‹ Aventures de TélémaqueChapitre 67 sur 158 · LIVRE XVI. i5j · texte numérisé non relu

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sommes ' d'Âdraste pour lui mander tous les desseins des alliés. Ce roi des Dauniens avait dans Parmée un certain nombre de transfuges qui devaient l'un après l'autre s'échapper du camp des alliés et retourner au sien. A mesure quil y avait quelque affaire importante à faire savoir à Àdraste, Eurymaque faisait partir un de ces transfuges. lia tromperie ne pouvait pas être facilement découverte , parce que ces transfuges ne portaient point de lettres. Si on les surprenait , on ne trouvait rien qui pût rendre Eurymaque suspect. »

Cependant Adraste prévenait tovtes les entreprises des alliés. A peine une résolution était - elle prise dans le conseil , que les Dau- . niens disaient précisément ce qui était nécessaire pour en empêcher le succès. Télémaque ne se lassait point d'en chercher la cause , et d'exciter la défiance de Nestor et dePhiloctète; mais son soin était inutile , ils étaient aveuglés.

On avait résolu dans le conseil d'attendre les troupes nombreuses qui devaient venir , et on avait fait avancer secrètement pendant la nuit cent vaisseaux pour conduire plus promptement ces troupes ^ depuis une côte de mer très^rude , où elles devaient arriver , jusqu'au

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leurs profondes racines, les moissons, les granges, les étables et les troupeaux. Le vent pousse impétueusement la flamme de pavillon en pavillon , et bientôt tout le camp est comme une vieille forêt qu'une étincelle de feu a embrasée.

Phalante , qui voit le péril de plus près qu'un autre, ne peut y remédier. Il comprend que toutes les troupes vont périr dans cet incendie, si on ne se hâte d'abandonner le camp ; mais il comprend aussi combien le désordre de cette retraite est à craindre devant un ennemi victorieux; il commence à faire sortir sa jeunesse lacédémonienne encore à demi désarmée. Mais Adraste ne les laisse point respirer : d'un côté , une troupe d'archers adroits perce de flèches innombrables les soldats de Phalante ; de l'autre, des frondeurs jettent une grêle de grosses pierres. Adraste lui-même, l'épée à la main, marchant à la tête d'une troupe choisie des plus intrépides Dauniens, poursuit, à la lueur du feu, les troupes qui s'enfuient. Il moissonne par le fer tranchant tout ce qui a échappé au feu ; il nage dans le sang, et.il ne peut s'assouvir de carnage : les lions et les tigres n'égalent point sa furie quand ils égorgent les bergers avec leurs

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