RAISIN ET, JEAN GIGOT
JEAN GIGOT, donne.
Elle ui’a uul reçu, mais elle a bien reçu mon ombrelle et mon parapluie... J'ai fait une boulette! Vous n'avez donc pas parlé pour moi. mon cher Raisinet?
RAISINET
Si fait!
JEAN GICOT.
Alors, c’est un caprice.
SAISIS ET
Ah çà! vous tenez donc bien à vous marier?
JEAN GIGOT
Si j’y liens! Oui sacrebleu! j’> tiens,.. Je sui» bon enfant! tout rond, j’ai pignon ?ur rue, des terres au soleil, eh bien! malgré tout ca il inc manque une chose.
SAISIS ET
Je comprends... une femme, des enfants...
JEAN GIGOT
Allons donc ! ce qui me manque, je puis vous le dire à vous... le plus grand pntinier du quartier... ce qui nie manque... c’est «le l'honneur ! c’est dk la considération. . j'en ai soif de considération! Ah! la considération !... la considération !
SAI9INET.
Mais je ne vois pas quel rapport il y a entre votre* mariage et la considération.
JEAN GIGOT
Enfant! Vous ne voyez donc [<as que si je me marie avec una jeune fille qui ne m'apporte que s»-* douce* prunelles on d«ra .
. Eh ! mais, c’est très-bien de la part de Gigot ! il a le sac. et il « enrichit une pauvre famille en s’.dlmul a * Ile- ! Bravo! Gigot.
. Il est généreux... il fait bien les choses. . » cl ça me pose... cc •inc je demande, c’csl de me po*er... ça me donne <lu chic!..,
• lu relief ’... de la considération!... Oh ! la considération !...
Mais comment avez-vous amassé une si grosse fortune ? ce n’est pas en vendant des parapluies.
JEAN GIGOT
Le parapluie, c’est l’accessoire; le priuripal, c’est les al Ta ires.
RAISINET
Quelle* affaires?
JEAN GIGOT
Eb! parbleu! les affaires... c’est tes intérêts de» autre»; l’argent, c’est la poche d'autrui. La grande question, c’est de tirer de cette poche le plus d’amnt qu’ou peut sans y fourrer la main; toute la malice est là-dedans !
RAISINET
Mai» ce n’est jhis neuf ça?...
JEAN GIGOT
Je ne dis |»a* que ce soit neuf, mais c’est comme ça... Je suis bon enfant, moi. .. tout rond.... je veux faire votre fortune.... avez-vous besoin d’argent?...
raisinet.
Non... merci... j’ai ce qu’il me faut... d’ailleurs... j’ai trouvé une place...
JEAN GIGOT
Laquelle?
RAISINE!.
J’ai vu hier un de mes amis. . qui demeure a- côté de Ja galette du boulevard Bonne-Nouvelle, et qui m’a fait part d’une invention...
Voyous cela!
RAISINET
Voilà caque c’osl!... d’abord il suppose que tous le» liounus sont bons, qu’ils ne se feront plus U guerre. (C'est absurde, mais I c’est comme ça.) Et que dans ce os-là, U couse ri pii ou militaire ( devii ndia inutile. Alors on établira la loiiMg-iption civile...
JEAN GIGOT
Qu’eat-ee que i;i |ieutètre, la conscription civile?
RAISINET
Je nui sais rien, je n'y ai rien corn pria F tuais je va»» vous
l'expliquer. Nous imaginons un bonhomme majeur qui est riche et qui ne vent pas travailler.
JEAN GIGOT
Très-bien.
RAISINBT.
Alors le gouvernement vient le trouver et lui tient à peu près ce langage : Vous êtes riche? — Oui... — Vous ne voulez rien faire? — Non... — Eh bien, vous allez prendre un remplaçant... qui fera de l'ouvrage pour vous.
Oh ! celte idée !
EAUMNKT.
Mais comme tout le monde travaillera , où trouvera-t-on un travailleur pour faire le travail de celui q li ne voudra pa* travailler?
JEAN GIGOT
Tiens ! c'est vrai ça !
1AIMNET.
Or, j'ai fait ce raisonnement : je suis f.<i néant, mol... je ferai Poutrage du paresseux et comme il ne faisait rien... il sc trouvera nue je ne ferai rien non plus... . voilà la plarc que j'ai trouver.
JEAN GIGOT
Eh bien! mon garçon, si vous n’avez que cette idée-là pour vous enrichir, je vous conseille de vous en défaire... et j’en reviens à ce que je vous disais... je suis ro id, bon enfant .. avezvous besoin d’argent?