‹ Aventures merveilleuses mais authentiques du capitaine Corcoran. 12. éd. illustré de 25 vignettesChapitre 2 sur 9 · IS · texte numérisé non relu

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Elle ruyissait si terriblerufnt (]ue le palais en trembla. (Paye 3i.)

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du granit. Il refusa donc absolument de rendre la liberté à Louison.

Celle-ci, cependant, ne perdait pas courage. Voyant que personne ne viendrait la délivrer, elle bondit tout à coup d'un élan furieux, enfonça l'une des fenêtres de la salle et, toute sanglante, allait prendre la fuite.

Mais un grave accident la retint. Trop pressée de sauter par la fenêtre pour mesurer son élan, elle était tombée, non pas sur le gazon, mais sur le dos de l'éléphant Scindiali, qui était justement chargé d'empêcher toute escapade. Il ne pouvait rien arriver de plus malheureux à la pauvre Louison.

Outre que Scindiah ne l'aimait pas, elle tomba si malencontreusement, elle si adroite en toutes choses, qu'elle se sentit glisser du dos de l'éléphant jusqu'à terre, et par instinct, de peur de se casser le nez, enfonça ses griffes acérées dans les épaules de Scindiah. Par ce moyen elle se retint en équilibre, et un autre saut l'aurait mise à Lerre; mais Scindiah la guettait.

Au moment où elle allait s'élancer, l'éléphant la saisit délicatement par le cou avec sa trompe, l'enleva comme une plume, la balança trois fois dans les airs, comme un habile frondeur brandit sa fronde, et la rejeta dans la grande salle du palais.

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Corcoraii, <|iii observait cette scène en silence, ne put s'empêcher de rire du tour et de l'adresse de Scindiali. Mais ce rire redoubla la riv^G de l.ouison. A peine retombée sur ses pattes, elle reprit son élan, essayant cette lois d'éviter la dangereuse trompe de Scindiah.

Inutile effort! Scindiali l'attrapa au passage, comme une hiiondelle attrape les mouches au vol, la posa délicatement à terre sans la lâcher ni lui faire aucun mal, la souleva lentement pour ja regarder, comme s'il avait eu son lorgnon, et tout d'un coup, quoiqu'elle se débattît avec une fureur indescriptible, la rejeta de nouveau dans la grande salle du palais.

Le jeu devenait dangereux et commençait à passer la plaisanterie. Corcoran le sentit, et il allait intervenir pour empêcher un combat où Louison, malgré tout son esprit et son courage, n'avait pas le beau rôle, lorsque TafTaire changea subitement de face par l'arrivée d'un nouveau combattant.

Le grand tigre de la veille était arrivé au rendez-vous une demi-iieure plus tôt qu'à l'ordinaire. Il entendit tout à coup les rugissements de Louison et les grondements moqueurs de Scindiah. Inquiet, il s'élança d'un bond sur le mur du parc, vit de loin ce qui se passait, et s'avança en rampant vers le gros éléphant, qui, tout occupé de

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son jeu, ne s'attendait pas à livrer un nouveau combat.

Mal lui en prit, car Louison, qui de la fenêtre guettait l'arrivée du tigre, ne l'eut pas plus tôt aperçu qu'elle se prépara de nouveau à le rejoindre.

Elle lui donna du regard le signal de l'attaque et tandis que Scindiah, suivant sa tactique ordinaire, avançait sa trompe pour l'attraper au passage, il sentit tout à coup une douleur aiguë. Le tigre, profitant de ce que Scindiah avait le dos tourné, s'était élancé sur lui sans être vu, et il lui déchirait la queue avec ses griffes. Scindiah se retourna et voulut saisir son ennemi avec sa trompe; mais Louison, plus prompte que la pensée, profitant de l'occasion, sauta légèrement sur son dos, de là à terre et prit la fuite. Le grand tigre, content d'avoir fait diversion, et délivré sa sœur, ne se soucia plus de la queue de l'éléphan» et, ne pensant plus qu'à éviter sa trompe, s'empressa d'imiter l'exemple de Louison.

