‹ Averroes et l'averroïsme: essai historiqueChapitre 64 sur 235 · Zimara, Solut. Conlrad., f · texte numérisé non relu

Zimara, Solut. Conlrad., f

4. Phys., VIII, comm. 85. — De Cœlo et Mundo, f. 125. — - Metaph., XII, 337, 341.

5. De Beatit. animœ, cap. v. — Destr. Destr., disp. XVI, f. 325 et sqq. — De Cœlo et Mundo , f. 127 v°. — IV, Phys. , f, 66 et sqq, — Epit. Metaph., tr. IV, f. 394.

Ainsi, un aperçu vague, indécis, sans connexion avec le reste de la doctrine péripatétique, est devenu entre les mains des Arabes une théorie des premiers principes de l'univers, bizarre, je l'avoue, mais ingénieusement liée dans toutes ses parties , et dont nous allons voir sortir, comme un cas particulier, toute leur psychologie.

La théorie d'Ibn-Roschd, sur les intelligences planétaires , n'est qu'un commentaire amplifié du XIIe livre de la Métaphysique ; sa théorie de l'intellect humain n'est, de même, que le IIIe livre du traité de l'Ame, interprété avec la subtilité, les rapprochements hasardés et le mélange de doctrines mystiques, qui caractérisent la philosophie arabe.

(( Il y a dans le fait de la connaissance deux éléments analogues à la matière et à la forme, c'est-à-clire un principe passif et un principe actif; en d'autres termes, il y a deux intellects : l'un, matériel ou passif (7ïaGy]Tixoç, sv ouva{/.si, àuvcrroç, âuva|/.svo;) ; l'autre, formel ou actif (wv bnù,zyj,ioL^ 7roi7)Tix.o<;): l'un, susceptible de devenir toutes les choses en les pensant ; l'autre , rendant les choses intelligibles. Ce qui agit est supérieur à ce qui souffre; donc l'intellect actif est supérieur à l'intellect en puissance. L'intellect actif est séparé, impassible et impérissable (^wpicToç, îtal âTuaGvjç, xal ajAiyyjç, tti oucta wv êvspyeia); l'intellect passif, au contraire, est périssable et ne peut se passer de l'intellect actif. Or, le véritable intellect, c'est l'intellect séparé, et celui-là seul est éternel et immortel l. »

1. De anima, 1. III, cap. v, § 1 . Édit. Trendelenburg (ïéna, 1833), p. 91. — Trad. Barthélémy Saint-Hilaire, p. 302, — ■ Waddington-Kastus, de la Psychologie d'Aristote, p. 212-213,

De cette doctrine , nous voyons déjà sortir une conséquence que le philosophe lui-même entrevoit et accepte. L'intellect en acte, dit-on , est antérieur à l'intellect en puissance. Et pourtant, dans l'individu, la puissance précède l'acte 1. Ce n'est donc pas dans l'individu qu'il faut chercher l'intellect actif, antérieur dans le temps à l'acte même de la pensée, « Ce n'est point lorsque tantôt elle pense, et tantôt ne pense pas; c'est seulement quand elle est séparée, que l'intelligence est vraiment ce qu'elle est2. » L'intellect actif est impersonnel , absolu , séparé des individus , participé par les individus. Un pas encore, et l'on devra dire que l'intellect est unique pour tous les hommes , et proclamer ce que Leibniz appelle le monopsychisme. C'est la thèse averroïste. Aristote ne s'est jamais exprimé clairement sur ce point; mais il faut avouer qu'Ibn-Roschd et les philosophes arabes, en lui prêtant cette doctrine, n'ont fait que tirer la conséquence immédiate de la théorie exposée au IIIe livre de l'Ame.

D'autres passages d'ailleurs confirment cette interprétation 3. L'intellect vient du dehors ; il est séparable du corps, éternel, impassible, divin4; il est dans l'âme une substance à part, indépendante, distincte de l'individu, comme l'éternel l'est du corruptible5. C'est en quelque

i . eH 81 xocxà 8uvakuuv ypovto -potepa h tw ivf , 8X10; 81 où "Xpovto (1. III, cap. v, § 2. Édit. Trend., p. 91). — Cf. Metaph., 1. XII, cap. ti, p. 246 et suiv. ; édit. Brandis.

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