L. — Faire et manifester p. 96 et
Les réclamations d’antériorité ne discontinuent point , —
c'est une averse, ai-je dit. — M Jean Minoto écrit de Turin qu'une double vis ascensionnelle fut proposée à .Milan par M. Sarti, au commencement de ce siècle, sous le nom à'aeroveliero. Cette double vis serait devenue un jouet d'enfant d’après M. Minoto qui, d’ailleurs, ne croit pas à la possibilité de s’élever dans l'air sans ballons , s’occupe de la (tireiione deyli aerostali , et n’en réclame pas moins en faveur de son compatriote — Voilà pour l’ilalie.
L’Espagne ligure à la note F ci-dessus sous les noms d'Orujo et de Dombort.
M. Henry Brigbt représente l’Angleterre.
Peu de jours après l'apparition de la première édition de cet ouvrage, M. Lucien Serres qui , lui aussi , avait songé depuis longtemps à la double hélice d’asr^ension , vint me faire rccUner les mots IJriUsh Muncum que, d'après une certaine rumeur, j'employais p. 96 . — C’est au Patent Muséum que se trouve sous verrine , non pasi un hélicoptère semblable aux nôtres , muni d’un ressort , et donnant l’exemple du mouvement antomoteur, — mais un projet en relief de
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NOTES
parachute perfectionné réellement pourvu de la double hélice.
M- Bright a placé l’inscription suivante auprès de son appareil en petit :
a The patentée will be happijto reeeive a communication from " any Gentleman wishing to join him in ccrrijing ont his inven- « lion, addiessed to M. Henry Bright, Sandwich Street, Burton » Crescent, London.
» Patent, N° 2330, 8l>er 12 H» 1859.
En d’autres termes : u On demande un bailleur de fonds pour l’exploitation du brevet N“ 233o. »
M. Serres fut vivement contrarié de voir exécutée la double helice dont il croyait être le seul inventeur; sa déception s’accrut à la nouvelle de nos essais d’hélicoptères , car cette fois la rencontre d'idées était complète. M. Bright n’avait d'autres desseins que de faciliter la descente de l’aéronaute abandonnant son ballon, comme l'atteste une lettre qu'il a adressée de Londres à Nadar lui même; M. d'Amécourt, an contraire, venait d'imaginer un appareil automoteur,
« Alors , m’écrit M. Lucien Serres (en date du 29 novem- » bre 1863), je communiquai aux personnes que j’avais » entretenues de mes idées de navigation aérienne, mes » dessins , mes notes , tenus jusque-là dans le plus grand « secret, attendant le moment favorable pour y consacrer » temps et argent.
» Aujourd’hui, je réponds au loyal appel de votre livre » et je viens vers vous avec le désir de voir progresser une » idée qui est rhienne, tout en étant à d’autres, et en laquelle » j’ai une telle foi que je ne craindrai pas d’afGrmer qu’un " homme, par sa seule force, peut s'élever dans les airs, » s'y maintenir et s’y diriger pendant un temps nécessaire- * ment très-limité par sa force même.
B Si j’en juge d’après les petits modèles que j’ai vus , l’on » serait loin du point auquel je suis arrivé. Je suis me basé « sur l’observation des phénomènes de la nature, et nous
NOTES
« n’avons qu’à coordonner les éléments divers des exemples « placés sous nos yeux pour atteindre le but que nous nous » proposons. "
M. Lucien Serres , que je suis heureux de féliciter et de remercier de ses excellentes intentions , n'est point seul de son avis.
Sans remonter à Boger Bacon et à Paneton , sans citer les opinions trop vagues encore de deux mécaniciens trèsdistingués et d'un éminent physicien qui m’ont entretenu de cette même pensée que la force d'un seul homme convenablement appliquée à l’hélice serait suffisante , je puis et je dois constater que tel est l'avis de M. de Louvrié , savant théoricien, habile calculateur, constructeur des plus compétents et inventeur d’un aéroscapbe très-différent de tous ceux dont, jusqu'ici , j’ai eu la connaissance plus ou moins incomplète,
Au-dessous d’un vaste plan , — cerf-volant parachute , — adhère une nacelle rattachée , à son centre , par une tige inflexible et , à ses côtés , par un système de liens manœuvrables. — Le cerf-volant parachute, lorsque ces liens cessent d’étre tendus, s’abaisse comme une tente autour de la nacelle , disposition utile après la prise de terre.
