De anima, III, digressio il, f. 175 et sqq
4. Formae intellectuales sunt intellect» potentia ad differentiam sensus, quoniam sensus est sensus in actu, quia sensatum est sensatum in actu, et per hoc sensus esset nobilior quam iste intellectus qui est in potentia quodammodo.... Sed materialis intellectus quamvis sit totus in potentia, tamen nobilior est sensu, et causa hujus est quod intellectus est universalis , et universale est in potentia , et sensatum est particulare , et particulare est in actu (Traité inédit de la possibilité de l'union, ms. de Venise, f. 324- v°; Bibl. nat., anc. fonds, 6510, f. 291 verso).
Or, de même que dans la sensation l'agent extérieur, la lumière par exemple, est séparé du sujet, de même dans l'entendement l'intellect agent est séparé ou abstrait ; en sorte que la question de savoir si l'intellect peut communiquer avec les substances abstraites se réduit à savoir si l'exercice de l'intellect est possible1.
Aucune pbilosopbie n'a insisté aussi fortement que celle des Arabes sur l'existence objective de l'intellect, et n'a tiré avec une logique aussi imperturbable les conséquences de ce principe. Si l'intellect est hors de nous, où est-il ? Quel est cet être qui nous fait ce que nous sommes, qui concourt plus que nous-mêmes à nos actes intellectuels? Ni Aristoteni ses commentateurs n'ont répondu à ces questions, ou plutôt n'ont songé à se les poser. C'est avec le XIIe livre de la Métaphysique que les Arabes ont essayé de remplir cette lacune. Selon eux, l'intellect agent fait partie de cette hiérarchie de premiers principes qui président aux astres et transmettent l'action divine à l'univers 2.
Le premier est celui qui préside à la sphère la plus éloignée ; le dernier est celui de la sphère la plus rapprochée de nous. L'intellect actif vient ensuite3. Il faut avouer néanmoins que cet ordre hiérarchique n'est pas complètement d'accord avec la doctrine que l'on prête d'ordinaire à Averroès , et qui se trouve en effet exprimée dans V Abrégé de la Métaphysique , un de ses ouvrages les plus importants. D'après cette doctrine, l'intellect actif serait identique à la dernière des intelligences