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Avenzoar

Si l’étude du passé n’avait d'autre but que de préparer les pro^'rès de l’avenir, on pourrait reprocher à ce livre de ne pas contenir les germes de découvertes prochaines, et, partant, contester son utilité. Mais il n’en est pas ainsi, et, quand ils dressent devant nos yeux le tableau des sociétés disparues, les historiens de la pensée sont animés d’une ambition plus haute : ils tendent à marquer les étapes que l’esprit humain a dû franchir pour parvenir à son état présent et pour acquérir, au prix de longs efforts, les connaissances qui forment aujourd’hui notre patrimoine intellectuel. Pour servir leurs desseins, il importe donc que les spécialistes de tous ordres leur apportent à pied d’œuvre les matériaux qui, plus tard, seront par eux mis à profit, et qu’ils fouillent les recoins encore ignorés de ce qui fut jadis le domaine des sciences et des lettres.

C’est ce que j’ai voulu tenter de faire, après bien d’autres, heureu.x si j’ai pu réussir à éclairer suffisamment la grande figure cie l’un des savants les plus illustres que l’Espagne musulmane ait comptés, celle d’un homme qui eut la grande originalité de rester uniquement un médecin, alors que toutes les intelligences cultivées se tournaient avec obstination vers la philosophie.

Aussi est-ce surtout au point de vue de leurs doctrines philosophiques qu’on a étudié jusqu’ici les auteurs musulmans d’ordre scientifique. Et pourtant, de toutes les productions

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