ILS
\\^^ 'est à ces dif-
< 'J^ féreiits talents
que Tartarin de
Tarascoii devait sa
haute situation dans la
ville.
Du reste, ce diable d'homme avait su prendre tout le monde.
A Tarascon, l'armée était pour Tartarin. Le brave commandant Bravida, capitaine d'habillement en retraite, disait de lui : « C'est un lapin! » et vous pensez que le commandant
AVENTURES DE TARTARIX
s'y connaissait en lapins, après en avoir tant habillé.
La magistrature était pour Tartarin. Deux ou trois fois, en plein tribunal, le vieux
I)rési(.lent Ladevèse avait dit, parlant de lui :
« C'est un caractère! »
Kntin le peuple était pour Tartarin. Sa carrure, sa démarche, son air, un air de bon cheval de trompette qui ne craignait pas le bruit, cette réputation de héros qui lui venait
A TARAS CON
on ne sait d'où, quelques distributions de gros sous et de taloches aux petits décrotteurs étalés devant sa porte, en avaient fait le lord Seymour de l'endroit, le Roi des halles tarasconnaises.
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Sur les quais, le dimanche soir, quand Tartarin revenait de la chasse, la casquette au bout du canon, bien sanglé dans sa veste de futaine, les portefaix du Rhône s'inclinaient pleins de respect, et se montrant du coin de l'œil les
biceps gigantesques qui roulaient sur ses bras, ils se disaient tout bas les uns aux autres avec admiration :
« C'est celui-là qui est fort!... Il a doubles