LIVRE XV. ii-j
Ménélas de rinfitme Paris, qui avait enlevé Hélène^ et de renverser l'empire de Priam. L'oracle d'ApollcNni leur fît entendre qu'ils ne devaient point espérer de finir heureusementcette guerre, à moins qu'ils n'eussent les flèches d'Hercule.
Ulysse votre père , qui était toujours le plus éclairé et le plus industrieux dans tous les conseils^ se chargea de me persuader d'aller avec eux au siège de Troie , et d'y apporter ces flèches qu'il croyait que j'avais. Il y avait déjà long-temps qu'Hercule ne paraissait plus sur là terre : on n'entendait plus parler d'aucun nouvel exploit de ce héros; les monstres et les scélérats recommençaient à paraître impunément. Les Grecs ne savaient qu^ croire de lui : les uns disaient qu'il était mort; d'autres soutenaient qii'il était allé jusque sous l'ourse glacée dompter les Scythes: Mais Ulysse soutint qu'il était mort, et entreprit de me le faire avouer : il me vint trouver dans un temps où je ne pouvais encore me consoler d'avoir perdu le grand Âlcide. Il eut une extrême peine à m'aborder; car je ne pouvais plus voir les hommes : je ne pouvais spuffrir qu'on m'arrachât de ces déserts du mont QEta, ail j'avais vu périr mon ami; je ne songeais qu'à me repeindre l'image de ce héros, et qu'à pieu-
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rer à la vue de ces tristes lieux. Afais la douce et piMssaDte persuasion était sur les lèvres de votre père : il parut presque aussi affligé que moi; il versa des lafmeB; il sut gagner insensî* blement mon cœur et attirer ma confiance; il m'attendrit pour les rois grecs qui allaient combattre pour une juste cause, et qui ne pouvaient réussir sans moi. Il ne put jamais néanmoins m'arracher te secret de la mort d^Hercule, que j'avais juré de ne dire jamais ; mais il ne doutait point qu'il ne fÙt mort , et il me pressait de lui découvrir le lieu où j'avais caché ses eendrcs.
Hélas ! j'eus horreur de faire un parjure en lui disant un secret que j'avais promis aux dieux de ne dire jamais; j'eus la faiblesse d'éluder mon serment, n'usant le violer; les dieux m'en ont puni : je frappai du pied la ten*e à Pendroit où j'avais mis les cendres d'Hercule. Ensuite j'allai joindre 1^3 rois ligués , qui me reçurent avec la même joie qu'ils auraient reçu Hercule même.
Comme je passais dans l'Ile de Lemnos , je voulus mantner à tous les Grecs ce que mes flèches pouvaient faire ; me préparant à percer un daim qui s'élan^it dans un bois, je laissai, par mégardé , tomber la floche de l'arc sur mon pied ,