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Elle est dite aussi « fièvre adénoméningée

AVENZOAR, SA VIE ET SES ŒUVRES 139 De la fièvre de sang.

— Capitulum de melancolica febre.

exp) ee LEsl3ge 2 Cr (2 Ce Jlst (fol.

178 ve).

De la transformation de la fièvre quotidienne en fièvre quarte chez les atrabilaires.

— Cura febris tertianæ non puræ quæ fit in colera mixta flegmate grossiciæ.

b Let à ail cŸ Hole 179510 Du traitement des fièvres [tierces ictériques] dites kurrätiyà et zinjäriya*.

— De febribus compositis.

LNAY ia roll ceLadt (fol. 179 vo).

Des fièvres mixtes.

— Signa febris tertianæ.

3 Le cobdle (fol. 179 vo).

Des symptômes de la fièvre tierce.

; MEME SRE — Signa febris sanguineæ”.

1. Ces deux mots manquent dans les lexiques et ne peuvent guère être traduits en français : Aurräliyà signifie « qui donne la teinte vert de poireau », et zinjértyà, « qui donne la teinte vert-de-gris », CF. le grec npacuwos qui a ces deux sens,

2. Le traducteur latin a rendu Àze qui signifie littéralement « description » par signa qui répond à « symptômes », En outre, il a remplacé « fièvre synoque » par « fièvre de sang ». Ces deux expressions ont été

parfois confondues; mais tandis que 1 seconde faisait allusion à l’ori- He attribuée à la maladie, la première en rappelait le caractère, On a déjà vu un peu plus haut, dans ce même traité, un chapitre relatif à la

fièvre de sang,

140 AVENZOAR, SA VIE ET SES ŒUVRES tons æ bge (fol. 179 vo-180 ro).

Description de la fièvre synoque.

— Signa febris quartanæ.

b lsut db Mit inc (fol. 180 ro).

Description clinique de la fièvre atrabilaire”*.

— De ethica et cura ejus.

3 æ (fol. 180 re).

De la fièvre hectique*.

Tracrarus II.

— De crisi.

&Ul,st (fol. 182 ro).

1. Le mot .y«&s9dgu n’est que la transcription du grec cévoyos (continu), L’expression de fièvre synoque était en usage dans la vieille médecine française : mais elle m'était pas l'équivalent exact de « fièvre continue » qu'emploient les modernes pour désigner principalement la dothiénentérie : Galien et les humoristes appelaient ainsi la fièvre putride ou embarras gastrique fébrile,

2. C'est un des noms de la fièvre quarte. Le titre arabe signifie littéralement « Description du malade atteint de fièvre quarte » : c'est donc ce que nous appelons aujourd'hui une « description clinique ». Bien que les mots Ân et C2 9 soient tous deux des masdars de la 1r° forme de C2w39; ils ne sont pas absolument synonymes dans la technologie médicale; tandis que Xe conserve le sens de « description » qu'il affecte dans la langue littéraire, L&æ9 prend plutôt celui d’« ordonnance » et

devient ainsi l'équivalent de À we.

3. Sile mot « hectique » vient manifestement du grec éxtixoc auquel on le rattache, je ne crois pas qu’on puisse admettre que le bas-latin « ethicus » en soit une forme corrompue, Je pense qu’on doit y voir une transcription de l'arabe ed-digq qui figure dans le texte et qui signifie amaigrissement. On entend par « fièvre hectique » une fièvre continue, à exacerbations vespérales, affectant le type quotidien; le pouls est fréquent et misérable, la gorge est sèche, l’amaigrissement progressif s’accompagne de sueurs et de diarrhées colliquatives; enfin on remarque à la peau une chaleur dite « hectique ».

Des phénomènes critiques!.

Tracrarus III. — De epidemia.

kb JM De Y (fol. 185 ro).

Des maladies épidémiques.

Cap. I. — De epidemia quæ provenit ex corruptione aeris?. L3L JI «Lodt (fol. 185 ro).

Des fièvres épidémiques.

Cap. II. — De epidemia quæ provenit ex potu aquæ putridæ fetidæ.

ES AU je cos 631 st (fol. 186 ro).

Des maladies épidémiques causées par labsorption d'eaux stagnantes.

Cap. III. — De squinantia et de dislocatione spondilium colli, DE CR ES RE sl > ju (fol. 186 ve).

De l’esquinancie causée par l’air vicié, et de la

luxation des vertèbres cervicales".

1. L'édition de 1496 divise ce traité en deux chapitres : Capitulum primum, De diebus criticis; Capitulum secundum, De signis et accidentibus ipsius crisis, Avenzoar y étudie : 40 les crises (B1,=< 1); 20 les pronostics tirés des crises BREAE CD W); 30 les jours critiques et révélateurs des pronostics (2 el Col 8L).

2, Cette traduction diffère notablement du titre arabe.

3. C'est le nom qu’on donnait autrefois à l’amygdalite et, en particulier, à l'amygdalite abcédée; par son étymologie (grec ouväyyn) il correspond à l'arabe À<-35 dont la racine, dans le langage barbaresque, s'emploie aussi souvent avec le sens d’ « étrangler » qu’avec celui d’« égorger ».

