‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 59 sur 235 · Schmœlders, Essai, p · texte numérisé non relu

Schmœlders, Essai, p

part d'un même centre , mais où tout n'est pas l'œuvre immédiate du souverain 1. » La profonde conception d' Aristote, ce dieu du XIIe livre de la Métaphysique, immobile , séparé , centre de l'univers , qui dirige et meut le monde, sans le voir, par l'attraction du bien et du beau, ce newtonisme métaphysique, si simple , ne satisfit pas les Arabes. Jamais dieu n'a été aussi déterminé , aussi isolé du monde que celui d'Aristote. Si l'on applique le nom de panthéisme aux doctrines qui craignent de limiter Dieu , aucune doctrine n'a été plus que la sienne opposée au panthéisme. Cette théodicée pouvait convenir à une école naturaliste comme l'école péripatéticienne : pour simplifier son objet et écarter tout ce qui ressemble à une hypothèse, le naturaliste voudrait faire à Dieu, une fois pour toutes, sa part bien arrêtée, et le -reléguer le plus loin possible du champ de l'expérience. L'école arabe ne put se plier à une conception aussi simple. Il fallut créer une sorte de ministre à ce roi invisible pour le mettre en contact avec l'univers , quelque chose d'analogue au loyoç irpocp-opwtoç de Philon, image et manifestation des puissances^ cachées dans les profondeurs de l'existence infinie.

Le passif n'arrive jamais à l'acte que par le fait d'une puissance active2, et le contingent ne saurait s'expliquer par une série de causes à l'infini 3. Sans doute le cercle des causes ne saurait s'arrêter à tel moment donné. La pluie sort du nuage , le nuage de la vapeur, la vapeur de la pluie ; la plante sort de la plante, l'homme sort de

1. Destr. Destr., disput. III, f. 121 v°. — Epit. Metaph., tr. IV, f. 395.

2. II, Phys., f. 31 v°. — Destr. Destr., disput. VI, f. 150 v°. — Cf. Ravaisson, Essai sur la Metaph. dArist., t. Ier, p. 542 et suiv.

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