‹ Aviation ou Navigation aerienneChapitre 16 sur 36 · RECETTES · texte numérisé non relu

RECETTES

Intérêts de toutes les sommes qui ne seront pas dépensées dès l’origine , ec qui donnera lieu à des rentrées considérables , attendu la destination des fonds alloués aux chapitres III, VII, VIII et IX.

Abonnements au bulletin mensuel et aux autres publications de la compagnie.

Prix d’entrée au musée aéronaval.

Vonle des livrets , jouets et petits modèles démoDslratifs.

Prix d’entrée aux spectacles et séances expérimentales publiques.

Donations, subventions et allocations quelconqués.

OBSERVATIONS Lcs jouets luécaniqucs on non mécaniques qu'il est possible de fabriquer d’après les principes de l'hélicoptère ou de l’ortboptère combinés avec le cerf-volant et divers agents élastiques ou gazeux , sont sans nombre. On n’a pas su, pu on voulu fabriquer les plus amusants. La Compagnie saura et pourra dès qu’elle voudra.

Les spectacles d'aviation et d'aérostation très-divertissants, très-curieux, parfois comiques, plus ou moins démonstratifs , mais lucratifs à coup sûr, sont nombreux , variés et nouveaux. 11 m'est impossible de les indiquer ici, même en termes vagues , et de les livrer à une publicité prématurée , car je les donnerais ainsi gratuitement à des entrepreneurs de fêtes , au lieu de les conserver à la société aéronavale comme une ressource si fructueuse qu'elle doit , selon moi , suffire à famorlissement du capital souscrit

^Un amortissement est donc exceptionnellement possible; car il ne faut pas oublier, qn’nn capital d'essai est une somme qu’on risque à fonds perdu contre la chance de la doubler, tripler oe^ébnpler en cas de réussite , — tout versement devufif représenter dans le capital* d’exploitation , une somme d’actions suffisante pour rémunérer et compenseravec avantage le risque couru dans l’origine de l'entreprise.

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g lll. — Dcaxièmo hypothèM.

[Un million et cinq ans).

Procéder avec la plus stricte économie.

Réduire les frais d’administration à . 20,000 fr.

Viser aux recettes par le maintien du chapitre V, puWicifrf, réduit à . . . . 20,000 fr.

Et du chapitre VI , vulgarisation . . 20,000

Dépense annuelle fixe 60,000

En cinq ans 300,000

Maintenir le chapitre IV, expériences:

expériences en petit qui seraient prudemment échelonnées de manière à s’avancer par degrés vers les expériences en grand ; en cinq ans 300,000 fr.

Maintenir le chapitre IX, grand concours en son entier et primitivement avec ses chiffres, forcément réduits d’année en année.

Avec une bonne et persévérante administration , il est très-prohable que le but serait atteint avant l’expiration des cinq ans , et que la compagnie aurait «ncore les ressources nécessaires pour exploiter en tout en faisant appel au capital pour la fondation de la compagnie définitive.

Mais l’évidente impossibilité d’appliquer largement les idées pratiques qui servent de base aux chapitres II et III , fabrication et primes aux constructeurs , donne lieu à un risque d’insuccès qu'il ne faut point SC dissimuler.

g n. — Trolalème bypothèM.

[Cent mille francs).

Avec ce faible capital , on doit exclusivement viser aux recettes , (comme le fait Nadar au moyen de son ballon-monstre) pour en appliquer le produit à des expériences en petit, sagement échelonnées.

Un trait de génie et un acte de générosité de la part d’un de ces fous qu’en appelle inventeurs, — cela aidant , on court encore la chance de réussir.

Mais on n’aura pas d'administration; — de là , les désordres et tiraillements qui ruinent les petites associations sans comités ni conseils , sans statuts, allant à l’aveuglette, du gaspillage à l'incurie, des sottises de l’amour propre aux découragements de la paresse.

D’autre part, on n’existera pas sur des bases assez fermes pour pouvoir attendre , tout ep exploitant soi-même, le capital définitif. On sera.p^ par famine. L’on réalisera le sic vos non robis.

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Avec ma manière de voir à moi apôtre , à moi tirailleur, — je tenterais l’affaire, néanmoins, — bien sûr que je serais de faire faire à la question un pas utile ; — mais je craindrais fort qu’il ne nous restât à mes associés quelconques et à moi que les yeux pour voir , sinon pour pleurer.

8 V. — Qal n’est plue nne bypotbèee.

Au-dessous de cent mille francs , sauf hasard plus qu’invraisemblable , on ne peut guère faire mieux que ce qui a été fait par M. de Ponton d’Âmécourt et moi , secondés par la publicité de Nadar à qui nous devons le puissant appui de M. Babinet , — on ne peut faire mieux que des hélicoptères s’enlevant , s’allégeant, voletant, soit au moyen de ressorts, soit au moyen d’une petite machine à haute pression comme celle que propose M Babinet, — on ne peut faire mieux, dis-je, qu'une démonstration du principe et un legs à la Postérité.

