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LE IIETOUR Di: .JACQUES.
Aux Iremblantes clartés d'une petite lampe de terre, la mendiante priait devant le lit et regardait la face livide de Margot. Le vent sifflait dans les arbres , et par la fenêtre cntr ouverte sa voix gémissante passait comme un chant des funérailles.
334 LES AVEXTCRES GALANTES
Mais 1 aurore chassa l'orage et le soleil jeta comme les autres jours son premier rayon dans la baraque.
La mendiante poursuivait ses lamentables prières.
Le premier rayon du soleil baisa la bouche de Margol, la bouche glacée fut insensible à ce baiser.
L'alouette s'éleva dans le ciel en chantant sa joie , Margot n'entendit point sa joyeuse chanson.
Les brises toutes chargées delarome des fleurs secouèrent leurs ailes autour de la baraque, Margot ne s éveilla pas pour respirer ces parfums.
Tout à coup la porte s'ouvrit avec fracas. — Un homme s'élança vers le lit. Cet homme avait des vêtements de toile comme Jacques autrefois.
C'était Jacques.
Il se jeta sur Margot et 1 étreignit en lui criant— Mais réveille-toi donc I
— Elle est morte, dit la mendiante; elle ne se réveillera plus.
— Morte ! quand je viens à elle plein d'amour et de repentir.— Réveille-toi, Margot, je suis là, sur ton cœur, je reviens à toi !
Margot ouvrit ses yeux. — Lame, qui avait pris le chemin du ciel , entendit les paroles de Jacques et vint ranimer le corps qu'il pressait.
Le soir de ce jour-là, la jeunesse avait triomphé do la maladie.
Déjà Margot n était plus si pâle, et quelques éclairs passaient dans ses yeux.
Jacques, amoureusement penché sur son lit, la regardait dun œil en pleurs.
— Hélas! lui dit-il ,j usais follement ma jeunesse; j étouffais ma nature pour devenir un mauvais comédien
de la scène du monde} je cherchais au loin la poésie quand la poésie était à mes pieds j je fuyais l'amour^ et je le cherchais où il n'est pas. J'ai trouvé la gloire , mais j'avais perdu ma belle montagne et mon vieux moulin ; j'ai trouvé Clotilde, mais je t'avais perdue, Margot; j'ai trouvé la fortune, mais j'avais perdu mon beau soleil de Martigny dont un seul rayon vaut la gloire , la fortune et Clotilde. Les fleurs ne sont belles que sur le sol natal ; je n'ai eu de bonheur que sur ma montagne, et j'y reviens plus humble que jamais. Mon amour pour toi n'é-tait pas mort, l'orgueil l'avait renversé — un de tes souvenirs a tué l'orgueil, et je t'aime comme autrefois— et je veux taimer toujours pour te faire oublier ma lâcheté.
— .le ne me souviens (|ut' de ton amour, dit Margot, folle de joie.
— Je souffrais comme un martyr au milieu de ma fausse gloire , reprit Jacques. — Un jour, un dimanche, j'ai jeté un regard en arrière, j ai vu ma vie passée, je t'ai vue , Margot j mon cœur a battu ayec violence j
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j'ai pleuré, et mes larmes ont déchiré le voile qui couvrait mes yeux. — Aussitôt que j'ai revu la lumière, j'ai laissé la mauvaise route, je suis revenu à toi...
A cet instant, une voiture s'arrêta devant la baraque, et Clotiîde apparut au seuil de la porte. — Elle accourait de Paris pour ressaisir sa proie.
A la vue du ridicule costume de son amant elle recula avec dédain.
— Vous devenez fou, monsieur.
— Je deviens sage, madame.
Clotiîde disparut en jetant sur Jacques et sur Margot un sourire moqueur. — Elle retourna à Paris, où elle ne songea même pas à oublier h' poète. — Hier, c'était la
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maîtresse du duc de — demain , ce sera peut-être la vôtre.
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OL LE LECTEUR LE MOI\S CLAIRVOYAM VERU A LA SUITE DES AVENTURES GALANTES DE MARGOT.
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