Cette traduction dillere uolablemenl du litre arabe
3. C'est le nom qu’on donnait autrefois à l’amygdalite et, en particulier,
a l’amygdalite abcédée; par sou étymologie (grec u'jvây/it)) il correspond à l'arabe dont la racine, dans le langage barbaresque, s’emploie
aussi souvent avec le sens d’ « étrangler » qu’avec celui d’ o égorger ».
4. On a déjà rencontré (1. I, Ir. X) un chapitre vi intitulé « De la luxation des vertèbres cervicales vers la droite ou vers la gauche », et un
AVKNZOAH, sa VIK KT SKS UI'X’VIIKS
Ce ('lia[)itre, le dernier de l'ouvrage, est suivi d’un paragraphe consacré au traitement du paludisme pLj (fo 187 V").
Le Teyslr est suivi d'un Antidolaire ou, comme nous dirions aujourd’hui, d’un Formulaire; c’est un comf>lément des [)lus utiles, car l'emploi des médicaments n’est indii]ué (|ue d’une façon très succincte dans le corps même de l’ouvrage (jui est avant tout un d'raité de patholoj^ie. Or, de nos jours comme au temps d'Avenzoar, la patholof);ie a pour objet la des(U‘iption des maladies et la recherche de leurs causes : c'est là son domaine pro[)re, et, si l'on excepte ce qui ('oncerne ([ueh|ues espèces morbides, on peut dii’(! que ses données s’imposent avec une certaine autorité à l’esprit de tous les médecins, juscju'au moment où des observations nouvelles viennent modifier les conclusions déjà tirées des faits acquis. Il n’en va pas de môme de la thérapeutique ; celle-ci, dont la richesse s’augmente à travers les âges reste naturellement plus flottante, et les [)références du praticien autant que celles du malade l’obligent à conserver une grande souplesse. Ajou-
cliapitre xm intitule « Des amyf'dalites ». Celui-ci ne tait pas double emploi avec les précédents. Ija déviation du rachis dont il est question au chapitre vr (I. I, Ir. .K) est produite j)ar rall'aissement d'une partie seulement du corps d’une vertèbre cervicale atteinte de ramollisscmenl et de suppuration; ici, au contraire, il s’agit d’une destruction totale de ce corps vertébral, par suite de laquelle 1 apophyse épineuse vient faire saillie le long de l'épine doi’sale et crée comme le dit fort bien Avenzoar, une véritable gibbosité du cou. Quant au mot « squinantia » employé par le traducteur à la fois dans le chapitre xiii (1. 1, tr. X) et dans celui ci, il n’a pas le meme sens dans les deux cas et ne correspond ]>as de part et d’autre au même terme arabe, l.a première lois, il répond a n amydalite »: la seconde, il désigne « l’étranglement » c’est-à-dire la gêne apportée dans la respiration et la déglutition par la présence des abcès par congestion qui se forment alors dans les tissus prévertébraux. On voit donc qu’il s’agit ici d une espèce morbide dont il n'a pas été lait mention dans le reste du livre : c’est l'aireclion désignée sous le nom de « mal cervical » et plus e.onnue aujourd’hui sous celui de « mal de l’ott » Avenzoar dit que cette maladie atteint surtout les femmes et les enfants, ce qui est encore admis de nos jours.
tons (|iie les cas pathologiques sont beaucoup plus nombreux que les espèces morbides elles mêmes, car l’idiosyncrasiedu maladeimprime à l'afTection qui l’atteint uneallure particulière. Aussi la sagacité du médecin trouve-t-elle sans cesse l’occasion de s’exercer dans le choix des médicaments et dans la composition de la formule. Ces vérités n’avaient pas échappé à Avenzoar; on le remarque en constatant avec quelle réserve discrète il indique le traitement de chacune des maladies étudiées, et comment il évite d’entrer dans des détails thérapeutiques qui doivent trouver leur place ailleurs.
Le formulaire annexé au Teysir ne constitue donc pas une redite. L’auteur lui a donné le titre de/rt/n/'dont le sens a été expliqué plus haut, et l’on peut dire que le traducteur latin aurait été bien inspiré en le rendant ])ar (( Golligens » ; il eût évité ainsi l’emploi du mot « Antidotarium » qui laisse penser qu’il s’agit d’un recueil de contre-poisons.
Il est intéressant de constater que l’idée de mettre la médecine à la portée du grand public était déjà née au xn® siècle; en effet, l’éditeur, reproduisant l’avis qui figurait déjà sur le texte original, déclare que l’Antidotaire qu’il publie est une partie de celui d’Avenzoar et qu’il est destiné aux personnes qui n’ont pas étudié la médecine théorique et qui n’ont aucune connaissance de la médecine pratique*. .\ l’entendre, on y trouve réunies les indications thérapeutiques qui concernent l’ensemble des maladies. Les formules des médicaments composés sont au nombre de cinquante-deux; elles donnent le moyen de |)réparer des sirops, des élecluaires et des onguents. 11
1. L Aiitidotaire porte eu sous-titre ; « Hæc est particuhi Antidotarii Abumeronis Avenzoar conveuiens illis qui noe didiceruiit scientiam niedicinæ de'inonstrativam et qui iu praeliea mediciiia; minime .«unt iustructi. ht eolligunlur iu hoc loco uuiversaliter curæ ægritudinum ciim siriipis et electuariis et uiictioiiibus », On a déjà vu plus haut le texte arabe et la traduction de 1 avis qui ligure sur le manuscrit du Teystr,
AVKNZOAH, SA VIE ET SES («UVHES
n’esl j)as besoin de dire que, malgré l’annonce alléchanle dont il est orné ce livre ne peut être d’aucun secours aux lecteurs étrangers à la médecine : car avant de cher cher le remède, il faut connaître la nature du mal, et le plus merveilleux ibrmulaire ne confère pas à son heureux possesseur le don de poser un diagnostic sans études préalables.
Telle est cette œuvre pleine d’observations personnelles, qui brilla d’un si vif éclat au moyen âge et porta si haut la réputation de son auteur et celle de la Médecine arabe. Produire un tel ouvrage, à cette épo(]ue, était une tentative originale à laquelle l’auteur fut convié par son ami Averroès. « Dieu m’est témoin, dit-il dans le préambule, que je n’ai composé ce livresque contraint par une nécessité impérieuse résultant à la fois du manque absolu d’ouvrages dece genre et des injonctions pressantes et formelles m’invitant à l’écrire. » Quand, après avoir .subi la banalité de quelques-uns des Traités de médecine que nous ont légués les Arabes, et dans lesquels on souhaiterait moins de docilité servile à l’égard des Anciens, on entend les courageuses protestations qu’Avenzoar élève contre certaines de leurs erreurs, on est tout heureux de rencontrer enfin, dans le Teysir, les marques d’une sage indépendance qui n’exclut pourtant pas le respect du passé.