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iio TÉLÉHiLQUE.
biait que les dieux préparafent en faveur de ce jeune homme pour le rendre égal aux héros qui avaient renversé la ville de Troie. Mais enfin la modération de Télémaque vainquit tous les ressentimens de Philoctéte; il ne put se défendre d'aimer cette vertu douce et modeste. Il prenait souvent Télémaque, et lui disait : Mon fils (car je ne crains plus de vous nommer ainsi), votre père et moi, je l'avoue, nous avons été long^temps ennemis l'un de l'autre : j'avoue même qu'après que nous eûmes fait tomber la superbe ville de Troie , mon coeur n'était point epcore apaisé; et, quand je vous ai vu , j'ai senti de la peine à aimer la vertu dans le fils d'Ulysse. Je me le suis souvent reproché. Mais enfin la vertu, quand elle est douce, simple, ingénue et modeste, surmonte tout. Ensuite Philoctéte s'engagea insensible^ ment à lui raconter ce qui avait allumé dans son cœur tant de haine contre Ulysse.
Il faut, dît-il, reprendre mon histoire de plus haut. Je suivais partout le grand Hercule , qui a délivré la terre de tant de monstres, et . devant qui les autres héros n'étaienft que comme sont les faibles roseaux auprès d'un grand chêne , ou comme les moindres oiseaux en présence