&. On a déjà rencontré (1. I, tr. X) un chapitre viintitulé « De la luxation des vertèbres cervicales vers la droite ou vers la gauche », et un

: Cr Ce chapitre, le dernier de l'ouvrage, est suivi d’un para-

graphe consacré au traitement du paludisme sb =)

tp) (STE)

Le Teysir est suivi d’un Antidotaire ou, comme nous dirions aujourd'hui, d'un Formulaire; c'est un complément des plus utiles, car l’emploi des médicaments n'est indiqué que d’une facon très succincte dans le corps même de l'ouvrage qui est avant tout un Traité de pathologie. Or, de nos jours comme au temps d’Avenzoar, la pathologie a pour objet la description des maladies et la recherche de leurs causes : c'est là son domaine propre, et, si l’on excepte ce qui concerne quelques espèces morbides, on peut dire que ses données s'imposent avec une certaine autorité à l'esprit de tous les médecins, jusqu’au moment où des observations nouvelles viennent modifier les conclusions déjà tirées des faits acquis. Il n’en va pas de même de la thérapeutique : celle-ci, dont la richesse s'augmente à travers les âges reste naturellement plus flottante, et les préférences du praticien autant que celles du malade l'obligent à conserver une grande souplesse. Ajou-

chapitre xu1 intitulé « Des amygdalites ». Celui-ci ne fait pas double emploi avec les précédents. La déviation du rachis dont il est question au chapitre vr (l. [, tr. X) est produite par l’affaissement d’une partie seulement du corps d’une vertèbre cervicale atteinte de ramollissement et de suppuration; ici, au contraire, il s’agit d'une destruction totale de ce corps vertébral, par suite de laquelle l'apophyse épineuse vient faire saillie le long de l’épine dorsale et crée comme le dit fort bien Avenzoar, üne véritable gibbosité du cou. Quant au mot « squinantia » employé par le traducteur à la fois dans le chapitre xm QU He, ©) Gi dans celui-ci, il n’a pas le même sens dans les deux cas et ne correspond pas de part et d'autre au même terme arabe, La première fois, il répond à « amydalite »; la seconde, il désigne « l’étranglement » c'est-à-dire la gène apportée dans la respiration et la déglutition par la présence des abcès par congestion qui se forment alors dans les tissus prévertébraux. On voit donc qu’il s’agit ici d’une espèce morbide dont il n’a pas été fait mention dans le reste du livre : c'est l'affection désignée sous le nom de « mal cervical » et plus counue aujourd’hui sous celui de « mal de Pott » Avenzoar dit que cette maladie atteint surtout les femmes et les enfants, ce qui est encore admis de nos jours.

tons que les cas pathologiques sont beaucoup plus nombreux que les espèces morbides elles-mêmes, car l'idiosyncrasie du maladeimprime à l'affection qui l'atteintuneallure particulière. Aussi la sagacité du médecin trouve-t-elle sans cesse l’occasion de s'exercer dans le choix des médicaments et dans la composition de la formule. Ces vérités n'avaient pas échappé à Avenzoar; on le remarque en constatant avec quelle réserve discrète il indique le traitement de chacune des maladies étudiées, et comment il évite d'entrer dans des détails thérapeutiques qui doivent trouver leur place ailleurs.

Le formulaire annexé au Teystr ne constitue donc pas une redite. L’auteur lui a donné le titre de Jémi' dont le sens a été expliqué plus haut, et l’on peut dire que le traducteur latin aurait été bien inspiré en le rendant par « Colligens »; il eût évité ainsi l'emploi du mot « Antidotarium » qui laisse penser qu'il s’agit d'un recueil de contre-poisons.

Il est intéressant de constater que l’idée de mettre la médecine à la portée du grand public était déjà née au x11e siècle; en effet, l'éditeur, reproduisant l’avis qui figurait déjà sur le texte original, déclare que l’Antidotaire qu’il publie est une partie de celui d'Avenzoar et qu'il est destiné aux personnes qui n'ont pas étudié la médecine théorique et qui n’ont aucune connaissance de la médecine pratique‘, A l’entendre, on y trouve réunies les indications thérapeutiques qui concernent l'ensemble des maladies. Les formules des médicaments composés sont au nombre de cinquante-deux; elles donnent le moyen de préparer des sirops, des électuaires et des onguents. Il

1. L'’Antidotaire porte en sous-titre : « Hæc est particula Antidotarii Abumeronis Avenzoar conveniens illis qui nor didicerunt scientiam medicinæ demonstrativam et qui in practica medicivæ minime sunt instructi. Et colliguntur in hoc loco universaliter curæ ægritudinum cum sirupis et electuariis et unctionibus ». On a déja vu plus haut le texte arabe et la traduction de l'avis qui figure sur le manuscrit du Teysir.

n'est pas besoin de dire que, malgré l'annonce alléchante dont il est orné ce livre ne peut être d'aucun secours aux lecteurs étrangers à la médecine : car avant de cher: cher le remède, il faut connaître la nature du mal, et le plus merveilleux formulaire ne confère pas à son heureux possesseur le don de poser un diagnostic sans études préalables.

Telle est cette œuvre pleine d'observations personnelles, qui brilla d’un si vif éclat au moyen âge et porta si haut la réputation de son auteur et celle de la Médecine arabe. Produire un tel ouvrage, à cette époque, était une tentative originale à laquelle l'auteur fut convié par son ami Averroës. « Dieu m'est témoin, dit-il dans le préambule, que je n'ai composé ce livre que contraint par une nécessité impérieuse résultant à la fois du manque absolu d’ouvrages dece genre etdesinjonctions pressantes et formelles m'invitant à l'écrire. » Quand, après avoir subi la banalité de quelques-uns des Traités de médecine que nous ont légués les Arabes, et dans lesquels on souhaiterait moins de docilité servile à l'égard des Anciens, on entend les courageuses protestations qu’Avenzoar élève contre certaines de leurs erreurs, on est tout heureux de rencontrer enfin, dans le Teysir, les marques d’une sage indépendance qui n'exclut pourtant pas le respect du passé.

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