« Povreté empesche les bons espritz de parvenir , » — disait à trop bon droit le sage, vaillant et persévérant Bernard Palissy, inventeur moins infortuné que beaucoup d’autres, puisque, malgré povreté, il ne périt point en chemin et finalement, par une exception à sa propre devise , parvint à son but qu’il dépassa même de beaucoup.

Povreté n’en est pas moins le grand obstacle et surtout le grand retard. Pourquoi au XIII* siècle Roger Bacon , pauvre moine franciscain , se bornat-il à décrire, sans l’expérimenter, une machine volante ? Pourquoi , de 1768 à 1798 , Paucton ne fit-il point , que nous sachions , l'essai de son char à ptérophores ? Pourquoi , avant l’invasion des aérostats , Blanchard ne donna-t-il point à ses études expérimentales tout le développement qu’elles comportaient? Pourquoi, dès 1832, Sauvage , loin d’appliquer l'hélice aérienne , ne parvint-il même point à donner à la France l’hélice navale , qu’Ericsson ne nous apporta qu’en 1843 ? Pourquoi n’en sommesnous encore qu’à des hélicoptères démonstratifs, susceptibles des plus grands perfectionnements et à des essais d'allégement qui pourraient très-aisément être de beaucoup supérieurs ?

Parce que Povreté entrave la marche des grandes opérations du génie humain.

Certes , les bons espritz qui vous disent : C’est possible, et qui vous le prouvent, ne manquent pas ! Certes , les bons espritz qui reconnaissent tes utilités évidentes de 1 Aviation sont en nombre imposant. Mai.s Povreté, la misérable , est là barrant le passage à tous ces bons espritz pour les empêcher de parvenir.

C’est surtout pour bien démontrer cela que j’ai entrepris le présent ouvrage qui devait n’être d’abord

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qu’une courte brochure ; mais, sur le métier , il prit des propor lions que je n’essayai même point de réduire, tant la question me paraissait digne de développements. L’accroissement des matières retarda l’impression, et ce retard me donna le loisir d’ajouter sur épreuves d’importants passages, causes de nouveaux retards dont j’ai fini par me réjouir.

' J’ai pu, remontant aux sources, citer textuellement ce que je n’indiquais d’abord que de mémoire ; j’ai pu revoir et corriger l’improvisation fébrile de trois semaines d’insomnie , et en même temps tenir compte des publications ou des incidents qui se produisaient au jour le jour.

Dans ce livre, dont l’objet principal est un double appel aux capitaux et aux talents que je voudrais voir se grouper autour d'une administration riche , puissante , active , et parfaitement organisée selon toutes les formes prescrites par les lois, — j’ai, en outre, revendiqué avec une certaine opiniâtreté ma part d'initiative. Ce n’a point été par un vain sentiment d’amour-propre, mais pour rendre compte de l’emploi de mon temps et de mon travail , alors que j’avais presqu’eniièrement disparu du champ de la littérature. Or, .s’il est au monde un intérêt sacré, c’est celui de l’ouvrier qui se justifie contre le reproche de paresse.

Si j’ai défendu comme chose mienne le .système de M. de Ponton ü’Amécourt, dont j’ai été durant trois

années le principal collaborateur, et spécialement nos hélicoptères qui , — en faveur de tous les systèmes, — prouvent la possibilité, — auparavant contestée , — de s’enlever automatiquement , c’est-àdire en emportant le mobile avec sa force motrice ; — si j’ai plaidé notre cause partielle , ce n'a pas été sans réserver en termes très-formels les droits légitimes de tous les inventeurs concurrents et sans signaler avec une sincérité empressée tous ceux’’de nos devanciers ou de nos émules dont j’ai eu connaissance.

Après avoir hautement déclaré que, dès le principe, Nadar m’avait annoncé qu’il songeait à l'automotion aérienne par l’emploi de l’hélice, et qu’il projetait tout ce qu’il vient d’accomplir, je me suis attaché à proclamer l’importance des services rendus par son zèle extraordinaire à la question devenue, grâce à lui, l’une des premières de notre époque.

J’ai salué en MM. Uabinet , Barrai et Emmanuel Liais des pères et des parrains dont la science est appelée à faire pour la réalisation de l’œuvre , ce que fait Nadar sur le terrain de l’action.

A la dernière heure , au moment où allait paraître la première édition de ce livre, je fus heureux de pouvoir joindre à ce groupe illustre M. Séguin qui a donné sa haute approbation à l’ouvrage de M. de Ponton d’Amécourt et M. Le Sire Fruger l’un de nos plus hardis' prédécesseurs.

Depuis , le savant baron Séguier s’est également prononcé en faveur de nés travail \.

