‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 106 sur 235 · Fabricius, t. III, p. 2.31. A Vienne, au Vatican · texte numérisé non relu

Fabricius, t. III, p. 2.31. A Vienne, au Vatican

sique1), Juda ben-Jacob (livres XI-XIX des Animaux 2J, Salomon ben-Mosé Alguari (De somno et vigilia 3), auxquels il faut joindre peut-être Levi ben-Gerson et Moïse de Narbonne, s'attachèrent successivement à cet immense travail. Le De Substantia orbis, formé de dissertations séparées, traduites de l'arabe en latin, fut à son tour traduit du latin en hébreu par Juda ben-Mosé ben-Daniel, de Rome, avec plusieurs autres traités scolastiques d'Albert, saint Thomas, Gilles de Rome4.

Le xive siècle fut le moment de la souveraine autorité d'Averroès chez les juifs. Le plus illustre des philosophes de cette époque, Levi ben-Gerson, de Bagnols (Messer Léon), commenta le grand Commentaire et les ouvrages propres d'Averroès, tels que le De Substantia orbis, le traité de la Possibilité de l'union*. Pour quelques parties, sa glose devint inséparable du texte d'Averroès , comme le commentaire d'Averroès lui-même l'était devenu du texte d'Aristote. Il semble que le moyen âge préférât aux textes primitifs ces analyses de seconde et de troisième main. La doctrine de Levi est, du reste, le péripatétisme arabe dans toute sa pureté. Bien plus hardi que Maimonide, il fait plier le dogme mosaïque devant les exigences du péripatétisme, et admet sans détour l'éternité du monde, le don naturel de prophétie, la matière première dénuée de forme, l'impossibilité de la création.

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