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Sinon, il ira dans le séjour des méchants

154. Dans des ténèbres ténébreuses, engendrées par les ténèbres (^)

(') Qu’il fassse venir pour le sacrifice; de là le pehvi : qu’il tue.

(2) Mot obscur. Le contexte indique que ce terme est le complément du verbe; il doit dériver de afçman, règle. On pourrait aussi traduire : en se conformant aux règles. L’explication de Justi (en récitant les chants liturgiques) est inadmissible; on ne saurait admettre une tournure semblable pour rendre l’idée de réciter. En outre, -lusti attribue aux laïques des fonctions que l’Atharvan seul pouvait exercer.

(*) Poutres ou planches.

(*) Les ténèbres primitives, éternelles.

FARGARD XIX

lo tentation de zoroastre §§ 1-35. — 2o enseignements d’ahura-mazda a ZOROASTRE. («) LOUANGES A LA CRÉATION ET AUX PRINCIPAUX GÉNIES, §§ 36-57. (6) USAGE DU BAREÇMA, §§ 58-66. (c) CÉRÉMONIES DE PURIFICATION, §§ 67-88. (d) SORT DE L’AME après la MORT, §§ 89-112. — 3° NOUVEAUX CHANTS DE LOUANGES ET FRAGMENTS DIVERS, §§ 113-139. — 4» CONSEIL TENU PAR LES DÉVAS, LEUR DÉFAITE.

Le XIX® fargard semble n’être qu’un recueil de fragments de divers livres d’époques différentes. On y trouverait difflcilement une pensée principale, un centre autour duquel tout pourrait se grouper ('). Peut-être cependant parviendrait-on à rattacher le tout à l’idée qui a inspiré le titre de l’ouvrage entier, l’expulsion des dévas, la ruine de leur puissance et à la conception de la mission de Zoroastre. Le désordre qui règne dans la disposition des sujets que traite ce chapitre, cette répétition des chants de louange (^), l’adjonction de quelques fragments sans aucun lieu entr’eux (^), tout cela prouve la rédaction tardive et l’origine multiple de ce fargard. Certaines parties semblent trèsanciennes en raison de la simplicité des pratiques et rites religieux qui y sont exposés ; tels sont les passages qui concernent le barecma ('‘jet le mode de purification (®). Ailleurs, la mention de certains principes inconnus à l’antique doctrine trahit la date récente de l’interpolation. Parmi ces principes on peut citer celui du temps infini (§33J et de la lumière éternelle. L’invention tardive du Fravashi attribué à Ahura-Mazda est démontrée par le texte même ; car Zoroastre, en répétant les paroles d’Ahura, s’abstient de citer ce génie ; ce qu’il n’eût eu garde de faire si Ahura-Mazda lui-même l’eût invité à lui adresser ses louanges, comme le dit notre texte aux §§ 46-48. Ce fargard a en général une couleur poétique ; le tableau de la tentation du réformateur et celui de la confusion des dévas ont un mérite littéraire incontestable. On a voulu rattacher la finale du XIX® fargard à son commencement, la déroute des dévas à leur

(1) Selon Spiegel, les questions de Zoroastre à Ahura-Mazda (36-112) seraient le résultat de la tentation qu’il vient de subir et auraient pour fin d’apprendre les moyens de se venger d’Anro-Mainyus, la fuite des dévas (fin du cliap.l serait déterminée par la crainte que leur inspirent les paroles d’Ahura- Mazda. Mais il n’y a pas trace de cela dans le texte. Ces demandes de Zoroastre ont le même caractère et sont exprimées de la même façon que les précédentes (comp. fargard X) et les dévas s’enfuient à la seule annonce de la naissance du réformateur.

(2) §§ 113 et s.

VENDIDAD

tentative de corruption. Mais cela n’est pas possible. Ce sont deux faits indépendants l’un a lieu à la naissance de Zoroastre, l’autre au commencement de sa prédication. Les paragraphes 113-139 qui les séparent ne sont qu’une collection de fragments indépendants qu’une main mal habile a réunis ici sans motif ni ordre. Ainsi disposé le texte est certainement d’une lecture plus agréable. Le chapitre XIX est un des plus importants de l’Avesta pour l’étude de la doctrine mazdéenne. Il nous apprend à connaître les deux principes ennemis, les deux créations opposées, le ciel et l’enfer mazdéens, la loi de Zoroastre, ses caractères essentiels et les cérémonies principales qu’elle a instituées, la mission de Zoroastre, les fondements de la morale mazdéenne, ainsi que sa sanction dans l’autre vie et d’autres points de moindre importance. Le passage qui concerne le jugement de l’àme et la rétribution, se distingue entre tous les autres. Malheureusement, ici comme en bien d’autres endroits, la tâche de la philologie n’est point encore achevée.

I- l. De la région du couchant, des contrées occidentales accourut Anro-Mainyus, auteur de nombreuses morts, le déva des dévas.

2. Il s’écria, lui l’auteur du mal, Anro-Mainyus le meurtrier :

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