‹ AvenzoarChapitre 23 sur 92 · i.>lSLÜ\ ^^9 Uj^ 0-9 j-AJ J · texte numérisé non relu

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AVENZOAH, SA VIE ET SES OJCUVIIES

ciples. Ce sont Abu 'l-ÏIoseyn ibn Asadùn, connu sous le nom d’EI-Maçdîim ; Abu Bakr, fils du jurisconsulte Abu ’l-l;lasan, qàdî de Séville; Abu Mohammed Ec-Cendunî ; enfin le jurisconsulte Abu 'Imrân ibn Abî 'Imrûn, A ces noms nous devons ajouter celui d’Abû ’l-Hakam ibn Ralendû dont nous avons parlé plus haut.

Après une existence noblement remplie et consacrée tout entière au travail et à la bienfaisance, Avenzoar fut atteint d’une tumeur maligne à laquelle il succomba*. Ibn Abî Osaybi'à citant une relation qu’il avait recueillie sur la fin de ce grand homme s’exprime ainsi : « Lorsqu’ Avenzoar fut frappé de ce mal, il se soigna et appliqua sur la partie malade des épilhèmes et différents remèdes qui ne produisirent aucun résultat appréciable. Son fils Abu Bakr lui disait : « Père, si tu remplaçais ce médicament par tel « autre? Si tu augmentais la dose de celui-ci, ou bien si « tu employais telle ou telle drogue? » Et Avenzoar de répondre : « Mon fils, si Dieu voulait, il changerait la « complexion de mon corps; car il ne me donne le pou- « voir d’employer un médicament que quand tel est son « bon plaisir! » Le D' Lucien Leclerc voit dans ces paroles la marque d’un découragement qui aurait envahi le cœur d’Avenzoar dans ses derniers jours. C’est, à mon sens, leur donner une interprétation inexacte. L’idée qu’il exprimait concernant l’efficacité des médicaments est tout à fait conforme aux vues religieuses et philosophiques des musulmans. Pour eux le médecin prescrit le remède et c’est Dieu qui guérit toute maladie. Si Avenzoar avait vraiment perdu courage, il aurait cessé de se traiter; mais il se soigna, nous dit-on, et quand il vit que les vertus curatives des topiques qu'il employait n’amenaient aucune amélioration de son état, il se garda d’oublier que ceuxci ne pouvaient agir que si Dieu le permettait. Il faut en conclure que sa résignation ne l’abandonna pas, et qu’il

1. Ibn Abî Osaybi'à, 'Oyûn el-anba , op. laud., t. Il, p. 67.

vit venir la mort avec sérénité, sans se bercer de l’illusion que la vie pouvait tout à coup devenir éternelle. Au sur- })lus, il avait appris à souffrir; car bien qu’on ait prétendu* que, jusqu’au moment où il fut atteint de l’affection qui l’emporta, sa santé était toujours restée florissante, nous devons observer que cette assertion est formellement contredite par plusieurs passages du Teyslr dans lesquels il évoque le souvenir des maux qui l’éprouvèrent.

Avenzoar, succombant à la môme maladie qui avait déjà emporté son père, s’éteignit à Séville en l’an 557 H. (1161- 1162 G.) et fut enterré en dehors de la Porte de la Victoire. L’édition imprimée d’Ibn Abî Osaybi'à et les manuscrits de cet ouvrage que possède la Bibliothèque Nationale* restent muets sur la date de son décès; la place où elle devrait être inscrite a été laissée en blanc. Wüstenfeld donne le chiffre exact sans dire dans quel ouvrage il l’a recueilli : ce n’est certainement pas dans Ibn Kallikân qui, sur ce point comme sur beaucoup d’autres, fut très incomplètement renseigné. Ici encore, c’est la biographie tracée par Ibn El-Abbàr* qui nous éclaire d’une façon précise.

A ce propos, je dois signaler une confusion tout à fait inexplicable commise par Ernest Renan. D’après la table chronologique qu’il a annexée à son étude sur Averroès et C Averroîsme^, Avenzoar serait mort deux fois : on lit, en effet, à l’année 1162, « Mort d’Abou-Merwan-lbn-Zohr (Avenzoar) », et, plus bas, à l’année 1197, « Mort d’ibn- Beylhar et d’Abd-el-Mélik-lbn-Zohr ». Or Abu Merwân ibn Zohr et 'Abdelmalik ibn Zohr sont un seul et môme personnage dont 'Abdelmalik est le nom et Abu Merwân le surnom. Il est certain qu'il ne s’agit pas ici du fils

1. Cf. Johannes Freind, Ilistoria medicinæ (f.ondres, John Wright, 1733, in-8), p. 492.

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