concitoyens? Âti i^este, on croira que c'est par ressentiment que vous ne voulez plus voir le roi. S'il vous a voulu faire du ïttal , c'est qu'il ne vous a point connu : ce n'ét^t pas le véritable , le bon , le juste Philb*clés qu'il a voulu faire périr, c'étaft Un homoto bi^h différent dé voue qu'il voïklàit pubir. Mait» maintenant qu'il vous conttait, iet qu'il ne Vou>

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