De beatit. anïmœ, cap. m
2. Cicéron avait déjà entendu dans ce sens la pensée d'Aristote [Acad. Quœst., 1. I, cap. vn).
3. Et hoc est quod vocatur Spirîtus Sanctus {De beat, anim., f. 337). Appellatur in lege Angélus (Destr. Destr., pars ait., disp. I, f. 332). Ce sont là sans doute des gloses du traducteur.
planétaires, c'est-à-dire à la plus voisine de l'humanité1. Les Averroïstes se séparèrent, du reste, sur ce point de la doctrine de leur maître. Plusieurs même identifièrent l'intellect actif avec Dieu, quoique Ibn-Roschd ait formellement combattu cette opinion dans Alexandre 2. Un point au moins est hors de doute : c'est que l'intellect actif, commun à tout le genre humain, tel que l'entendait Ibn- Roschd , ne ressemble nullement à l'âme universelle de l'univers, que l'on trouve dans plusieurs écoles de l'antiquité, chez les Stoïciens par exemple. Si la personnalité de chaque homme est gravement compromise par le système arabe, l'individualité de l'esprit humain est plutôt exagérée que méconnue, puisqu'il est transformé en un principe élémentaire, complètement distinct des individus qui y participent.
Ainsi la philosophie d'Ibn-Roschd nous apparaît comme un système de naturalisme très-fortement lié dans toutes ses parties. L'univers est constitué par une hiérarchie de principes éternels, autonomes et primitifs, vaguement rattachés à une unité supérieure. L'un d'eux est la pensée qui se manifeste sans cesse sur quelque point de l'univers, et forme la conscience permanente de l'humanité 3. Cette immuable pensée ne connaît ni progrès ni retour. L?individu y participe à des degrés divers ; d'autant plus parfait, d'autant plus heureux que cette participation approche davantage de la plénitude.
1. Epit. Metaph., f. 397 v°, 398 (édit. 1560). — Cf. Zimara, Tabula et dilucidationes in dicta Arist. et Averr. (Venet., 1565), f. 75.