LIVRE XV. n
Mes mains, tremblantes et saisiea d'horreur, ne purent lui refuser ce cruel office : car la vîe n'était plus pour lui un présent des dieux , tant elle lui était funeste! je crs^ignis Goéme que Texcès de ses douleurs ne le transportât jusqu'à faire quelque chose d'indigne de cette vertu qui avait étonné l'univers, G>mine il vit que la flamme commençait à prendre au bûcher : Cest maintenant, s'écrift*tril ^ mop cher Philoctète , que j'éprouve ta véritable amitié ; car tu aimes mon honneur plus que ma vie. Que les dieux te le rendent! Je te laisse ce que j'^i de plus précieux sur la terre, ces flédies trempées dans le sang de l'hydre de Lerne. Tu S£iis qoe les blessures qu^dles font sont incurables; par elles tu seras iilVinctbIe ^ coqtioie je l'ai été^ et aucun mortel n'osera combattre contre toi. Somriens-toi qne je meurs fidèle à notre amitié , et n'oublie jamais combien tu tn^as été cher. Mais ^ fi^il est vrai qne tu sois touché de mes maux , tu peux me donner une dernijëre Consolation; promets -« moi de ne découvrir jamais à aucun mortel ni ma mort^ ni le lieu où tu auras caché mes cendres. Je le lui promis, hélas! je le jurai méme^ an aiToaant son bûcher de mes larmes. Un rayon de joie parut
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dans ses yeux; mais tout à coup un tourbillon de^flammes qui l'enveloppa étouffa sa voix, et le déroba presque à ma vue. Je le voyais encore un peu néanmoins au travers des flammes, avec un visage aussi serein que s'il eût été couronné de fleurs et couvert de parfums dans la joie d'un festin délicieux , au milieu de tous ses amis.
Le feu consuma bientôt tout ce qu'il y avait de terrestre et de mortel en lui. Bientôt il ne lui resta rien de tout ce qu'il avait reçu , dans sa naissance , de sa mère Âlcméne : mais il conserva, par l'ordre de Jupiter^ cette nature subtile et immorteHe , cette flamme céleste qui est le vrai principe de vie , et qu'il avait reçue du père des dieux. Ainsi il all^avec jôuk^ sous les voûtes dorées du brillant Olympe, boire le nectar^ où les dieux lui donnèrent pour épouse l'aimable Hébé , qui est la déesse de la jeunesse, et qui versait le nectar dans la coupe du grand Jupiter, avant que Ganymède eût reçu cet honneur.
Pour moi , je trouvai une source inépuisable de douleurs dans ces flèches qu'il m'avait données pour m'élever auKlessus de tous les héros. Bientôt les rois ligués entreprirent de venger