‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 189 sur 235 · Opp. t. X, p. 331 (édit · texte numérisé non relu

Opp. t. X, p. 331 (édit

3. Quœ omnia, quanquam a profano vulgo non percipiuntur , ab istis tamen philosophis, qui soli sunt dii terrestres et tantum distant a cseteris, cujuscumque ordinis sive conditionis sint, sicut homines veri ab hominibus pictis, sunt concessaet demonstrata. [De incant. p. 53.)

Si donc, on applique le nom cTaverroïstes à cette famille de penseurs inquiets et exaspérés par la contrainte, si nombreuse en Italie à la renaissance , et qui se couvrait du nom du Commentateur, Pomponat doit être placé au premier rang parmi les averroïstes, et Vanini a pu dire avec vérité : Petrus Pomponatius, philosophas acutissimus , in cujus corpus animum A ver rois commigrasse Pj'thagorasjudicasset1. Mais, si on entend par averroïste un partisan de la doctrine de l'unité de l'intellect, ce nom convient si peu à Pomponat, que toute sa vie n'a été qu'un combat perpétuel contre Achillini, le champion de l'averroïsme2. Averroès, d'ailleurs, est traité dans ses écrits avec une extrême sévérité : il trouve ses opinions si extravagantes et si dénuées de sens , qu'il doute que jamais personne les ait prises au sérieux , et qu' Averroès lui-même les ait comprises3.

Pomponat étant présenté comme le fondateur de l'alexandrisme, bien qu'à vrai dire on ne remarque chez lui aucun attachement systématique pour Alexandre , la symétrie voulait qu' Achillini devînt le chef des averroïstes. Cette classification serait tout artificielle, si on prétendait qu'Achillini a réellement soutenu l'unité des âmes et l'immortalité collective. Tout en reconnaissant que,, sur ces deux points, la doctrine d' Averroès est conforme à celle d'Aristote , Achillini rejette expres-

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