‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 65 sur 235 · De anima,!. I, cap.iy · texte numérisé non relu

De anima,!. I, cap.iy

sorte un autre genre d'âme1, dont l'étude appartient au métaphysicien et non au physicien 2. Ce qui résulte de tout cela r c'est une théorie assez analogue à celle de Malebranche, une sorte de raison objective et impersonnelle, qui éclaire tous les hommes, et par laquelle tout est intelligible. C'est l'interprétation de la plupart des commentateurs grecs, d'Alexandre d'Aphrodisias , de Thémistius, de Philopon3, et de tous les Arabes sans exception.

Une telle doctrine, assurément, est peu d'accord avec l'esprit général du péripatétisme. Mais ce n'est pas la seule fois qu'Aristote a introduit dans son système des fragments d'écoles plus anciennes, sans se mettre en peine de les concilier avec ses propres aperçus. Il est évident que toute cette théorie du voiïç est empruntée à Anaxagore. Aristote lui-même le cite (1. III, chap. iv, § 3) , et Simplicius nous a conservé un long fragment de ce philosophe , qui offre la plus complète analogie avec le passage du traité de l'Ame que nous essayons d'éclaircir4. Au VIIIe livre de la Physique5, la même théorie est donnée expressément comme d'Anaxagore.

Dans une thèse ingénieuse présentée à la Faculté des Lettres6, on a combattu l'interprétation d'Ibn-Roschd ,

1. "Eor/.s <iu-/9jç yivoç ^T£pov etvai, xa\ xouxo [j.6vov Ivôsysxai ywpi'ÇeaOai, xaOa-sp xb à'tSioV xou cpOapxou (De anima, 1. II, cap. n? g 9). — Cf. ibid., L II, cap. m, $1. — Metaph.j 1. XII, cap. m.

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