Déjà tous deux avaient gagné le mur du parc et allaient sauter de l'autre côté, quand Scindiah, honteux d'avoir été trompé, et trop lourd pour rattraper les fugitifs, saisit avec sa trompe une grosse pierre et la lança sur le tigre avec une telle roideur, que s'il l'avait atteint dans le flanc il l'aurait écrasé comme un raisin. Heureusement,

%0 AVKNTURKS MKRVKILLKUSRS

il manqua son coup. La pierre ne toucha qu'à peine le tijjjre à la naissance de la (pieue, et le culbuta dans [v. fossé sans lui faire d'autre mal. Quant à l>ouison, dès qu'elle eut vu Scindiah ramasser la pierre, elle devina son dessein et bondit diî l'autre côté du mur avec une agilité extraordinaire. Là, se voyant en sûreté, elle releva, plaignit et consola son compagnon, qui léchait tristement sa blessure, et partit avec lui , bien résolue à ne plus revoir jamais, ni le palais, ni Gorcoran, ni même la belle Sita, qui la comblait tous ^les jours de caresses et de sucreries.

Mais qu'on se rassure. Ce n'est pas ainsi que devait Unir l'amitié de Louison et de Gorcoran. Le destin devait les rapprocher bientôt dans les plus graves circonstances.

Ce même destin combla quelques mois plus tard les vœux de Gorcoran et de Sita. Dieu leur donna un fils aussi beau que sa mère et qui fut appelé Rama, du nom de l'illustre chef de la dynastie des Raghouides, dont Sita était la dernière descendante. La joie des Mahrattes fut au comble; ils voyaient renaître en lui cette race glorieuse. Pendant trois jours toute la nation célébra par des banquets splendides cet heureux événement. Gorcoran, toujours économe pour lui-même, mais généreux pour son peuple, fit seul les frais de ces fêtes et de oes réjouissances publiques. Pour la

première fois depuis que le monde est monde, on vit un prince qui donnait de l'argent à ses sujets au lieu de leur en demander. Ce fait même est si merveilleux, qu'il pourrait faire mettre en doute l'authenticité de l'histoire du capitaine Corcoran et la véracité de l'historien, si quinze millions de Mahrattes, témoins oculaires, ne vivaient pour attester la générosité du maharajah, et si l'on ne trouvait la description du banquet dans une correspondance du Bombay Times du 21 octobre 1858. Le correspondant termine son récit par les réflexions qui suivent, et qui montrent bien toute l'inquiétude que des maximes de gouvernement si nouvelles causaient aux journaux anglais de l'Inde.

« On ne peut nier que le maharajah actuel, maigre son origine étrangère , ne soit devenu très-populaire parmi les Mahrattes. Il a diminué rimi)ôt des cinq dixièmes; il a supprimé les levées d'hommes que faisaient ses prédécesseurs ; son armée, qui est peu nombreuse et composée seulement de volontaires, manœuvre avec un ensemble et une précision admirables ; il a fait venir de France et payé comptant cent mille carabines rayées, pourvues de sabres-baïonnettes et semblables à celles des tirailleurs de Vincennes ; son artillerie, sans être excellente , est très-légère et très-supérieure à celle que nous pouvons lui op-

kl AVENTUHES MERVEir,î-EUSES

poser dans l'Inde, où, |i;ir l.i néglif^ence, l'incurie et l'incapacité de lord T.raddock et de ses {)rédécesseurs, toutes nos iiislitutions militaires ont misérablement déjjéri ; il n'est pas seulement un général habile, ainsi que le colonel Barclay l'a éprouvé à ses dépens, il est le premier soldat de son armée. Ses sujets ont pour lui une sorte d'admiration superstitieuse. Les Indous croient, et il laisse dire, que son corps est imjiénétrable aux halles et aux poignards. Aussi personne ne serait assez hardi pour se mesurer avec lui, si l'en pouvait avoir envie de conspirer contre sa vie. Sa cravache seule ferait trembler les assassins. Du reste, il est affable, bienveillant, doux avec tout le monde est surtout avec les faibles et les opprimés.

