‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 60 sur 235 · Metaph. ,1. II , f · texte numérisé non relu

Metaph. ,1. II , f

l'homme par la corruption de l'être générateur, sans qu'il soit permis dans cette chaîne continue de prendre un moment plutôt qu'un autre pour point de départ1. Où donc chercher la cause du multiple ? De l'un ne peut sortir que l'un. Un seul être peut être le produit immédiat de Dieu et en rapport direct avec lui. Cet être, c'est la première intelligence 2, le premier moteur des étoiles fixes, sorte de démiurge dont l'origine ne doit pas être cherchée ailleurs que dans le chap. vu du XIIe livre de la Métaphysique , mal entendu et combiné avec des données alexandrines , ou peut-être, par une sorte de compromis, dont les sectes antagonistes offrent de nombreux exemples, avec la doctrine des hypostases et du Verbe, que l'on combattait d'ailleurs si énergiquement. Cette intelligence première, ce premier moteur, qui est pour Àristote Dieu lui-même, n'est pour les Arabes que le premier agent de l'univers, à qui ils appliquent les magnifiques expressions par lesquelles Aristote a cherché à exprimer le mode d'action de l'intelligence divine3. Le Coran lui-même fournit des arguments à cette théorie ; car il y est écrit : La première chose créée par Dieu est V intelligence . Platon, suivant Ibn-Roschd, n'a pas voulu exprimer autre chose quand il dit en son style figuré que Dieu créa les anges le matin, et qu'après leur avoir laissé le soin de créer tout le reste, il se reposa*.

Page 1