‹ Avesta, livre sacré du zoroastrismeChapitre 83 sur 686 · Généalogie et descendance de Zoroastre, p. ccxxviii · texte numérisé non relu

Généalogie et descendance de Zoroastre, p. ccxxviii

16. Tableau estimatif des fautes contre la morale et des bonnes œuvres, selon le parsisme, p. ccxxvni.

17. Explications mythiques des croyances et pratiques avestiques; leur valeur. Chien, loutre. Gômêza. Division des animaux, pp. ccxxix-ccxxxi.

18. Calendrier avestique. Division de l’année (mois et saisons), des mois, du jour et de la nuit (gahs et veilles). Génies présidant à ces divisions. Conditions climatériques. Calendrier de la secte d’Edalji Dârâbji, pp. ccxxxi-ccxxxii.

19. Impuretés et purifications selon le Vendidâd. Causes principales des impuretés, pp. ccxxxilccxxxiii.

Bibliographie de l’Avesta et de la religion mazdéenne

I. Ouvrages antérieurs aux travaux de Burnouf. — IL Textes et commentaires. — III. Ouvrages grammaticaux et lexicologiques. — IV. Antiquités, religion, etc. — V. Ouvrages orientaux. — VI. Ouvrages en guzerati. — VIL Inscriptions pehlevies, pp. ccxxxiv-ccxLii.

Le Vendidàd est la partie la plus importante de l’Avesta ; c’est le livre qui nous fait connaître de la manière la plus étendue, la doctrine et la législation mazdéennes. Son nom indique son objet et sa fin ; Vendidàd est une forme corrompue de Yîdaeva data et signifie « loi pour écarter les dévas ; » ce titre répond parfaitement au but principal des institutions zoroastriennes. Yîdaeva n’est point le nom général de cette loi, elle porte plutôt celui de Daena-Çpenta, loi sainte. Mazdéisme est une expression moderne formée par imitation du mot mazdéen et signifiant culte de Mazda, religion des Mazdéens (Mazdayaçna).

Le Vendidàd est divisé en vingt-deux chapitres appelés farkards ou fargards, c’està-dire divisions (de frakeret, couper). Ces vingt-deux fargards peuvent être partagés en deux sections principales. La première (Chap. IV-XII, XV-XVIII, XX et XXI), traite des pratiques propres à éloigner les dévas; la seconde contient soit des légendes relatives à l’origine des choses (Chap. I, II, XIX, XXII), soit des prescriptions concernant l’agriculture et le soin des animaux utiles (Chap. Ill, XIII, XIV). Une réunion de sujets si disparates et disposés de telle sorte ne peut représenter l’œuvre première. Il est probable qu’après les orages de la conquête macédonienne, les Mazdéens auront réuni en un seul corps les débris épars de plusieurs de leurs livres sacrés et ainsi formé le Vendidàd que nous possédons. Ce qui le prouve mieux encore, c’est que ce même désordre règne à l’intérieur des chapitres; on y trouve, en effet, tantôt des lacunes considérables, tantôt des interpolations qui brisent le sens et même parfois une interversion complète des idées.

Le Vendidàd se distingue des autres li\Tes en ce qu’il procède d’un bout à l’autre par forme dialogique; il se compose d’entretiens entre Ahura-Mazda et Zoroastre. Ces entretiens ont dû être précédés par une AÛsion dans laquelle le Dieu se révéla à son prophète et l’institua apôtre de sa loi ; mais l’Avesta n’en a conservé aucun souvenir.

Les parties primitives du Vendidàd doivent être assez anciennes. On argumente, il est vrai, du mot Bâhhdhi (§ 22), forme adoucie de Baktra, pour soutenir que le D'' fargard date de l’époque ou la forme pleine avait été abandonnée. Il en résulterait qu’il aurait été composé aux derniers temps de l’ère ancienne. Cela peut être ; cependant la géographie de ce fargard semble prouver, qu’à l’époque de sa composition, les doctrines zoroastriennes n’avaient point encore pénétré en Perse. Quoiqu’il en soit de ce chapitre, certaines parties du Vendidàd peuvent remonter aux premiers temps du zoroastrisme. Ce qui n’implique point qu’il ait été écrit dès l’abord. Il est probable que cette doctrine s’est propagée de la même façon que le Boudhisme.