Tous les fils du gréement étant raidis, le parachute forme une surface carrée Immobile. Pour l’ascension qui a lieu , selon l’oblique, et en présentant le bout au vent , un seul organe actif est nécessaire : c’est une hélice de traction qui , à défaut de la machine destinée à la faire agir, pourrait comme preuve expérimentale , être mue par l’aviateur. Elle agit à l’extrémité antérieure de l’appareil et l'oblige à monter ainsi qu’un cerf-volant, par le fait du plan parachute .sensiblement incliné au moment du départ en vertu de l’exhaussement de la partie avant de la nacelle adhérente, laquelle pose , non à plat , mais sur des roues qui donnent à l’ensemble l’obliquité convenable. Un gouvernail vertical établi à l’arrière de l’avicule imprime la direction, de sorte que l’aéronaute puisse, au besoin , s’élever par la spirale à
NOTES. 851
» de gravilé. A pari celte exception elle diminue » comme l'angle qui mesure l’inclinaison.
» Ainsi, UNE SURFACE EN MOUVEMENT fournil UH B point d’appui certain dont la solidité croit comme «) le carré de la vitesse, pourvu , bien entendu , que » la surface et le mouvement ne soient pas pa- » rallèles.
« Ces faits établis par rexpêrience 'étant posés , » voyons par quelle combinaison le vol de l’bomme, » au moyen de sa seule force , deviendrait pos- B sible.
» La pesanteur agit sur tous les corps avec la même » intensité , mais ses effets sont differents. Quand » on oppose à un mobile un plan horizontal inflexible; B sonaction est détruite ; quand on lui oppose un plan B incliné , sa force est décomposée ; quand on dis- B pose son action sur des masses inertes , comme B dans la machine d’Alwood, comme dans les pla- B teaux à peu près équilibrés d'une balance , sa B vitesse se ralentit; elle se ralentit aussi lorsqu’on B lui oppose la résistance de l’air, comme l’attestent B la chute des corps graves en dehors du vide , la B descente en parachute, etc., etc.
B Les forces, décomposées ou combinées, étant B proportionnelles à la vitesse avec laquelle elles B entraînent une même résistance, il est évident que B l’oiseau qui , à poids égal , développera , par ses » ailes et par sa queue, la plus grande surface sera B celui qui tombera le moins vite, s’il se laisse B tomber; celui sur lequel la pesanteur produit le
NOTES
» moindre effet; celui enfin qui aura besoin de » moins de travail pour se soutenir dans les airs; — » ce qui a fait dire à certaines personnes que l’oiseau O est un admirable ballon.
» Il suffit donc , pour amoindrir la pesanteur et » diminuer le travail néce.ssaire à la sustentation et,
» par suite, à la locomotion, d’étaler dans les airs » une surface légère, plus ou moins grande, une B voile de soie caoutchoutée , à laquelle on suspen- » drait la nacelle qui lui donnerait la stabilité.
nies oiseaux qui volent le mieux n’étalent qu’une" » surface de 0,60 mètres carrés par kilogramme de b poids. Je puis étendre aisément trois fois plus de » surface , et réduire à 1/40* l’action de la pesan- 0 teur, savoir 3'‘-5 au lieu de 140 que pèserait l’ap- » pareil avec l’aéronaute.
D Un mouvement de translation an avant de 2°*50 » par seconde imprimé à cette grande surface sous » un angle de 3 degrés me fournira 4 kilog. ; et i> 4k.x 2® 50 donnent un travail de 10 kilogram- » mètres que j’ai à ma disposition. Une hélice de 5 » mètres de surface, animée d’une vitesse de 3 mètres » au centre de gravité de l’aile , me fournira , en » effet utile, la force de propulsion.
