PRÉFACE. VL
ftge ont eu de philosophie proprement dite, ils le doivent à la Grèce. Si donc il s'agissait de choisir dans le passé une autorité philosophique, la Grèce seule aurait le droit de nous donner des leçons; non pas cette Grèce d'Egypte et de Syrie, altérée par le mélange d'éléments barbares, mais la Grèce originale et sincère, dans son expression, pure et classique. Au contraire, si, au lieu de demander des doctrines au passé, nous ne lui demandons que des faits, les époques de décadence et de syncrétisme, les périodes de transmission et d'altération lente auront plus d'intérêt que les périodes de perfection, oA la saillie originale du génie semble parfois s'effacer sous la perfection de la forme et l'exacte mesure de la pensée.
Ces observations m'ont semblé nécessaires pour prévenir le reproche d'avoir consacré tant de soins à une doctrine qui n'a plus rien à faire avec nous. Hais du moment où l'on admet que l'histoire de l'esprit humain est la plus grande réalité ouverte à nos investigations, toute recherche pour éclairer un coin du passé prend une signification et -une valeur. Il est, en un sens, plus important de savoir ce que l'esprit humain a pensé sur un problème, que d'avoir un avis sur ce problème; cai*, lors même que la question est insoluble, le travail de l'esprit humain pour la résoudre constitue un fait expérimental qui a toujours son intérêt ; et en supposant que la philosophie soit condamnée à