SCÈNE VIII
VAN-BROOK , entrant par le fond ; ALFRED, par la droite ; CAROLINE , près de
la chaise d'Edouard qui reste assis ; LISTOU, entrant après Alfred.
VAN-BROOK et ALFRED.
Caroline!,.
CAROLINE, s'élançant près d'Alfred.
Monsieur !.. monsieur, daignez m'entendre !
LISTOU , bas à Edouard.
Je les ai promenés pendant une heure... c'est tout ce que j'ai pu faire,
EDOUARD, bas.
C'est bien !
ALFRED
En tête à tête avec monsieur !
VAN-BROOK, tirant son calepin de sa poche. Et depuis trois heures !
CAROLINE
Quand vous saurez.,.
ALFRED
Je ne veux rien entendre...
VAN-BROOK
Ni moi non plus.,.
ALFRED
Tous nos nœuds sont rompus , mais c'est à monsieur que je demanderai raison...
VAN-BROOK
Oui, monsieur, nous exigeons une explication.
EDOUARD, toujours sur sa chaise.
Et sur quoi , s'il vous plait? je n'ai rien à vous dire !
VAN-BROOK
C'est juste ! les faits parlent d'eux-mêmes.
EDOUARD , se levant.
C'est moi à mon tour qui vous demanderai de quel droit vous venez ainsi faire un éclat... dans un logis que j'ai loué... qui m'appartient, et où je suis le maître.
ALFRED, avec colère.
De quel droit,
VAN-BROOK
Vous le savez bien...
ALI Kl I>.
£t si vous l'ignorez , je me charge de vous rapprendre.
EDOUARD
Quand vous voudrez...
ALFRED
Ici-même.
EDOUARD
Vous êtes deux , messieurs...
ALFRED, allant à Edouard.
Un seul suffira et c'est moi.
YAN-SROQK.
Non, morbleu.
ALFRED
Je l'exige.
YAN-BROOK
Et je ne le souffrirai pas...
EDOUARD
Je vous mettrai d'accord, car c'est à tous les deux que je m'adresse.
LISTOU , à part.
Est-il enragé , ce petit-là.
EDOUARD
Quant à l'ordre du combat, le sort en décidera , mais je suis sans armes.
ALFRED
Les officiers qui sont avec ces dames nous prêteront leurs épées... je cours les chercher...
VAN-BROOK
Et moi j'ai vu chez le meunier du Gave, de vieux pistolets que je lui emprunterai.
EDOUARD
Soit, je vous attends. (Van-Brook et Alfred sortent.)