‹ AvenzoarChapitre 21 sur 92 · çÀj Lo ybj ^ J · texte numérisé non relu

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3. Sur ce point, cf. D' Lucien Leclerc, Histoire de la médecine arabe, op. laud., t. 11, p. 107, où il est dit que, dans le manuscrit de l’Escurial contenant l’Arjûzà d’Avicenne commentée par Averroès, on a bille le üismi ’llah (Au nom de Uieu!) et couvert d’encre le nom de Mahomet. — Je puis moi-même citer un exemple du même genre. Au folio v du manuscrit 844 de l’Escurial, dont je possède la photographie figurait, parmi les formules finales, la phrase suivante ; « Que Dieu répande scs grâces sur Mohammed, Son illustre prophète et Son serviteur, ainsi que sur sa famille, et qu’il leur accorde le salut! »

(L*.Qu-o Or toute cette ligne, sauf les deux

derniers mots, a été presque elfacée après humectation. Malgré tout, on

AVENidoAn, SA Vie et ses (h>!uv)ies

Serait-ce le copiste (jui était juif, comme le suppose un instant Steinsclineicier *? Et une confusion se serait-elle établie, par la suite, entre la religion du scribe et celle de l’auteur? L’hypothèse paraît peu vraisemblable. On ignore absolument quel fut le copiste et, dans tous les cas, on ne saurait l’accuser de la rature qui vient d’ôtre signalée, car il eût été plus simple pour lui de passer sous silence la formule religieuse qui contrariait ses convictions.

Il semble bien plutôt que l’opinion dont il s’agit se soit répandue, au moyen âge, dans l’Europe chrétienne, à cause du nom et de la confession du premier interprète du Teysir. L’ouvrage fut connu en Europe grâce aux efforts d’un médecin de Venise nommé Paravice qui en fît une traduction en latin d’après une version en langue vulgaire qu’un médecin juif, Jacob l’Hébreu (Magister Jacobus Hebræus), avait préparée pour son propre usage.

Il n’est pas impossible non plus qu’on ait confondu le Kitâb el-ardiyà (Livre des aliments) d’Avenzoar, appelé aussi Kitâb el-adwiya (Livre des médicaments), avec le KilAb el-ardiyà wa 'l adwiyà (Livre des aliments et des médicaments) d’Abû Ya'qùb Ishaq ibn Suleymân El-Isra- ’ilî. Quoi qu’il en soit, à propos du Kitâb el ardiya, on trouve, dès 1760 dans le catalogue de Casiri la notice sui* vante : « DCGGXXIX Godex sermone quidem Arabico sed literis Hebraicis, quo continetur Opus inscriptum Medicamcntorum liber, illorum præcipuequæ nullonegotio reperiri, et cibis propemodum annumerari possunt : auctore Abu Maruan ben Zohar, gente Hispano, professionne

peut rétablir la lecture à l’aide d’une puissante loupe. Ici l’intention sacrilège est manifeste, car tout le reste du manuscrit est demeuré dans le plus parfait état de conservation.

1. tn Archiv fur pathologische Anatomie (Berlin, 1873), p. 115. « Die unbegründete Vermuthung des Parisianer Catulogs dass Ibn Zohr ein Jude sei (die vielleicht auf den Schreiber des Codex zu übertragen ist) wurde von Casiri zur Tbatsachc erhoben und galt lange genug in secundiircn Quellen. »

AVENZOAH, SA VIE ET SES «iUVRES

Medico, religione Judæo On comprend que, depuis un siècle et demi que ce catalogue est lu par les arabisants, l’erreur qu’il contient à ce sujet ait dû faire beaucoup plus de chemin que n’en ferait, hélas ! une vérité.

Pourtant, Wüstenfeldet Steinschneider ont réfuté cette opinion et ont fait remarquer très judicieusement que l’arrière-grand-père d’Avenzoar était musulman, puisqu’il portait le nom de Mohammed que ne prenaient jamais ni les Chrétiens, ni les Juifs. On ne concevrait pas, du reste, que l’un de ses ascendants ou lui-même se fût converti au judaïsme à une époque où la suprématie appartenait aux musulmans. 11 faut donc considérer cette assertion comme une légende et constater qu’au surplus, ce n’est pas la seule dont nous ayons à nous inquiéter.

11 en est une autre, en effet, admise par Wüstenfeld* et par le Lucien Leclerc’, d’après laquelle Averroès aurait été l’élève d'Avenzoar. Nous avons vu plus haut que le premier avait pour le second la plus grande estime; nous avons cité le jugement qu’il porte sur lui dans son Kitâh el-kulllyât. A la vérité, la différence d’âge qui séparait les deux médecins donne quelque vraisemblance à l’opinion de Wüstenfeld et du D' Leclerc : Avenzoar était né vers 1101, et Averroès, en 1120‘. Mais aucun chroniqueur ne fait mention d’Averroès à propos d'Avenzoar, et Ibn Abî Osaybi'à, en notant les relations qui unis-

1. Une note se référant à « Medicamentorum liber » porte : « Tilulus

1 », c’est-à-dire « Titre ; Livre des médicaments »; une

autre se rapportant au nom de l’auteur se lit « Auclor (sic)

(sic) ” [im>li-otheca arabico-hispana escurialensis, op.

laud., t. I, p. 273).

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