IMPORTATIONS ET EXPORTATIONS FRANÇAISES
variaient entre 19 et 22 millions de kilogrammes; elles atteignaient 25 millions en 1893. Depuis, elles n'ont cessé de diminuer assez irrégulièrement. Elles tombaient en 1894 à 13192000 kilogrammes ; en 1895, elles s'élevaient à 17537000 ; en 1896, à 22 millions, pour retomber à 13 millions en 1897, à 10 millions en 1898 et enfin à 8 millions de kilogrammes en 1902.
Les importations et les exportations de jaunes d'œufs impropres aux usages alimentaires restent sensiblement les mêmes, bien qu'elles présentent des fluctuations assez grandes. Les importations s'élèvent en moyenne à 1300000 kilogrammes et les exportations à 300 000 kilogrammes.
Nos importations de volailles vivantes et de volailles mortes varient relativement peu ; on ne relève guère de différences importantes que pour les pigeons. Voici ce qu'elles ont été pendant la dernière période décennale :
Importations (en milliers de kilogrammes).
Volailles Pigeons Volailles Pigeons
vivantes. vivants. mortes. morts.
Nos exportations de volailles vivantes et de volailles mortes présentent plus de différences. Il est cependant à signaler que, si nos envois de volailles mortes en Angleterre ont diminué de 1500000 kilogrammes pendant cette même période, nos exportations sur la Suisse ont augmenté de 800000 kilogrammes environ et celles qui concernent d'autres pays de 400000 kilogrammes environ.
Ch. Voitellier. — Aviculture. 27
470 CONDITIONS ÉCONOMIQUES DE L'AVICULTURE. Exportations (en milliers de kilogrammes).
VolaUles Pigeons Volailles Pigeons
vivantes.
vivants.
mortes.
morts
Les transactions commerciales auxquelles donnent lieu les pâtés de foie gras sont à signaler pour leur importance.
Nos importations s'élevaient en 1873 à 45000 kilogrammes, et sont tombées en 1902 à 21000 kilogrammes, évalués dans la statistique officielle à 10 francs le kilogramme.
Nos exportations sont restées sensiblement les mêmes, passant de 112 000 kilogrammes en 1893 à 119000 en
Le commerce des plumes de parure est fortement influencé par la mode. Les quantités importées ou exportées varient, pour cette unique raison, dans d'assez grandes limites.
Notre exportation de plumes de coq a diminué d'une façon considérable. Elle atteignait, en 1890, 260000 kilogrammes ; elle s*est maintenue entre 100000 et 200000 kilogrammes de 1894 à 1898 ; mais, à partir de cette date, elle n'a cessé de décroître et n'atteint plus que 20000 kilogrammes environ.
Les plumes de parure blanches ont, d'après l'administration des douanes, une très grande valeur variant de 90 à 156 francs le kilogramme ; les plumes de coq ne sont cotées par elle qnie 9 francs le kilogramme, les plumes de parure noires une quarantaine de francs, et les plumes pour literie, y compris le duvet, 6 à 7 francs le kilogramme.
Voici quelle a été l'importance des transactions en 1893 et en 1902, exprimées en kilogrammes :
COOPÉRATION EN AVICULTURE. 471
Importations. Exportations.
Plumes de parure. ^ '^m^ ^^0^ — — . ^- — "-**>- ^**'
De coq et de vautour. 20.158 105.981 60.393 Ti M%
Autres blanches GO. 819 64.933 41767 19.465
Autres noires 21.618 4 198 8.874 22.511
Autres de toute autre
couleur 368.465 312.988 252.586 101.383
Plumes à écrire 47.086 50.752 17.725 1.927
Plumes à literie et
duvet 107.957 141.566 834.099 737.869
En 1902, l'importation des plumes de coq est évaluée à i 059 000 francs, celle des plumes de parure blanches à près de 25 millions, celle des plumes noires à 109000 francs, celle des plumes de toute autre couleur à 10 millions, celle des plumes à écrire à 91000 francs, et celle des plumes à lit à 727000 francs.
L'exportation totale pour les plumes s'élève à 14 millions environ, dont 7 millions sont attribués aux plumes de parure blanches.
Coopération en aviculture.