Ses fondateurs confièrent probablement leurs préceptes à la mémoire de leurs disciples et ceux-ci les consignèrent dans leurs livres lorsque le souvenir des ensei-

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gnements des maîtres commença à s’effacer ou que des doctrines dissidentes menacèrent d’en altérer la pureté. Le même fargard I, comparé au Yeslit de Mithra (X. 13, 14), peut servir à déterminer le lieu d’origine de l’Avesta. L’auteur de ce Yesht,reçu comme chant inspiré par toute la famille mazdéenne, vivait au milieu du quadrilatère formé par Qairizào, Merw, Hérat et les monts Paruetae ; et certainement il n’était point étranger au pays, car cette contrée est pour lui l’Arie par excellence, la l'erra desiderabilis. On peut donc considérer Moiiru, ou la Margiane comme le centre du zoroastrisme et comme le pays originaire de la langue de l’Avesta (').

Le Vendidâd dans son état présent est acéphale, la fin y fait également défaut, c’est donc un ouvrage incomplet.

Voici le tableau des sujets qui sont traités dans ce livre :

Chap. I. Créations terrestres d’Ahura-Mazda ; maux qu’y fait naître Ani’o-Mainyus.

Chap. II. Légende de Yima. — Développement de la création. — Déluge.

Chap. III. Actes et objets agréables à la terre. — Lieux et actes qui lui sont odieux.

Chap. IV. Des contrats et de leur violation. — Des voies de fait et de leur châtiment.

Chap. V-X. Impureté causée par le contact des cadavres. — Moyens de purification.

Chap. XI-XII. Prières efficaces pour l’expulsion des dévas. — Purification des demeures, après la mort d’un Mazdéen.

Chap. XIII-XIV. Soins à donner à certains animaux, pai'ticulièi’ement aux chiens. — Châtiments de ceux qui les maltraitent.

Chap. XV-XVI. Enumération de différents péchés et défauts.

Chap. XVII. De la coupe des ongles et des cheveux.

Chap. XVIII. Distinction entre les vrais et les faux Mazdéens. Episode de Çraosha. — Questions diverses adressées par Zoroastre à Ahura-Mazda.

Chap. XIX. Tentation de Zoroastre. — Invocations pi’opres à écarter les dévas. — Sort de l’âme après la mort. — Conseil des dévas à la naissance de Zoroastre.

Chap. XX-XXI. Thrita, père de la médecine. — Prières conjuratoires.

Chap. XXII. Ahura-Mazda voyant les maux dont Ani-o-Mainyus accable la tei*re, appelle Airyaman pour les guérir.

Ce court aperçu suffira pour donner une idée générale du livre de l’A vesta.

On trouvera à la fin du volume un tableau analytique des doctrines qui y sont exposées.

(1) Comparez l’Introduction générale, et la note de ces paragraphes au Yesht X.

FARGARD I

CRÉATIONS TERRESTRES d’AHURA-MAZDA. — OPPOSITIONS D’ANRO-MAINYUS.