« Quiconque veut pénétrer dans son palais peut le faire à toute heure, sans que les serviteurs repoussent ou interrogent le nouveau venu. Une seule partie du palais est réservée, et c'est celle qu'aucun gentleman ne voudrait montrer, — je veux dire les appartements de la reine ; mais Sita se montre elle-même tous los jours au public, et le peuple peut la voir et lui parler. Je dois même dire que sa beauté merveilleuse et sa bonté, dont on raconte des traits surprenants, ne sont pas les moindres causes de là popularité du maharajah Corcoran.

« Son essai de gouvernement représentatif a beaucoup mieux réussi qu'on ne devait s'y attendre dans un pays habitué jusqu'ici au plus dur esclavage; ses députés, comme il les appelle, commencent à comprendre leurs intérêts et à les discuter très-passablement. Pour lui, il ne cherche à influencer personne ; il écoute patiemment tout le monde et même les imbéciles, car. disaitil l'autre jour en riant à un Français qui est venu le visiter, ceux-là aussi ont droit de donner leur avis, d'autant mieux qu'ils forment toujours la majorité,

« Un tel homme, devenu, si jeune encore, par un coup de fortune, par son audace et par son génie, chef d'une nation puissante à lage où Napoléon Bonaparte lui-même n'était encore qu'un simple officier d'artillerie, est l'ennemi le plus redoutable que nous puissions rencontrer dans l'Inde. Il a tout le génie de Robert Clive et de Dupleix sans leur rapacité. Il n'aime pas l'argent, qui est la grande passion de tous les maîtres de l'Inde; il sait caresser toutes les classes, flatter tous les préjugés et parler toutes les langues de l'Inde. Ce sont là de grands moyens de plaire à une nation incapable de se gouverner elle même et qui a toujours eu pour maîtres des étrangers, musulmans ou chrétiens .

« C'est à lord Braddock de surveiller soigneuse-

kk AVENTURES MKHVEILLEUSES

ment cet homme redoutable. S'il faisait venir d'rîurope qiielcjues aventuriers déterminés comme lui, s'il auginenlail peu à peu son armée déjà trèsaguerrie.et s'il Taisait appel à tous les mécontents de l'Inde, peut-être mettrait-il en danger notre domination plus facilement (jue n'ont pu le faire le sanguinaire Nana-Saliibet la reine d'Oude.

« On objectera qu'il aurait pu se joindre aux Cipayes révoltés et qu'il ne l'a pas fait, ce qui est une marque de ses sentiments pacifiques. Sa tranquillité n'était qu'apparente. Il achève ses préparatifs. Quelques-uns de ses émissaires font courir des prophéties dans le peuple :il est dit publiquement dans les tavernes et dans tous les lieux publics que la délivrance de l'Inde est proche, et qu'elle sera due à un homme au teint blanc qui aura passé la mer.

« Si l'on pouvait conclure avec lui une alliance solide, il faudrait le faire, car il n'y a pas d'ami plus précieux ou d'ennemi plus redoutable; mais on s'y est mal pris : on l'a traité d'abord comme un aventurier, comme un bandit sans feu ni heu; on a excité en lui deux passions redoutables : l'ambition et l'amour de la vengeance; il n'est plus temps aujourd'hui de se fier à lui. Tôt ou tard il nous fera la guerre. Déjà, bien loin de consentir, comme tous les princes de l'Inde, à subir la présence et la tutelle d'un résident anglais, il n'a

voulu entretenir avec nous aucune relation d'amitié ou de bon voisinage. Il a donné asile à tous les fugitifs qui craignaient notre vengeance, et lorsqu'on lui a demandé de les livrer, il a répondu qu'un Français ne livrait jamais ses hôtes.