L'exploitation des oiseaux de basse-cour serait évidemment plus rémunératrice, si les producteurs de volailles et d'œufs n'avaient pas à subir les exigences de trop nombreux intermédiaires entre eux et les commerçants en gros.
La vente directe du producteur au consommateur n'est susceptible que d'une très faible extension. Nous estimons qu'il est nécessaire, aussi bien pour la vente dans le pays que pour l'exportation, de réunir les produits avec le moins de frais possible et avec rapidité, de les classer, de les expédier par catégories pour qu'ils soient ensuite vendus aux consommateui-s par l'intermédiaire des détaillants.
On pourrait croire, à en juger par le nombre des commerçants achetant sur les marchés de province ou parcourant les campagnes, que la concurrence qu'ils se font est la sauvegarde des éleveurs. 11 est loin d'en être ainsi, car ces commerçants, auxquels on donne souvent le nom de ramasseurs,ne peuvent écouler les produits qu'au cours résultant de l'impor-
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tance de Toffre et de la demande sur les très grands marchés. Les frais relativement élevés qu'ils ont à supporter pour leurs achats les forcent à réduire leurs prix le plus possible.
Ces intermédiaires sontd'ailleurs souvent très mal préparés à remplir leur mission. Ils n'ont eux-mêmes aucune connaissance de tous les détails qui entourent la vente en gros sur les grands marchés.
Comme pour beaucoup d'autres produits agricoles, l'union des producteurs de volailles et d'œufs en sociétés coopératives est nécessaire. Les Danois et les Allemands nous ont d'ailleurs donné l'exemple à ce point de vue.
Le Bulletin du ministère de V Agriculture a attiré à maintes reprises l'attention sur les sociétés coopératives pour l'exportation des œufs, qui ont été organisées en Danemark, en Allemagne, en Suisse et en Irlande. Il a notamment donné les renseignements suivants (1) sur la plus importante de ces sociétés en Danemark :
« La Société coopérative danoise pour l'exportation des œufs comprend 33500 membres divisés en 500 sociétés locales, ou cercles, qui forment partie intégrante de l'organisation centrale et sont soumis à son contrôle. Chaque cercle a ses propres statuts, mais ceux-ci doivent être conformes aux dispositions de ceux de l'organisation centrale. Lorsque les œufs ont quitté le centre local de rassemblement, toutes les dépenses sont supportées par la société. Les bénéfices sont intégralement partagés entre tous les membres.
« Les cercles doivent comprendre au moins dix membres pour faire partie de la Société. A son admission, chaque cercle paie à la société 0 fr. 675 par membre. Chaque cercle admis est obligé de livrer à la société tous les œufs recueillis chez ses membres. Les œufs de plus de sept jours ne doivent pas être livrés, sous peine d'une amende de 6fr. 70 pour la première infraction et du double pour les suivantes. Un cercle ne doit pas garder les œufs plus de quatre jours après qu'ils ont été recueillis. Les œufs doivent être livrés absolument propres. Chaque cercle doit munir ses membres de timbres en caout-
(1) Bulletin du ministère de V Agriculture ^ n<> 8, août 1904.
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chouc et d'encre à tampon, achetés chez le fournisseur indiqué par la société.
« Chaque membre d'un cercle doit envoyer tous les œufs de sa basse-cour, à l'exception de ceux nécessaires à sa consommation domestique et pour les couvées. Les œufs doivent être soigneusement recueillis tous les jours et, pendant les chaleurs de Tété, deux fois par jour. On ne doit employer que des nids artificiels, lesquels doivent être enfermés la nuit. Chaque cercle est administré par un bureau comprenant plus ou moins de membres, qui paye les dépenses de rassemblement des œufs et assure l'emballage en vue des livraisons aux stations centrales. Les œufs sont envoyés à l'une des stations centrales en cadres ordinaires de carton mis en boîtes de sapin d'un format uniforme.
« Le triage et l'essai sont généralement exécutés par des femmes, qui deviennent très habiles dans ces travaux. Les œufs sont triés d'après le poids. 11 est établi six qualités, allant de 6*^8^,500 à 9 kilogrammes les 120 œufs.
