‹ Avenzoar, sa vie et ses œuvresChapitre 38 sur 80 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

principal ouvrage a été orthographié avec la plus grande fantaisie, ce qui en rend la reconnaissance difficile aux lecteurs étrangers à l'arabe. Parmi les diverses formes qu'il a revêtues, il suffit de citer les principales : Tajassir, Theiçrin, Theicris, Theysir, Teiscir, Theiçir, Theizir, Taysir, Thaisir. Souvent le même traducteur a fait varier d'une page à l'autre la transcription de ce mot. Le nom de l'auteur a subi, lui aussi, des métamorphoses tout à fait curieuses. On se souvient qu'Abû Merwân est devenu tout simplement « Meruan » ou « Meruen », ou même « filius* Meruen ». 'Abdelmalik qui signifie « le serviteur du Roi »*, c'est-à-dire de Dieu, a été traduit littéralement par « servus régis », si bien que, dans certaines éditions, on a séparé le premier mot du second pour le placer devant Avenzoar. Ainsi un extrait du Teysir inséré dans le « Traité des fièvres » commence par les mots « Dixit servus Avenzoar... ))'. En raison de ces irrégularités, on conçoit qu'il devienne parfois impossible d'identifier, à distance, les traductions partielles répandues dans les diverses bibliothèques : il faudrait les avoir sous les yeux et les comparer aux textes originaux.

La traduction complète du Teysir fut établie en latin par le médecin Paravice (ou Paravici), surnommé « Physicus* patavinus », d'après une version hébraïque que Jacob l'Hébreu traduisit en langue vulgaire pour son propre

1. Le traducteur a, sans doute, lu ^\ (fils) au lieu de^\ (père).

2. Malik est un dos quatre-vingt-dix-neuf noms que l'on donne à Dieu dans la récitation du chapelet musulman.

3. Medici anti(fui, Grsci^ Latini et Arabes qui de fehribus scripserunt (Venetiis, apud Kobertum Mciettum, 1594, in-4). La Biographie de Michaud donne, pour ce livre, la date de 1570; il y a peut-être eu deux éditions. J'ai consulté celle de 1594 à la Bibliothèque de la Faculté de Médecine de Paris.

4. Au moyen âge, les médecins se divisaient en physici (alchimistes, observateurs), ^/leortct (philosophes, le plus souvent scholastiques), ^ractici (empiriques, rebouteurs). Cf. Dr Marc Haven, La vie et les œuvres du maître Arnaud de Villeneuve (Paris, Chamuel, 1896, in-8), p. 11 ^ note 1.

usage. Steinschneider qui, dans ses remarquables travaux bibliographiques, s'est occupé notamment de rechercher la trace des travaux d'Avenzoar signale' un exemplaire de cette version, conservé dans les collections de la Bibliothèque Bodléienne, qu'il considère comme l'édition princeps. On y lit, en titre : « Theiçrin dahalmodana vahaltadabir, cujus est interpretatio « Rectificatio medicationis et regiminis » editus in Arabico et translatus de hebraico in Latinum Venetiis a magistro Paravicio physico ipso sibi vulgarizante magistro Jacobo hebraeo. Anno 1281*. Accedit Anlidota^ium^ ED. PR. f» Ven. per Joan. de Forlivio et Gregorium fratres ».

La date de 1281 est contestée par le D"" Lucien Leclerc* qui lui substitue celle de 1280; si bien que Steinschneider lui-même en arrive à douter de ses propres informations et que, parlant ailleurs* du même ouvrage, il répète la date de 1281 en ajoutant, entre parenthèses « 1280? ».

Pour connaître le véritable millésime, il suffit d'examiner la plus ancienne des éditions que possède la Bibliothèque nationale de Paris sous la cote Rés. T^^ 29; elle vit le jour, comme l'indique 1' « explicit», le 4janvier 1490.On lit, en tète, une formule à peu près semblable à celle que reproduit Steinschneider, mais complétée par quelques détails qui manquent dans la sienne; elle est ainsi conçue : « In nomine Domini, amen. Incipit liber Theicrisi dahalmodana vahaltadabir cujus est interpretatio Rectiticatio medicationis et regiminis : editus in arabico a perfecto viro Abumaruan Avenzohar et translatus de hebraico in

1. Catalogue des manuscrits hébreux de la Bibliothèque Bodléienne, p. 2773.

2. La Biographie de Michaud, op. laud., donae la date de 1285.

3. Cet Antidotaire n'est autre que le formulaire thérapeutique signalé plus haut sous le titre de Jâm.i'^ qui a été rendu d'une manière heureuse par « Colligens »,

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