« Tout cela indique assez quels sont ses desseins, et le plus sage serait de le prévenir avant qu'il ait eu le temps de se rendre redoutable. Malgré toute son audace et ses succès, il n'est pas sans sujets d'alarme. Les réformes qu'il a introduites dans l'administration et les lois du peuple mahratte, bien qu'approuvées par son assemblée législative, ont excité !a haine des Zémindars, grands propriétaires fonciers qui disposaient de tout avant son arrivée. Il ne serait pas difficile d'exciter leur jalousie et, en leur donnant appui, de renverser le nouveau maharajah. C'est même le seul moyen de prévenir le danger dont nous sommes menacés, et lord Braddock aura ainsi une belle occasion de réparer ses fautes passées et de signaler son administration par un coup d'éclat. »

On voit, par l'article qui précède, quelle opinion avaient de Gorcoran ses ennemis les Anglais.

A peu de chose près, ils avaient raison, car le Malouin, sans communiquer son dessein à personne, avait repris le plan de Dupleix et du fameux Bussy, et se proposait de chasser les Anglais de rjnde; mais une si grande entreprise ne pou-

.',(•, AM.MIKKS MiaiVEILLKUSES, liTG.

vait pas être exécutée avant cin(| ou six ans. et il attendait en silence.

Malheureusement les Anglais le prévinrent, ainsi qu'on va le voir.

Le docteiir Sciplo Buskaert.

Un matin, Corcoran avait quitté Bhagavapour, et il visitait avec soin les frontières de ses États, rendant la justice, réformant l'administration, faisant manœuvrer son armée, construire des routes et des ponts, car il était obligé de faire à lui seul tous les métiers.

Sita se trouvait seule dans le palais d'Holkar. A ses pieds, sur le gazon, jouait gracieusement son fils, le petit Rama, âgé de deux ans à peine, mais qui déjà annonçait toute la force de son père et toute la grâce de sa mère. Devant eux, le gros éléphant Scmdiah agitait doucement sa trompe pour amuser l'enfant qui riait et, prenant des dragées dans une boîte sur les genoux de sa

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mère, les mettait dans le creux de la trompe. Scindiali. sans s'étonner, les portait à sa bouche et les faisait craquer sous ses dents.

« Scindiali , mon gros ami , dit Sita, veille bien sur mon petit Rama, et protége-lc comme tu me protégeais quand j'étais enfant comme lui. »

L'éléphant inclina sa trompe avec gravité.

« Rama, dit h? mère, donne-lui la main. »

Aussitôt l'enfant avança, sa petite main délicate et la plaça dans le creux de la trompe de Scindiali, qui le saisit avec précaution et le plaça su^ son dos, où le petit Rama se mit aussitôt à danser et à crier de joie.

Puis, sur l'ordre de Sita, il fut remis à terre avec précaution.

« Endore 1 encore ! criait Rama.

L'éléphant recommença la même manœuvre et plaça l'enfant sur son cou. Rama, s'accrochant à ses deux longues oreilles, poussait de nouveaux éclats de rire :

« Scindiah ! je veux que tu marches. »

L'éléphant marchait.

« Scindiah ! je veux que tu trottes. »

Et il trottait.

« Scindiah f je veux que tu galopes. »

Et il faisait au galop le tour du parc.

« Merci, mon gros Scindiah, dit Rama, je t'aime

DU CAPITAINE CORCORAN. k^

bien. Baisse la tête maintenant. Je veux descendre tout seul. »

Et s'accrochant des pieds et des mains aux Ioniques défenses d'ivoire de l'éléphant, il se laissait glisser doucement jusqu'à terre.

