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richesses et traité avec les plus grands égards. Il fut même, comme l’avait été son père, élevé au rang de vizir*.
C’est, d’ailleurs, un fait digne de remarque que les dynasties berbères mirent leur honneur et crurent aussi trouver leur intérêt à favoriser les savants. Les Commandeurs des Croyants cherchaient à attirer à leur cour les jurisconsultes, les fa qî h, comme on les appelait ; et il faut entendre par là les hommes versés dans la science de la loi et de la religion, car ces deux ordres de connaissances sont inséparables dans la constitution de l’Islamisme. Il ne pouvait pas être question d’un gouvernement théocratique, puisque le clergé n’existe pas chez les musulmans. On songeait seulement à faire de la foi le ciment qui unit les peuples; si bien que tout savant, quelque orientation qu’il dût donner plus tard à son activité intellectuelle, devait commencer par s’initier à la tradition prophétique et à la législation de l’imâm Malik. Nous avons vu déjà que c’est par cette étude que débuta Avenzoar.
11 est bon de s’en souvenir pour éviter de tomber dans l’erreur dont plusieurs orientalistes tels que Casiri* et d’Herbelot* ont été victimes en ce qui concerne la confession d’Avenzoar. On a prétendu qu’il appartenait à la religion juive, et, pour aboutir à cette conclusion, on a tiré argument de ce que le nom du Prophète ainsi que les eulogies qui l’accompagnent d’habitude ne figurent pas dans ses ouvrages. Cette raison ne serait pas suffisante.
t. Iba Abi 0§aybi*a ne le dit pas, mais nous le savons par le manuscrit 2960 de la Bibliothèque nationale. Après le titre du Tcysîr, on lit, en ellet : v Œuvre du très illustre viiir Abii Merwân 'Abdelmalik ibn
Zohr, que Dieu lui fasse miséricorde !»
2. Casiri, liihliotheca arabico hispana escurialensis (Antonio Ferez de Soto, Madrid 17GÜ-'1770 iu-f»), t. I, p. 273; on y lit « religione Jud;eo ».
3. U’Herbelot, /iibliolhè(/ue orientale (La Haye, Neaulmc et Vau Daale, 1777-1779, in-4), l. III, p. 621, art. Zolir; l’auteur prétend qu’Avenzoar était Juif d’origine et de religion.
On pourrait observer que tous les écrits d'Avenzoar commencent par la Ibrmule de rigueur : « Au nom de Dieu, le Clément, le Miséricordieux’ », ce qui est déjà une garantie d’islamisme au profit de l’auteur. Mais il y a mieux : en ouvrant le Teysii\ on est tout de suite convaincu que les critiques n’avaient jamais jeté les yeux sur les textes Originaux. Ils n’auraient pas manqué de lire, en effet, l’exorde suivant au bas de la première page : « 'Abdelmalik ibn Zohr a dit : « Louange à Dieu dont l’unité et la puissance te sont attestées par tout ce qui tombe sous nos sens ! Qu’Il « répande ses grâces sur Mohammed (que Dieu l’agrée I), « qu’il soit satisfait de ses Compagnons, drapeaux de la « religion, flambeaux de ceux qui suivent la bonne voie, « et qu’il leur accorde le salut! »’. Il est vrai que, dans cette prière, on a rayé toute la partie qui s’étend de « qu’il répande ses grâces » à « ses Compagnons » inclusivement. Mais on ne saurait mettre cette rature sur le compte d’Avenzoar, puisque le manuscrit a été copié quatre ans après sa mort II s’agit là, à n’en pas douter, d’une de ces nombreuses détériorations que le fanatisme chrétien a fait subir aux œuvres musulmanes, notamment à celles (jue possède aujourd’hui la Bibliothèque de l’Escurial’.