Ce chapitre est complètement indépendant du reste du Vendidâd ; il appartenait primitivement, semble-t-il, à un autre Naska. Son but est certainement de poser les fondements du mazdéisme, les principes du dualisme et de la double création ; mais il n’est pas possible d’en déterminer ni l’objet ni latin immédiate. Le commencement qui nous en eût donné la clef s’est perdu avec la majeure partie de l’Avesta. Rhode ('), Lassen (^) et Bunsen (®) ont vu dans ce fargard un tableau des premières migrations de la race éranienne ; chaque création est à leurs yeux une étape dans la marche du peuple éranien depuis le berceau de la famille jusqu’au lieu de son établissement détinitif. Combattue par Kiepert par des arguments sérieux ('•), cette opinion a été reproduite plusieurs fois depuis, sans même en excepter cette interprétation des §§ 60-75, qui veut y voir l’indication de la route suivie par les tribus indiennes séparées de leurs frères de l’Éran. Mais rien dans le texte n’autorise cette explication. Pour la soutenir il faut séparer arbitrairement les paragraphes, rapporter les uns aux Éraniens, les autres aux Indiens et supposer une confusion commise par le dernier rédacteur. Enfin, le paragraphe 81 la dément indirectement, et prouve qu’il n’y a ici qu’une simple énumération d’endroits habités. Restreinte à l’ordre de fondation des villes éraniennes, cette opinion pourrait encore se soutenir ; mais il nous semble bien plus probable que l’auteur de ce fargard a voulu simplement établir les principes de sa doctrine, démontrer la sollicitude d’Ahura pour son peuple et exciter ce dernier à la haine d’Anro-Mainyus l’auteur de tous les maux, le déva homicide que la loi sainte est destinée à combattre. Tout en poursuivant ce but il nous donne la liste des contréesdanslesquelleslezoroastrisme s’était propagé à cette époque. Ces lieux excellents ne peuvent être que des pays zoroastriens ; tout autre ne pourrait être qualifié de la sorte par un Mazdéen. Quoiqu’il en soit, ce chapitre n’en est pas moins un document historique d’une haute valeur; il nous donne sur ces temps antiques les renseignements les plus précieux.

Les localités dont il est question sont situées dans les pays compris entre le Yaxartes, rindoukoush, l’Hindus et le désert de Tebbes ; c’est-à-dire dans la Bokharie, l’Est de la Médie, le Nord-Est de la Perse et les divers états de l’Afghanistan. La plupart

(h Op. cit. p. 69 et suiv.

(*) Indische Altherthümer , 1. 526.

O Op. cit. V. 2, p. 104 et suiv.

(*) Sitzungherichte d. Berlin. Akad. der Wissenschaften. Dec. 1856, p. 621 et »uiv. — Spiegel. Münch, Gelehrtt Anz. Avril 1859. N* 43-46.

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sont regardées par tous les interprètes comme des points géographiques réels. Quelques unes sont les objets de vives controverses. Certains auteurs les rangent également parmi les lieux existant ; d’autres convaincus par la savante étude de M. Bréal, les placent dans le domaine des mythes. L’Airyana Vaêja serait un doublet du Var de Yima, un lieu purement mythique, lieu d’abondance et de bonheur; le Varena serait le Far même et Vaekereta, le Fai pehlvi, l’atmosphère.

Tout cela est possible car l’Avesta mêle fréquemment le mythe à la réalité. Cependant l’auteur de ce chapitre a eu en vue, évidemment, des lieux qu’il croyait réels et les traite comme tels. L’interprète d’un livre doit chercher avant tout la pensée de l’auteur. Si celui-ci applique, par exemple, le nom de Vaekeretaà un endroit de la terre, peu importe la signification première de ce terme. D’ailleurs le qualificatif airyana (aryen) et le tirait distinctif de, l’endroit, la rigueur de l’hiver ne conviennent guère a un lieu mythique et céleste. Il ne suffît pas que Varena et le Var aient tous deux quatre côtés pour qu’ils soient une seule et même chose, et l’homonymie du Vai et de la pi’emière syllabe de Vaekereta est une base d’assimilation bien fragile. Par un procédé semblable les Pyrénées deviendraient des montagnes célestes, des nuages rougis par les feux du soleil. Qu’un lieu ait été rempli de merveilles par les faiseurs de légendes, cela ne prouve pas qu’il ait été fictif à l’origine. Rien d’étonnant que les Parses aient embelli de mille traits le berceau de leur race et qu’ils se le soient représenté comme un Éden; les légendes ne naissent pas toutes formées. Le Boundehesh place l’Airyana Vaêja à côté de l’Atropatène(V. LXX. 8.). Il y compte des montagnes et des fleuves. Pour l’auteur de ce livre, l’Airyana appartient donc au sol terrestre. On ne peut conséquemment se prononcer sûrement dans aucun sens ;il est donc mieux de s’en tenir au texte. On a voulu faire aussi de Varena l’équivalent du Varuna sanscrit, de l’Oùpavoç grec, c’està-dire le ciel même, mais cela ne se peut guère sans violer les lois de la linguistique. D’ailleurs il est évident que, dans la pensée de l’auteur, le Varena n’est pas le ciel. (Voy. Journal asiatique, février-mars 1878, p. 126 et s.)

