Quel doit être son châtiment
XV- 36. Ahura-Mazda répondit : qu’il frappe 30 coups d’aiguillon (d’abord) et 30 de Çraoshocarana, ]a première fois qu’il s’approche d’elle, la première fois qu’il la connaît.
37-XVI. S’il s’approche d’elle une deuxième fois, s’il la connaît une deuxième fois, qu’il frappe 50 coups de l’aiguillon, 50 de Çraoshocanara.
38. S’il s’en approche une troisième fois, s’il la connaît une troisième fois, qu’il frappe 70 coups de l’aiguillon et 70 coups de Çraoshocanara (^).
XVII-39, Celui qui connaît (®) une femme qui a les signes, les marques de la menstruation et répand le sang.
40. Commet un crime aussi grand Q) que s’il brûlait le corps de son propre fils percé d’un fer (^) et répandait dans le feu un fiuide impur.
(') Le sens que nous attribuons à cette phrase nous semble justifié par le texte et nécessité par le contexte ; la traduction pelilvie s’y rapporte. Celle de Spiegel ne s'accorde guère avec les principes mazdéens.
(2) Un quatrième cas est prévu dans un passage qui ne se trouve qu’au Vendidâd-Sadé, mais qui est nécessaire pour expliquer le sens du § 39. Il s’agit des actes externes, la coitio exclue. En voici le sens littéral ; qui muîierem intrà vestes adit, intrà crures adit injecta semine.
(3) Semen injicit.
(*)’Litt. : ne fait rien de mieux que si, etc.
(®) Percé ou suspendu pour être brûlé ; tel est le sens probable que l’on trouverait facilement dans les termes de la traduction pehlvie, moyennant une légère correction. Comparez le pehlvi ahanktann, suspendre. (Spiegel traduit ; impur.)
VENDIDAD
XVIII-41. Méchants et possédés de la Druje (*) sont tous ceux qui ne respectent pas la loi Q ;
42. Ne la respectent pas tous ceux-là qui ne l’écoutent pas ;
43. Ne l’écoutent pas, tous ceux qui ne se conforment pas à ses prescriptions ;
44. Ne s’y conforment point, tous ceux dont le corps est pénétré d’impureté (^).
(*) Et non : tous les méchants sont des Drujes incarnées, etc.
(2) Aderetô tkaeshô est l’équivalent de Vanadritâ dharmâ de Manou II. 234. La glose pehlvie applique tout ceci exclusivement à l’autorité des Destours.
(®) Les tanwperethas ou peshotanus.
FARGARD XVII
1® CULPABILITÉ DE CELUI QUI SE COUPE LES ONGLES OU LES CHEVEUX SANS OBSERVER LES RÈGLES PRESCRITES, SUITES FUNESTES DE CETTE GRAVE FAUTE, §§ 1-9. — 2® PRESCRIP- TIONS RELATIVES A CES OPÉRATIONS, PRIÈRES A RÉCITER ; CONSÉQUENCE DE L’OMISSION DE LA DERNIÈRE PRIÈRE, §§ 10-29. — 3® SENTENCES, §§ 30-33.
Ce court chapitre le dispute en bizarrerie à ceux qui ont été signalés précédemment. La coupe des ongles et des cheveux est ici présentée comme un acte de la plus haute gravité ; les précautions imposées, les prières prescrites au Mazdéen qui procède à cette opération sont de telle importance que leur omission entraîne la perte des humains, la destruction des biens de la terre. L’oubli d’une prière transforme les rognures d’ongles en instruments de mort au service des dévas. Tout cela, du reste, comme on l’a vu dans l’introduction, découle directement des principes posés par les auteurs du Zoroastrisme. Tout ce qui sort du corps de l’homme est impur et appartient au monde d’Anro*-Mainyus, c’est-à-dire à ce monde d’hostilité {paityârem) fait pour détruire le monde du Dieu souverain et de l’homme, le monde du bien. Les ongles et les cheveux coupés souillent ce qu’ils touchent ; il faut les enterrer dans un lieu écarté et prononcer sur eux des prières conjuratoires qui les soustraient à l’influence des dévas. Ces idées, du reste, étaient répandues chez les Éraniens avant le Zoroastrisme, elles régnaient déjà à l’époque aryaque, car nous en retrouvons des applications dans les lois indiennes.
Les §§ 1-18 s’occupent des cheveux et des ongles; le reste du chapitre ne concerne que les ongles.
I- I. Zarathustra demanda à Ahiira-Mazda : Ahura-Mazda, esprit, très-saint, Créateur des êtres visibles, être pur !
2. Comment, par quel (acte cause de) mort, l’homme favorise-t-il le plus la puissance destructive des dévas (‘) ?