‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 209 sur 235 · XIII · texte numérisé non relu

XIII

Pour comprendre l'aversion que le péripatétisme averroïste inspirait aux beaux-esprits de la renaissance, il faut avoir connu par expérience ce style hérissé de mots barbares3, ces discussions subtiles, cette prolixité insoutenable, qui sont les caractères de l'école averroïste. « Autrefois, dit Louis Vives, rien n'était plus charmant que la contemplation du jardin de cet univers; mais ceux-ci, au lieu d'arbres et de fleurs , y ont dressé des croix pour torturer l'esprit humain4. » Que l'on songe en effet à l'impression que devaient produire sur les Valla, les Barbaro, les Bembo, des phrases comme celle-ci : ce Queelibet « anima intelligit primum et se, hoc est suum esse, quod « Dehaath appellatur; de secundis vero intelligit Zobar,

Page 1