‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 188 sur 235 · De immorl. animœ, cap. xrv · texte numérisé non relu

De immorl. animœ, cap. xrv

4. Hujusmodi législatures , qui Dei fîlii merito nuncupari possunt, procurantur ab ipsis corporibus cœlestibus. [De Incant., 1. XII, p. 293.)

5. Quare et nunc in fide nostra omnia frigescunt, miracula desinunt, nisi conficta et simulata, nunc propinquus videtur esse finis. (Ibid.y p. 286.)

plus de sectateurs1 ? L'expression même de leges &l législatures , dont les philosphes italiens se servent pour désigner les religions et leurs fondateurs, est empruntée aux traductions d'Averroès, où le mot lex représente toujours le mot arabe dîn (loi, religion). Le passage de la Destruction de la Destruction , où Averroès a insisté avec le plus de hardiesse sur le parallèle des religions , est intitulé dans les éditions italiennes : Sermo de legi~ bus, et relevé par l'annotateur avec une intention évidente2.

L'opposition de Tordre de la foi et de l'ordre philosophique , que nous avons trouvée durant tout le moyen âge comme le trait distinctif des averroïstes , est aussi la base du système de Pomponat. Pomponat, philosophe , ne croit pas à l'immortalité , mais Pomponat, chrétien, y croit. Certaines choses sont vraies théologiquement , qui ne sont pas vraies philosophiquement. Théologiquement, il faut croire que l'invocation des saints et les reliques ont beaucoup d'efficacité dans les maladies ; mais philosophiquement , il faut reconnaître que les os d'un chien mort en auraient tout autant , si on les invoquait avec foi3. Pendant quatre siècles, les libres penseurs ne trouvèrent pas de meilleur subterfuge pour excuser leur hardiesse aux yeux des théologiens. La compression produit toujours la subtilité; la conscience proteste, et se venge par un respect ironique des entraves qu'on lui impose.

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