Histoire de la médecine arabe, op. laud., t, IE, p
cal : celle qui consiste à soigner les maladies et qu’il
appelle bb (LE), et celle qui s’efforce de les prévenir par une sage organisation de l'existence et qu’il nomme rutbà (ss).
Eu égard au but à atteindre, il admet deux médecines, l’une s’appliquant au corps et l’autre à l'esprit’, « La médecine des corps, dit-il, est bien connue; mais celle des esprits est plus noble et plus importante. » On est un peu étonné de trouver des pensées de ce genre sous la plume d'Avenzoar. Peut-être voulait-il ainsi satisfaire aux tendances piétistes qu’affectait le Gouvernement d'alors ; peut-être aussi ce préambule a-t-il été surajouté par quelque faqih désireux de proclamer la suprématie des études religieuses qui étaient les siennes, sur celles d’'Avenzoar qui lui semblaient trop utiles pour être estimables. Dans tous les cas, le Teysir, qui fut écrit au moins vingt-deux ans plus tard, ne laisse pas percer la moindre préoccupation philosophique de ce genre.
L'esprit se présente sous un triple aspect aux yeux d'Avenzoar qui établit, à ce sujet, les distinctions suivantes, admises, dit-il, par les médecins et par les philosophes. Au premier rang est l’esprit raisonnable QE), (LU c’est-à-dire l'intelligence ; il siège dans le cerveau (gb Lis), il est l'apanage de l’homme, et l’on ne saurait en admettre l’existence chez les animaux. Il se manifeste par la pensée s'appliquant aux cieux et à la terre, aux sciences et aux arts.
Au second rang se place l'esprit animal (à. Ale Uma),
qui à son siège dans le cœur (Si Les …) : c'est de lui que procèdent la colère (© #3)|), lahaine OS) )et l’orgueil
LA
(ka V1).
Enfin au troisième rang vient l'esprit physique | ax)
1 url abs xl Ab os abil,
(&x..b)) qui siège dansle foie (ES Law) et dont dépendent l'appétit ainsi que le désir sexuel.
Dieu a subordonné les deux derniers esprits au premier, pour distinguer l’homme. Aussi la faculté de raisonner
(&£UN 8,411) doit-elle toujours conserver la suprématie sur les deux autres facultés, afin de les exalter et de leur permettre d'agir quand elle le veut, ou, au contraire, de les inhiber si bon lui semble. L’appétence pour la nourriture a été créée pour assurer la continuité de la vie individuelle, ainsi que le penchant sexuel pour assurer celle de la race. Mais l'exercice de ces facultés veut être surveillé par la raison à laquelle elles doivent rester asservies.
Après ce préambule qui n'occupe pas plus de cinq pages, l’auteur déclare que ces principes concernant la confortation des esprits sont suffisants « pour quiconque est normalement constitué »‘. Et aussitôt il aborde les questions qui touchent à la confortation des corps.
Cédant encore à des préoccupations religieuses dont on ne retrouvera plus la trace dans ses œuvres postérieures, il commence par l’étude de la langue. Voici en quels termes il justifie la place d'honneur qu’il lui attribue « Étant donné que la langue est l’organe qui sert ànommer Dieu (dont la puissance et la gloire soient proclamées !), que c’est grâce à elle que nous pouvons lire le Qoran et exprimer ce qui, émanant de nos esprits raisonnables, caractérise l’homme et le différencie de l’animal, il est nécessaire que le traitement qui la concerne occupe le premier rang ». Une telle religiosité était bien de nature à flatter les goûts des Almoravides sous le gouvernement desquels Avenzoar écrivait ces lignes. Plus tard, quand il composera le Teystr, les vues plus positives des AImohades et, en particulier, de ‘Abdelmu’min, lui permettront de commencer tout bonnement par le cuir chevelu,
Pour apprécier au juste l'importance technique de
ME ANR SNA" CU
l’œuvre, il est indispensable d'examiner, en suivant l’ordre des chapitres, quels sont les organes et les maladies étudiées dans le Xitäb el-igtisäd ; c'est à quoi je vais maintenant m’attacher!.
TRAITÉE ÎI.
Fol. 4 r à fol. 18 v.
De la langue et de la bouche.
Des tumeurs (eh.
Du chancre (iK}).
De la distorsion de la bouche, dans la paralysie faciale (65).
De la paralysie de la langue (sl&l).
Des dents.
Trait IL.
FOLIE 4 ol No Des yeux et des maladies qui les affectent.
De la blépharite cilio-glandulaire (03,91.
Du ptérygion Gb).
1, Pour éviter les longueurs, je ne citerai en arabe que les mots techniques et les explications tirées du texte qui peuvent intéresser les arabisants,
2. Sur le sens de ce terme fort mal expliqué par les dictionnaires, cf, Ali ibn Isa, Ærinnerungsbuch für Augenürzte, aus arabischen Handschriften übersetzt und erlüutert von J. Hirschberg und J, Lippert (Leip-
zig, Veit, 1904, iu-8), p. 173. — Le mot 5,25 est encore employé de nos jours par les oculistes indigènes de l'Afrique mineure qui le prononcent dofrà; cf. Dr Dercle, De la pratique de notre médecine chez les Arabes (Alger, Jourdan, 1904, in-8), p. 130, — Il faut remarquer que 8 2b se
64 AVENZOAR, SA VIE ET SES ŒUVRES Du pannus (Ju).
De l’induration des paupières al,
Du picotement ES).
De la taie de la cornée (et).
Des prunelles (hs).
Du strabisme (el, W).
0 Le 7 De la cataracte (35),
TraitTE III.
FONCIA OS ENTe
Des maladies des oreilles.
Des maladies du nez :
a) Du coryza Us b) Des polypes Ut on c) De l'épistaxis (Cale).
Des maladies du front.
Des maladies du cuir chevelu.
a) De l’alopécie (il >).
rattache logiquement par sa signification à la racine S (égratigner); en eflet, dans le ptérygion, la partie épaissie de la conjonctive prend la forme d’une griffe dont la base correspond à la caroncule lacrymale et la pointe à.la cornée, et qui semble ainsi menacer l'iris et la pupille.
1. On sait que cette inflammation de la cornée entraine la formation d’un réseau vasculaire plus ou moins adhérent à l'organe, qu’il recouvre en partie. C’est ce que veut exprimer Avenzoar quand il dit : « Ce sont
des veines qui se remplissent d'un sang épais (LB Lo (ER LS ;<).
Les médecins arabes parlent de l'accumulation d’un sang épais là où
noùs dirions aujourd’hui qu’il y a stase veineuse,
b) De l’herpès tonsurant (24 #1) e c) Des poux (Hall).
d) Des lentes (122).
e) De la canitie (LL £J).
f) De la teinture des cheveux.
Des maladies de la face.