Histoire de la médecine arabe, t, IX, p
5, Die hebrüischen Ueberset:ungen des Mittelalters, op. laud., t, HE, p.146,
latinum Venetiis a magistro Paravicio physico ipso sibi vulgarizante magistro Jacobo hebræo, anno Domini Jesr Christi MCCLXXX primo mense augusto die Jovis in meridie secundo ducante Venetiis viro egregio et præclaro domino Johanne Dandolo et secundo anno sui ducatus : Anni autem regni 679 menses IIII dies II ».
Le D° Lucien Leclerc donne une formule sensiblement différente qu’il dit avoir relevée sur l’édition publiée à Venise en 1554. Je n’ai pu vérifier sa lecture, n’ayant trouvé nulle part même la simple mention de cette édition. Ce qu’elle présente de curieux c’est que les mots « anni autem regni 679 menses IIIT dies Il » y sont remplacés par « Anno Arabum 679 ». C'est ce qui a autorisé le Dr L. Leclerc à prétendre que la véritable date était 1280, cette année chrétienne correspondant, en effet, à l’an 679 de l’hégire. On voit comment les termes primitifs se sont modifiés entre 1490 et 1554 et ont enlevé aux chiffres leur véritable signification.
En 1490, la formule initiale indique bien que la traduction d’hébreu en latin établie par Paravice, d'après une version en langue vulgaire que le Juif Jacob! avait préparée pour son propre usage* fut achevée en l’an de Jésus- Christ 1281, le jeudi 8 août‘. Les détails qui suivent confirment ces indications. Jean Dandolo fut élu doge en 1280‘; il était donc bien, en 1281, dans la deuxième
1. On manque de détails sur la vie de ce savant; on sait seulement qu'il était lui-même médecin, car l’épithète de « physicus » est parfois accolée à son nom,
2, C'est ainsi que je comprends « ipso sibi vulgarizante », d’accord en cela avec Steinschneider. Par « langue vulgaire », il faut entendre, je pense, le patois vénitien,
3. Le quantième du mois n'étant pas indiqué, on doit calculer qu’il s’agit du 8 août qui, en 1281, était le deuxième jeudi (Cf. Wüstenfeld, Vergleichungstabellen, op. laud.).
4. Daru, Histoire de ia République de Venise (Paris, Firmin Didot, 18353, in-8), t. [, pp. 329-341,
année de son dogat!, Quant au dernier membre de phrase, il rappelle que le Gouvernement de Venise comptait, à cette époque, six cent soixante-dix-neuf ans trois mois et deux jours.
Après 1490, la traduction de Paravice fut réimprimée avec un titre presque identique, aux dates suivantes :
1496, Venetiis, per B. Locatellum, f°?;
1497, Venetiis, per O. de Luna, f*;
1514, Venetiis, per Gregorium de Gregoriuis, {°;
1530, Venetiis, per heredes Octaviani Scoti, {°';
1531, Lugduni, excudit Jo. Crispinus, 8°;
1531 Lugduni, per Jacobum de Hiunta, 8”;
1554 (?), Venetiis apud Juntas*.
Toutes ces éditions contiennent, outre le Teystr, la Kulliyà d'Averroès qu’elles désignent sous le titre de « Colliget Averroïs ». La rapidité avec laquelle elles se succèdent pendant plus de quarante ans montre assez quel accueil flatteur elles trouvèrent, à cette époque, auprès du public savant. Si, à partir de 1554, la vogue semble se ralentir, c’est que, dans les diverses parties de l’Europe où ces publications étaient parvenues, on en avait fait des extraits qu’on imprimait à part ou qu’on insérait dans des recueils réservés à des parties limitées de la
1, À ce propos, le D' L, Leclerc commet encore une erreur : il tire argument de l'avènement de Dandolo en 1280 pour affirmer que la traduction remonte à cette date, Or la formule qu’il cite porte « Ducante Joanne Dandolo, sui ducatus anno secundo ». Si Dandolo était alors dans la deuxième année de son dogat, c'est qu'il s’agit bien de l’an 1281,
2, Bibliothèque nationale, Rés. T#30, 30 « et 30 8.