J’ai rendu grâces à M. de Girardin d’abord , et ensuite à tous les publicistes qui l’ont imité, de leur hospitalier appui accordé à la manifestation d’une idée dont le succès est impossible sans leur incessant concours.

Si j’ai commis quelque omission, elle est involontaire.

Si j’ai commis quelque erreur d’appréciation, ce n’est point à coup sûr faute de bonne foi.

Et maintenant, terminant ce livre comme je l’ai commencé, je ferai un dernier appel à tous les hommes de foi et d’action, pour qu’ils viennent en aide à l’idée vis-à-vis du Capital.

La navigation aérienne, vous a clairement dit M. Babinet, est une question d’argent.

Une foule de savants théoriciens ou praticiens, dont je n’ai pu citer qu’un très petit nombre, partagent hautement cette opinion.

Il suffît de vouloir pour pourcir, ajoute M. de Ponton d’Amécourt. ‘ — Hélas ! je n’ai jamais vu qu’il suffit de vouloir de l’argent pour pouvoir s’en procurer. — Or, ici, avec la plus ferme, la plus opiniâtre des volontés , on ne peut rien de décisif sans

* La conquête de l'air par l’hélice, p. 36.

des sommes coQsidérabIcs en elles-mêmes, si minimes qu’elles soient vis-à-vis des résultats à obtenir.

Aussi faudrait-il que, dans la haute liiiance, il se trouvât des hommes aussi fermement convaincus que je le suis, — que l’un d’eux voulût affronter la re.sponsabilité de l’omission de vingt mille (ou mieux de vingt mille cinq cents) actions de cent francs pour la constitution du capital d’essai de deux millions , quitte de tous frais préalables de publicité, etc., — et que le public voulût répondre à cet appel de fonds.

Après CCS deux vouloirs, — et moyennant une sage administration, — on fourrait, oui, l’on fourrait à coup sûr.

Vous qui avez lu ce livre où surabondent les preuves iï utilité et de fossibiliié, si vous connaissez d’éminents financiers susceptibles de vouloir, allez, décidez-les; et vous partagerez avec eux la gloire d’être Yauteur de la navigation aérienne, — car vous aurez transformé en fait pratique le projet, encore impraticable à l’heure où j’écris, des divers inventeurs pour qui, — sans moyens efficaces, — vouloir n’est point et risque fort de ne jamais être fouvoir.

J’ai dit, j’ai tout dit;

Et j'ai la conscience d’avoir rempli, dans la mesure trop peu étendue de mes forces, mon rôle d’apôtre de l'Aviation jusqu’au moment où je donne, pour cette deuxième édition, le bon à tirer de la présente feuille.

Paris, le 15 décembre 1863.

NOTES

A. — (fine à robligoancfi de M. Francisque Michel , auteur (les fLcnssah en France) Olivier de Malniesbury , p. i7. . — Vers 1065. — U Iste Oliverus (monachus Malmesburicnsi.«) lilteris tune extitil iinbnlus, ævo maturus , sed innianem audaciaiu prima juvcnlnte conatus, nam pennas luanibus et peclibns nescio qua ncxiierat arte ut Dedalino more volarel, fabulara pro vero amplexatus, collectaque e summo turris aura spacio stadii et plus voiavit ; sed venli et lurbinis mole violentiaquc ac forte temerarii facli con • •scieiUia trcmulus decidit, cruribussuisperpetuo debilitatis." lien . de Knyghton , canonicus Leycestrensis, de Eventibus Angiiæ, lib. 1 , cap. .\V,apud Roger. Twysden, Historiée ArKjHcauœ Scrijilores X, tom. II, col. 2338, lig. 7.

B. — Force musculaire de l'homme , p. 31.

L'un des savants les plus estimés du XVII' siècle, « Bo- <1 relli, médecin Napolitain, dans son livre de motu anima- • liiim , soutint , anatomiquement , que les mouvements n complexes, nécessités par le saut,^ par la course, attesn lent dans l’homme assez de puissance muscnlaire pour « qu'il puisse s'élever comme les oiseaux. » — Ainsi s’exprime Gérard de Nerval dans son Introduction à l’Histoire de la luiomolion aérienne, par M. Julien Turgan ; ce qui semble être en contradiction avec l'opinion : « Qu’il n’était pasdonné ù l’homme le pouvoir de s’élever dans les airs, « extraite du même ouvrage de motu animalium, par M. Marey-Monge qui dit à ce sujet : « Il s’est rencontré, en 1783 , un Mongolfler ■I pour ruiner cette assertion ; il pourrait bien surgir un

NOTES

» autre Mongoifler pour démentir ceux qui nient ia possl- • bilité de la navigation aérienne. »

S'il est mathématiquement vrai que, pendant un instant très-court , la force de l'homme puisse suffire , — il n'est pas moins certain que, sans le secours d'une machine auxiliaire multipliant sa puissance , elle est insuffisante pour un trajet de quelque durée.

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