Pendant ces jeux et ces rires, on annonça Sougriva.

« Madame, dit-il à Sita, un étranger d'Europe vient de se présenter au palais. Il se dit Allemand, savant, photographe, et il porte lunettes. Que faut-il en faire? Mon avis est de le renvoyer ou de le pendre. Il a plus l'air d'un espion que d'un honnête homme.

— Mes ancêtres, dit Sita, n'ont jamais refusé l'hospitalité à personne. Amenez-moi cet étranger. »

L'Allemand fut introduit dans le parc. C'était un homme de haute taille, brun de visage et marqué de la petite vérole. Il avait des lunettes bleues, pour le garantir de la réverbération du soleil sur le sable, disait-il.

« Soyez le bienvenu, dit Sita. Qui êtes-vous?

— Madame , répondit l'Allemand , qui parlait assez purement l'hindoustani, je m'appelle Scipio Ruskaert, je suis docteur de l'université d'Iéna, et chargé par la Société géographique de Berlin de taire des études et d'écrire un mémoire sur la composition géologique, la flore et la faune des

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Mionls Vinilliya. J'ai été attiré ici par la grande réputation de science et de générosité de l'illustre nialiarajali CiOrcoran, votre époux. Sa gloire et son génie sont déjà si connus, que.... »

L'étranger avait trouvé le côté laiblo de Sita. Cette femme admirable, et presque uni(jue en son genre, ne pouvait pas entendre de llaLLerie plus douce (jue l'éloge de son mari. L'Allemand lui parut aussitôt le meilleur et le plus sincère des hommes. Il admirait Gorcoran ; n'était-ce pas assez pour mériter toute confiance? *.

Après beaucoup de questions sur l'Europe en général, et sur l'Allemagne et la France en particulier :

« On m'assure, dit Sita, que vous êtes photographe. Qu'est-ce que cela? «

L'Allemand le lui expli(|ua, et dit qu'il s'entendait fort bien à faire des portraits.

Autre piège où Sita devait tout naturellement tomber. Quelle femme résiste au plaisir de voir sa propre image et de contempler sa beauté? Et, d'ailleurs, quel plaisir d'offrir à Gorcoran, dès son retour, son portrait et celui de Rama!

fin un clin d'œil, l'Allemand disposa ses mstruments, sa chambre noire et ses plaques, Sita prit Rama dans ses bras, quoiqu'il se débattît de toutes ses forces, et l'opération commença.

Tout réussit à merveille , et Sita, enchantée du

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Soyez le bienvenu, dit Sila. (Page 49.

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succès de son idée, voulut qu'on donnât l'hospitalité à l'étranger jusqu'au retour de Gorcoran.

L'Allemand s'inclina humblement, et allait suivre Sougriva ; un incident fâcheux augmenta les soupçons de l'Indien.

Scindiah, témoin muet de cette scène, ne paraissait pas plus charmé que Sougriva de l'arrivée de l'étranger. Cependant il ne grognait pas et se contentait de lui tourner assez grossièrement le dos, lorsque le petit Rama fut pris d'une fantaisie subite

« Maman, cria-t-il, je veux que tu fasses faire mon portrait en même temps que celui de Scindiah. »

Sita essaya de résister, mais il fallu céder. L'enfant se plaça debout sur le cou de Scindiah, en s'appuyant sur la trompe relevée de l'éléphant, comme un roi sur son sceptre, et l'Allemand braqua son objectif.

Mais, comme tous les photographes, il se croyait un fort grand artiste et voulut donner des conseils à Scindiah, sur la manière de se poser. Scindiah se laissa d'abord poser de face, puis de profil, puis de trois quarts ; puis il revint à sa première pose ; puis voyant qu'on allait encore le mettre de trois quarts, il regarda l'Allemand d'un air qui n'annonçait rien de bon. Scindiath avait ses nerfs et trépignait. Rama, tout fier de se tenir

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