Le traducteur a, sans doute, lu (fils) au lieu de (père
2. Malik est un des quatre-vingt-dix-neuf noms que l’on donne à Dieu dans la récitation du chapelet musulman.
3. Medici antiqui^ Grxci, Lalini et Arabes qui de fehribus scripserunt (Venetiis, apiid Robertum Meieltum, 1594, in-4). La Biographie de Midland donne, pour ce livre, la date de 1570; il y a peut-être eu deux éditions. J ai consulté celle de 1594 à la Bibliothèque de la Faculté de Médecine de Paris.
4. Au moyen âge, les médecins se divisaient en physici (alchimistes,
observateurs), </ieorict (philosophes, le plus souvent scholastiques), /irrtctici (empiriques, rebouteurs). Cf. Dr Marc Haven, La vie et les œuvres du maître Arnaud de Villeneuve (Paris, Chamuel, 1896, in-8), p. 11 note 1. ’
usage. Sieinschneider qui, dans ses remarquables li’avaux bibliographiques, s’est occupé notamment de rechercher la trace des travaux d’Avenzoar signale* un exemplaire de cette version, conservé dans les collections de la Bibliothèque Bodléienne, qu’il considère comme l’édition princeps. On y lit, en titre ; « Theiçrin dahalmodana vahaltadabir, cujus est interpretatio « Rectificatio medicationis et regiminis » editus in Arabico et translatus de hebraico in Latinum Venetiis a inagistro Paravicio physico ipso sibi vulgarizante magistro Jacobo hebræo. Anno 1281*. Accedit Anlidotarium*. ED. PR. Ven. per Joan. de Forlivio et Gregorium fratres ».
La date de 1281 est contestée par le D*' Lucien Leclerc* qui lui substitue celle de 1280; si bien que Steinschneider lui-même en arrive à douter de ses propres informations et que, parlant ailleurs* du môme ouvrage, il répète la date de 1281 en ajoutant, entre parenthèses « 1280? ».
Pour connaître le véritable millésime, il suffit d’examiner la plus ancienne des éditions que possède la Bibliothèque nationale de Paris sous la cote Rés. T*-' 29; elle vit le jour, comme l’indique 1’ « explicit », le 4 janvier 1490. On lit, en tête, une formule à peu près semblable à celle que reproduit Steinschneider, mais complétée par quelques détails qui manquent dans la sienne; elle est ainsi conçue : « In nomine Domini, amen. Incipit liber Theicrisi dahalmodana vahaltadabir cujus est interpretatio Rectificatio medicationis et regiminis : editus in arabico a perfecto viro Abumaruan Avenzohar et translatus de hebraico in
1. Catalogue des manuscrits hébreux de la Bibliothèque Bodléienne, p. 2773.
2. La Biographie de Michaud, op. laud., donae la date de 1285.
3. Cet Autidotaire u’est autre que le formulaire thérapeutique signalé plus haut sous le titre de Jâmi' qui a été rendu d’une manière heureuse par « Cülligens »,
'i. Histoire de la médecine arabe, t. II, p. 'i73.
5. Die hebriiischen Uebersetzungen des Mitlelalters, op. laud., t. 11. p. 748.
AVKNZOAH, SA VIE ET SES OiCUVUES
latinum Venetiis a magistro Paravicio physico ipso sibi vulirarizante magfistro Jacobo hebræo, anno Domini Jesi* Christi MGGLXXX primo mense augusto die Jovis in meridie secundo ducanle Venetiis viro egregio et præclaro domino Johanne Dandolo et secundo anno sui ducatus : Anni autem regni 679 mensesllll dies II ».
Le D*" Lucien Leclerc donne une formule sensiblement différente qu’il dit avoir relevée sur l'édition publiée à Venise en 1554. Je n’ai pu vérifier sa lecture, n’ayant trouvé nulle part même la simple mention de cette édition. Ge qu'elle présente de curieux c’est que les mots « anni autem regni 679 menses III I dies 11 » y sont remplacés par « Anno Arabum 679 ». G’est ce qui a autorisé le L. Leclerc à prétendre que la véritable date était 1280, cette année chrétienne correspondant, en effet, à l’an 679 de l'hégire. On voit comment les termes primitifs se sont modifiés entre 1490 et 1554 et ont enlevé aux chiffres leur véritable signification.
En 1490, la formule initiale indique bien que la traduction d’hébreu en latin établie par Paravice, d'après une version en langue vulgaire que le Juif Jacob' avait préparée pour son propre usage* fut achevée en l’an de Jésus- Ghrist 1281, le jeudi 8 août*. Les détails qui suivent confirment ces indications. Jean Dandolo fut élu doee en 1280‘; il était donc bien, en 1281, dans la deuxième
1. On manque de détails sur la vie de ce savant; ou sait seulement qu’il était lui-même médecin, car l’épithète de « pliysicus » est parfois accolée à sou nom.
C est ainsi que je comprends « ipso sibi vulgarizante », d’accord en cela avec Steinschiieider. Par « langue vulgaire », il faut entendre, je pense, le patois vénitien.
^ 3.^ Le quantième du mois u étant pas indiqué, ou doit calculer qu’il s’agit du 8 août qui, en 1281, était le deuxième jeudi (Cf. VVüsteufeld, Vergleickufif'stabellen, op. laud.).
4. Daru, Histoire de la liépuhlitjue de Venise (Paris, Firmin Didot, 1853, in-8), i. 1, pp. 329-341.
année de son do^at*. Quant au dernier membre de phrase, il rappelle que le Gouvernement de Venise comptait, à cette époque, six cent soixante-dix-neuf ans trois mois et deux jours.
Après 1490, la traduction de Paravice fut réimprimée avec un titre presque identique, aux dates suivantes :
1496, Venetiis, per B. Locatelluin, P*;
1497, Venetiis, per O. de Luna, f°’;
1514, Venetiis, per Gregorium de Gregoriis, I";
1530, Venetiis, per heredes Octaviani Scoti, l"*;
1531, Lugduni, excudit Jo. Grispinus, 8°;
1531 Lugduni, per Jacobum de Hiunta,
1554 (?), Venetiis apud Juntas®.
Toutes ces éditions contiennent, outre le Teysir, la Kulllyà d’Averroès qu’elles désignent sous le titre de « Colliget Averroïs ». La rapidité avec laquelle elles se succèdent pendant plus de quarante ans montre assez quel accueil flatteur elles trouvèrent, à cette époque, auprès du public savant. Si, à partir de 1554, la vogue semble se ralentir, c’est que, dans les diverses parties de l'Europe où ces publications étaient parvenues, on en avait fait des extraits qu’on imprimait à part ou qu’on insérait dans des recueils réservés à des parties limitées de la
1. A ce propos, le D'’ L. Leclerc commet encore une erreur ; il tire argument de l'avènement de Dandolo en 1280 pour affirmer que la traduction remonte à cette date. Or la formule qu’il cite porte « Ducante Joanne Dandolo, sui ducatus anuo secundo ». Si Dandolo était alors dans la deuxième année de sou dogat, c’est qu’il s’agit bien de l’an 1281.