Le commencement de ce fargard (1-5) est très-obscur. Tout porte à supposer une lacune et la perte des premiers versets ; car le motif de cette énumération de lieux n’est pas indiqué. On cherche en vain la question de Zoroastre qui l’a provoquée et qui en donnerait la raison d’être. Aussi, ne pouvons-nous admettre que ces cinq paragraphes aient été ajoutés après coup ; le quatrième est une glose explicative de la fin du deuxième. — Voici ce que doivent être la pensée fondamentale de ce passage et l’enchaînement des idées.

Ahura-Mazda a créé le premier, ce qu’il a créé était bon. Il a créé d’abord la terre habitée et spécialement un lieu de délices qu’il a comblé- de tous les biens, dont il a éloigné tous les maux. Au reste de la terre il a donné aussi des charmes afin que les êtres animés ne l’abandonnassent point et n’envahissent point l’Airyàna- Vaêja, la terre bénie. — Anro-Mainyus, l’adversaire par nature de l’esprit de sainteté, a créé aussi après lui ; mais il n’a produit que des maux, car son but unique était de détruire les œuvres de son rival; à lui est dûe l’invention de tous les crimes.

Ainsi Ahura créa d’abord la terre, puis il façonna successivement divers endroits privilégiés, pour la propagation de son culte et la satisfaction des besoins temporels de son peuple. Ces deux ordres de production sont nettement distingués par les termes

FARQARD I.

mêmes du texte. Le premier dadhâ, signifie réellement créer, constituer l’être d’une chose (§ 2) ; le second n’éxprime qu’une idée de formation, de séparation, d’individualisation. Le mot qui désigne les opérations d’Anro-Mainyus fait encore mieux ressortir ces dernières idées.

Ce fargard suffirait à démontrer que la théorie du verbe créateur, attribuée à Zoroastre, est de pure invention ; mais on en trouvera plus loin la preuve directe. On verra dans l’introduction du Yaç. XIX ce qu’est réellement le Honover.

Outre cette obscurité du sens général des premiers paragraphes, ce passage présente encore de nombreuses difficultés de détails. Nous les avons groupées ici pour éviter de surcharger le texte de notes interi>rétatives.

A) Les derniers mots du § 2 ont été interprétés de manières très-différentes. Justi et Spiegel, s’appuyant sur une glose pehlvie, y voient l’expression de l’amour de la patrie, qui fait aimer le lieu le plus désolé. Justi traduit : J’ai fait une création d’agrément d’un lieu qui était sans plaisir aucun. Pour cela il faut forcer la construction et changer feci locum amœnum nulLo gnudiœ prœdilum en fe'ci amænum locum nullo, etc. Dadhâ, d’ailleurs, ne s’emploie pas de cette manière. Spiegel s’appuie sur des sousentendus que rien n’autorise ; « nulle i>art ailleurs, » dit-il. Or, le texte ne contient rien de semblable et la version dit simplement : il n’y est point donné le repos, le bonheur. On ne peut d’ailleurs ajouter foi à cette glose pas plus qu’à la première du § 4 rejetée avec raison par Spiegel où à la seconde du même paragraphe qui est encore moins sensée. Si nôit hudat, correspond au sanscrit ahutô, il faut traduire simplement : « J’ai créé le lieu plein d’agrément sans aucune joie; » ce qui est impossible. Je prends hudat en sens indéfini = quâcunque ex parle. L’Avesta ne fournit d’exemple ni pour, ni contre cette traduction mais elle est indiquée par le § 4 qui forme une glose des termes en question et la reproduit avec variante ; or celle-ci nie simplement la perfection de l’agrément, de la joie. Quant aux sens des mots, comp. Inscr. de Persépolis N. R. Auramazda siyaiim adâ niartiyahijâ. =■ A. M. gaudium creavit homini. Haug rend shâltim par habitée. Peut-être est-ce là le vrai sens. Il n’est pas traditionnel, il est vrai, mais la tradition se trompe bien souvent ; tout le monde l’avoue. On pourrait rapprocher shâitya de hshâ (zend shâ) habitation. Ce sens est le seul qui ne présente aucun vice d’interprétation.