B Si je fais la résistance supérieure à 3<‘ 5, l’appa- » reil s’élèvera par une rampe plus ou moinssensible » en ligne droite ou en spirale; si elle est égaie , il » se mouvra horizontalement; si elle est moindre, » il descendra.
» On règle cette résistance par la vitesse ou par le
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NOTES
» degré d’inclinaison de la surface. S’il y a du venl, » il suffit, pour monter ou descendre «cr/jcofewent, D de marcher contre le courant avec la même vitesse D que lui.
» Cette surface cerf-volant que l’on peut diminuer » des deux tiers quand on possède un moteur con- » venable , sert donc tout à la fois de point de sus- » pension après avoir décomposé la pesanteur, de » gouvernail horizontal et de parachute. Elle sup- » prime la double hélice d’ascension. Enfin l’hélice » de propulsion , si on lui donnait une vitesse 10 » fois plus grande, pour la même résistance à » vaincre, aurait 100 fois moins de surface.
» Tel est , en principe, le système que j’ai fait bre- » veter, que j’ai soumis à l’examen de l’Académie B des Sciences et que j’aurais expérimenté en grand, B l'année dernière , si S. Exc. le Ministre d’État B m’eût accordé l’autorisation de le monter au Palais n de l’Industrie, comme le constate sa lettre du 22 B octobre 1862. »
Dans la lettre précédente , en date du 3 décembre 1863, M. de Louvrié ajoute qu'il a découvert un moteur à vapeur pesant au plus 15 kilogrammes par force de cheval. — Ce moteur serait suffisant, non-seulement pour la manœuvre de son aéroscaphe, mais encore pour celle de notre système hélicoptère. ' •*
Sons ce dernier rapport, comme sous tous les autres , les expériences décideront.
Puissent-elles prouver, conformément aux calculs cldessus, que la force d’un seul homme peut suffire pour l'ascension d’un appareil mécanique quelconque , — car si la
NOTES
force d’un homme suffit , l’application d’une machine sera Incontestablement possible et les voies de l’avenir nous seront largement ouvertes.
Je n’insisterai pas sur ia conflance que les coïncidences de jour en jour plus nombreuses se révélant par suite de nos manifestations doivent donner aux partisans de l’automotion aérienne, soit au moyen de la double bélice ascensionnelle, soit au moyen d’un organe quelconque- Je transcrirai seulement avec une gratitude qui ne cesse de s’accroître , ces lignes de M. Babinet :
• Quelques personnes ont nié qu'avec une force motrice
• irrésistible, la vapeur, et un mécanisme éprouvé, l’hélice, » on pûtréaliserméme une ascension verticaie, en air calme ,
• sans se préoccuper de direction on de progression plus ou
• moins rapide. — Cette négation de l’évidence dépasse, à
• mon gré, tout ce que i’entétement le plus aveugle peut « suggérer aux gens les moins instruits en mécanique pra-
• tique et en technologie. »
M. Babinet se prononçant sur la question d’antériorité , termine en ces termes :
« Demain (aujourd’hui peut-être) , l’oeuf couvé en tant
• d’endroits éclora quelque part ; mais les hélicoptères de » MM. de Ponton d’Amécourt et de la Landelle auront volé > les premiers 1. >
M. — Force motrice. — Allégements, p. 84 , 285, 283. Tandis que M. Félix Foucou , dans le Temps du jjl novembre 1863, pose en fait qu’aucun des motenr^connus ne peut , dans l’état actuel de nos connaissances, fournir la puissance nécessaire à la machine aérienne , — tandis que M. Blerzy, dans la Revue des Deux Mondes do 15, exige 60 chevaux ne pesant que huit kilogrammes chacun , —
i Le Constitutionnel, Bulletin seiantiBque du 21 novembre
NOTES
des inventeurs, théoriciens et praticiens déjà nombreux affirment, comme on le voit dans la note précédente, que la force d’un seul homme peut suffire à enlever dans les airs et à y maintenir un appareil durant tout le temps que cette force agira. (Voir aussi la note B sur la force musculaire de l'homme, et la note I sur les ailes à volets diagonales de Besnier.)
