‹ Avis aux coquettes; ou, L'amant singulierChapitre 16 sur 28 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

LISTOU, seul.

Il ne vient pas! et il ne fait pas chaud à cette heure-ci... quelle diable d'idée a-t-il eue de m'envoyer comme ça en avant... nous avons aperçu audessous de nous , dans un ravin , toute la société qui gravissait lentement la montagne... alors, il a souri d'un air qui semblait dire : ça va bien î puis il m'a dit : Listou, va m'attendre dans ta cabane, et n'y laisse entrer personne que moi... j'ai répondu : je pars! mais je suis resté encore un peu... parce que je voulais voir... ça m'amusait I et caché derrière une touffe de sapins... je l'ai aperçu qui descendait de rocher en rocher comme un izar... et puis tout à coup 'cet étonnement qu'il a fait en apercevant Mme d'Eymery... comme si c'était par hasard qu'il se trouvait là... et puis, ils ont marché l'un près de l'autre pendant quelque temps avec toute la société... et puis la dame a fait... comme si elle trébuchait, alors... il lui a offert son bras qu'elle a accepté... le sentier était rude elle s'appuyait sur lui... ils allaient d'abord lentement... et ensuite plus vite... plus vite... je les ai perdus de vue... j'ai gravi tout d'une haleine par la gorge d'enfer... il y fait un froid du diable... et me voilà! voilà trois quarts-d'heure que j'attends et que je souffle dans mes doigts. (On entend au dehors appeler Listou.) C'est lui qui appelle ! (Il va ouvrir.)

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