B) § 4. Fut la première, etc. Il est impossible de dire avec certitude à quels mots se réfèrent ces nombres ordinaux. La glose pehlvie rapporte la seconde à ce qui suit, à la création hostile d’Anro-Mainyus ; elle semble du reste avoir en vue une autre leçon ; il serait même difficile de déterminer quel texte elle a en vue. Voici comment nous croyons devoir expliquer cette glose : la première désigne la création dont parle le §2; la seconde désigne l’œuvre d’hostilité d’Anro-Mainyus. Il y a eu deux ordres de création, la création primitive, fondamentale (celle de la substance des êtres) et la création postérieure, l’arrangement définitif, la constitution dernière des êtres individuels. C’est de cette seconde création seule qu’il est question dans ce fargard ; c’est à celle-ci (lu’appartiennent les lieux, l’espace et les contrées habitées que ce fargard énumère et qui forment l’œuvre indiquée comme la première. — Faut-il admettre cette

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explication, faut-il voii' dans ces termes la désignation des deux ordres de production mentionnées dans les Glatlias et dont l’une est le type divin de l’autre ou bien l’indication abrégée de toute la série des créations semblables à la première? Il serait bien difficile de répondre avec certitude.

La traduction littérale est : «— Le lieu de nature agréable, mais non le plus agréable par sa force, sa puissance. — Le premier, le second. — Mais (était) adversaire à celuici... »En réalité ce sont là trois bouts de phrases indépendants cités par la version pehlvie comme commencement d’un texte apporté en preuve. Il n’y a donc pas lieu de chercher une liaison entre ces termes.

C) Homicide (masliimarâva). Nous avons suivi en partie la conjecture ingénieuse de Spiegel. Rien n’est moins sûr cependant que la signification donnée à ce dernier mot. M. Darmesteter lit ashmarâva, très-meurtrier, ce qui revient au même. La seule chose certaine est que ce paragraphe annonce une création opposée, hostile par essence à celle du § 2 (Cp. XIX. 114). La version pehlvie suit encore ici un texte différent du nôtre. Le traducteur guzerate a pris rava pour un mot provenant de ru, sru, couler et shâllian pour le mot pehlvi, sliatan ville. On ne sait pas à quel propos la glose suppose qu’il pourrait ici être question du fleuve Hetumat. Tout annonce un texte altéré. Il faudrait lire Hœtumat au lieu de liaiti.

D) Fluvial. Le mot zend semble indiquer un rapport avec un fleuve. Peut-être s’agitil des inondations d’un torrent ou d’un fleuve. D’autres traduisent : grand. Mais le terme pehlvi MM, sur lequel on s’appuie, ne peut être une apposition. Comme ses correspondants (chaldéen MMd, pàrsi vas) il signifie heaucoup, très, mais pas grand et le mot zend prit dans ce sens pourrait difficilement s’appliquer à un serpent. Enfin le mot pehlvi correspondant est rôtih won rôdhik ; et c’est ce dernier mot qui signifie grand, élevé. Certains savants introduiront ici, sans doute, le serpent de l’orage mais sans pouvoir apporter des preuves. Il n’y a point ici d’analogie et la concomitance de l’hiver prouve tout autre chose ; l’hiver n’est point la saison des orages. On pourrait peut-être établir un rapprochement entre ce trait et le commencement de la Genèse. Là, comme ici, on voit un serpent cause des premiers maux de l’homme. Peut-être est-ce le dieu des Touraniens.

E) Les noms propres dont il est fait mention dans ce chapitre ne sont pas tous également connus ; il en a été question dans l’introduction ; nous pouvons y renvoyer nos lecteurs.

Enfin les noms des localités, citées dans ces premières pages de l’Avesta et les mots désignant les maux créés par Anro-Mainyus, sont également l’objet de vives controverses. Nous en signalerons dans les notes les points importants.

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