Dans la ferme pensée que l’expérience et les applications doivent concilier toutes les opinions favorables au principe, je n'hésite pas à publier la mienne, qui s'appuie sur les expériences dont j'ai sommairement parlé, p. 8(, 85.
Notre machine à hras dont les ailes de deux mètres étaient très-grossièrement faites en jonc et en papier, soulevait 10 à 15 kil. sur un poids total de loo kil. , l'homme y compris. Elle s’allégeait donc au moins d’un seizième.
Si sous le même poids elle avait produit seize fois plu.s de force (soit celle de quatre chevaux) , elle se serait tenue en équilibre dans l’air. Enfin, si an lieu de peser 160 kil. elle n’en eût pesé que 150, elle se serait enlevé, avec lenteur, en emportant une surcharge de 9 kilogrammes.
La possibilité de produire une force de 16 hommes (soit quatre chevaux) sous le poids de 150 k. (37k .')0par cheval) ne me parait pas douteuse. La vapeur serait-elle impuissante , d’autres agents permettraient d’atteindre le résultat.
La petite machine essayée en 1863 chez M. Barriquand , bien que vicieuse, était moins rudimentaire que la machine à bras d’homme, elle conduisit à des conclusions hypothétiques plus favorables encore que les précédentes, mais attendu qu’elle n’était pas allégée avec son moteur, il vaut mieux s’en tenir aux expériences faites avec la machine à bras.
Supposons nos calculs élémentaires suffisamment fondés , une machine de quatre chevaux s'enlèverait avec une légère surcharge. Cela obtenu, il ne s'agirait plus que de la perfectionner, que de faire, par exemple , une machine de so chevaux ne pesant chacun que 30 kil., — en tout 400 kil. pour
NOTES
enlever un hélicoplère du poids total de 750, et par conséquent un homme avec son approvisionnement de combustible pour une ascension de plusieurs heures.
M- Babinet , avec la plus judicieuse prudence et en vertu du raisonnement développé p. 183-I8i , se prononce pour dix chevaux. — 11 est dans le vrai ; et cependant , si MM. de Louvrié , d’Amécourt ou autres produisent les moteurs trèslégers qu'ils étudient, et si la puissance s'applique, non à l'hélicoptère, non à l’orthoptère, mais à l’aéro.scaphe, une machine de force bien inférieure , ou à force égale d’un volume et d'un poids très-minimes , pouvant nous procurer le mouvement ascensionnel , démontrera la possibilité d'enlever sans le secours d'aucun gaz , un appareil portant an moins un homme.
Après une pareille démonstration , tous les perfectionnements seront faciles, l’hélicoptère et l’orthoptère ne tarderaient pas à être aisément exécutés et l'aviation entrerait dans le domaine de la pratique.
D'un autre côté, j’ai la conviction que la chimie doit, tôt ou lard , atteindre le résultat avec une facilité prodigieuse.
La physiologie nous permet de comprendre que les animaux volants sont des appareils dont la force motrice réside dans la combustion des éléments constituant le système musculaire et nerveux. Le jour où la chimie saura reproduire ces éléments matériels , d’une puissance comparable à celle des fulminates les plus violents , la navigation aérienne aura cessé d’étre un problème. Le génie de l’homme , imitateur puissant , créera aussitôt des appareils nageant dans l’atmosphère , qui seront aux animaux volants ce que les locomotives sont aux meilleurs chevaux.
Hais les études chimiques , pas plus que les études mécaniques , ne sont susceptibles d’étre faites avec la promptitude la persévérance et l’énergie multiple nécessaire8i.sV l’argent fait défaut. Les chimistes ne veulent point-wlrarde leurs découvertes partielles , ils sont chercheurs ; iU sont inventeurs , ils n’osent former groupe ; ils ne manifestent
NOTES
point lenrs travaux , ils cèlent Jusqu’aux idées qui en sont le but. De là, dans cette uiagnifiqne science, comme partout , les lenteurs du progrès-
Or, ces lenteurs seraient sinon vaincues, au moins fort atténuées par le capital . toujours et partout maître et seigneur, parce qu’il est i>ain pour le corps , la paix pour l’esprit-