« Les trieuses travaillent à une longue table sur laquelle elles disposent de six cadres en bois, munis chacun de 10 douzaines de trous pour recevoir les œufs. Elles peuvent dire de suite à quelle qualité les œufs appartiennent et les distribuent très rapidement. Lorsqu'un cadre a reçu 10 douzaines d'œufs, pris directement dans les caisses arrivées des cercles, il est enlevé par un homme et pesé. Si les 120 œufs pèsent plus ou moins qu'il ne convient pour la qualité donnée, on procède aux substitutions nécessaires. Le cadre de 120 œufs est alors porté dans une chambre hermétiquement close et placé à la partie supérieure d'une boîte en forme de trémie, profonde d'environ deux pieds, dont les côtés sont munis de glaces. Le fond de la boîte mesure environ 8 pouces sur 20 et porte quatre lampes électriques de 16 bougies séparées par des intervalles égaux. Les œufs sont placés, comme il est indiqué ci-dessus, audessus de ces lampes et glaces, le petit bout en haut. L'essayeuse les examine soigneusement un à un et rejette ceux qui sont mauvais.
« Les œufs sont alors emballés l'un contre l'autre (sans être séparés par quoi que ce soit) en quatre couches, dans des
boîtes de sapin de 22 pouces de largeur sur 72 de longueur et 9 pouces de profondeur. Chaque couche est séparée par une bonne couche de paille de seigle propre et droite ; la couche d'œufs supérieure reçoit une autre couche de paille. Les caisses sont alors soigneusement clouées, puis elles reçoivent la marque de la société, avec l'indication du nombre et de la qualité des œufs, et sont envoyées au navire.
«La dépense totale pour le fermier, depuis le moment où les œufs quittent les nids jusqu'à celui où ils arrivent à bord du vapeur, s'élève ainsi à 0 fr. 075 par douzaine. Les acheteurs anglais payent les œufs franco à bord en Danemark. »
11 ne nous semble pas douteux que de semblables sociétés s'organisent bientôt en France et que les excellents résultats donnés par les coopératives qui s'occupent de la fabrication des fromages et du beurre, de la vente des fruits et de ceilains légumes n'encouragent les cultivateurs à en favoriser la formation.
L'engraissement des volailles et leur préparation pour la vente peuvent donner lieu à une association des producteurs aussi bien que la vente des œufs.
A partir de l'instant où de semblables associations existeront, les éleveurs, voyant le bénéfice qu'ils pourront retirer de l'uniformité de la production, rechercheront les meilleurs moyens d'y parvenir. Les procédés d'incubation, d'élevage et d'engraissement, ainsi que les races de volailles, seront, de leur part, l'objet d'études attentives. A l'exploitation irraisonnée des oiseaux de basse-cour, qui est malheureusement bien fréquente, succédera Vaviculture.
En attendant cette organisation commerciale, il est nécessaire, si l'on veut que la France ne devienne pas tributaire des pays étrangers et suffise au moins à sa propre consommation, que les produits de la basse-cour soient l'objet d'une protection plus grande de la part des pouvoirs publics.
L'enseignement de l'aviculture n'est assurément pas aussi développé qu'il devrait l'être ; mais ce serait se leurrer que de croire à la possibilité, pour nos cultivateurs, de lutter dans l'avenir contre la production étrangère, rien que par l'ins-
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truction professionnelle et une organisation commerciale meilleure.
L'établissement de droits de douane prohibitifs n'est pas nécessaire ; il convient peut-être de les augmenter légèrement, mais il faut surtout et tout d'abord ne pas tolérer la vente de produits avariés et ne pas favoriser l'importation étrangère.
11 importe que les œufs conservés ne puissent être vendus aux consommateurs comme œufs frais et que la réduction des transports en grande vitesse ainsi que leur rapidité permettent l'approvisionnement des grands centres en œufs très frais.
On peut aussi protéger efficacement la production des volailles et la production des œufs en supprimant ou en diminuant les droits d'octroi.
Enfin, une meilleure organisation des marchés dans tous les centres importants rendrait les plus grands services aux producteurs. Une nouvelle réglementation s'impose notamment pour les Halles de Paris, où le prix d'achat des charges des mandataires contribue à maintenir à un chiffre beaucoup trop élevé le tribut prélevé sur les expéditeurs.