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Avis pressant a la Convention /

Quand les lioromes sont divisés d’cpi^ nions et d’intérêt dans le temps des révolutions , c’en est fait de la liberté et de' ]’ égalité : l’uiïiorr de£ vrais républicains* fait leur force , et cimente leur gouvernement. Elle est l’arrêt de mort des tyrans. Quand serez- voûs frappés de cette vérité?

Citoyens , la patrie est au bord de l’a-' byme ; la foudre des despotes’ de tous le# genres est prête à l’embraser de toutes parts. Je viens vous offrir le seul moyen qui puisse la sauver. Ce moyen est facile , puisqu’il est entre vos mains.

La Convention Natiôûalé est devenue* enfin la boîte à Pandore ; est-ce le crime en? la vertu qui doit triompher ? Si c’est le crime , faites couvrir d’un crêpe noir la statue de la F' rance , donnez lé signal de la

ÏHENEWBEaRY ■ UBRARY

mort/ et terrai nez nos maux •, si c’est la vertu , faites parler les loix républicaines , faites punir les agitateurs , et terminez 110s maux ? Choisissez èt terminez nos maux.

! ,& temps de vous supplanter par une ambition délirante et de briguer les applaudisse mens populaires est passé; Il ne s’agit pas dé se disputer 'les talées 5 mais la gloire de 'sauver, la patrie , et celte discussion n’est pas un' combat à mort entre les citoyens y comme celui que vous- présentez tous les jours dans vos séance»/, il üe vous reste plus «toi'un moment précieux ; sachez en profiter ou c’en est fait de vous , du peuple et de la France entière. Fa vain je vous donnerais le nom de législateurs ; sachez le mériter ; sachez- encore plus > pour l’imprimer dans toutes les âmes , vous pardonner matin Cernent vos torts ? vos haines , vos dissensions qui 'vous font soupçonner de conspirations. Rem rezdans vos consciences et iisez-y les maux incalculables que peut produire la fureur de vos vengeances. Voyez la guerre du dehors infructueuse par la guerre intestine des départemens. Voyez code masse généreuse de la plus brillants

Jeunesse des Citoyens ; voler sur nos frontières , pour y répandre un sang pur et sans tâche. Et pour qui ,, grand Dieu! pour la Pairie seule, et non pour assouvir vos passions et pour remettre un tyran sur le trône, .Mandataires de la République Française , u u plus grand dessein me porte vers vous : Oui, tout m’annonce que je rétissirat dans mon entreprise. Le salut du peuple , la prospérité de la Patrie , tout doit vous .imposer l’obligation de vous réunir. Les aristocrates s’applaudissent de vos divisions. J’ai entendu de mes propres oreilles dans un corridor de spectacle : « Nos' affaires vont bien , les coquins de la Convention nationale ne s’entendent plus 3 notre triomphe est certain ». O Convention î laisse-là. ce titre et deviens véritablement le sénat français. Deviens l’égal du premier aréopage du monde. Termine tes débats , tes dissensions scandaleuses , et confonds les mal veillas s. . Lève - toi à la hauteur de tes 'fonctions" 5 prends toutes les vertus du caractère républicain et des mœurs d’un peuple fier et généreux. Etou.fe tout ressentiment particulier et fais place à la félicité publique.

Qiïe cette réunion solemneile fasse pâlir les tyrans de P Europe et frémir les agitateurs du dedans. Que cette réconciliation plus durable que celle qui s’est opérée du temps de P Assemblée législative, extermine les royalistes et releve nos fêles républicaines, pour fa i re face aux despostes qui nous combatt ent.

Ü nies Concitoyens ! que ne puis- je faire passer mon ame foule entière dans la vôtre; Vous ne seriez plus assiégés de craintes de toute espèce y de toutes sortes de' passions ; vous ne sentiriez que le besoin de pardon-* ner, et Pamour de P intérêt public ; vous ne Vous occuperiez que de mettre la dernière main à l’édifice de la constitution ^ et le peuple , qui bénirait votre ouvrage , viendrait par des cris d’allégresse autour de vos séances vous manifester sa gratitude , et vous donner la plus douce récompense de Vos ■trava ux fraternels.

Pourriez-vous préférer ses malédictions ? Non, c’est impossible y non , P égoïsme ne peut vous dominer ; non, un intérêt sordide rt ( ou Jours nuisible à celui qui s’y laisse en* traîner, ne peut dégrader Vos cœurs prêts à voler au devant les uns des autres pour cette

réunion. O senti mens fraternels. o ntt turc ♦

,ô justice ? dons précieux du ciel , descende? au milieu de nos Législateurs ; venez faire disparaître les liâmes , les passions , et je reconnaîtrai la main de îa Providence qu i veille depuis si longtemps' sur la France# Lequel des deux côtés abjurera le premier son ressentiment ? Est - ce t oi , ‘Montagne , qui descendras la première de ton t rône despotique ? Est-ce toi , Plaine , qui n as pas à descendre , qui marcheras au devant ; ou, transportés par un mouvement spontané, tes deux partis se confonderont - ils au milieu du Sénat Français?

Montagne , Plaine , Rolàndistes , "Bris* sot in s , Girondistes, Eoberspierrots, Mpratistes , disparaissez , épithètes infâmes l disparaissez à jamais , et que les noms de Législateurs , de Frères, vous remplacent pour le bonheur du Peuple , pour la tran-*. quillit é sociale et pour le triomphe de la Patrie !

Législateurs , quel exemple de fraternité, les sections de Paris , îa Commune et tous les pouvoirs constitués ne vous ont-ils pas donné hier ! Ils ne se sont pas contentés

d’avoir veillé à la conservation de vos têtes, mais ils ont encore voulu , par .un pacte soleinnel avec nos braves volontaires, graver dans tous les cœurs que ces têtes sont abso^ lument : inséparables du salut de la Patrie , qu’une réunion sincère de votre part , peut seule opérer. Pourriez-vous balancer, quand la prospérité. de la' République vous en fait un .devoir sacré ?

Et toi , Peuple de Paris , qu’on cherche à calomnier dans !’ Univers entier , sache montrer , par une .constance soutenue , que " si la .Révolution est ton ouvrage. Je respect des Lois en sera éternellement le soutien > que malgré les malveijlans réunis pour opérer entre toi et les Département , une rupture qui ferait couler ton sang , tu sauras veiller à la conserva (ion de ses représenta es. O l ym. pe d e Gouges.

Nota • Je joins à cet imprimé celui que j’ai publié, lorsque je me suis proposée pour défenseur officieux du dernier roi des Français ) ce qui m’a attiré une persécution peu .commune, et qui sera un jour un titre, de gloire pour moi ; que ceux qui m’ont pour? suivie et me poursuivent encore, pour ces,

écrits , et qui se disent patriotes ec repauucains, et à qui ces vertus sont étrangères , apprennent enfin à les connaître clans ces ouvrages qu’ils appellent royalistes, c ï T O Y F. N ’-P. R É S I 1) F ,N -T , L’Univers a les yeux fixés sur le pro*. eès du premier et du dernier roi des Français. Je m’empresse de faire passer à ia Convention nationale les lettres, originales qui m’ont été écrites par les sieurs Lrissac et Laporte. J’y joins cinq cens exemplair s

de mon compte re n d u •

Citoyen président , un m ter et puis gi and m’occupe . aujourd hui *, celui de la g»oire de mon pays. Je m offre , apres ie courageux Malesherb.es , pour être le défenseur de Louis. Laissons mon sexe à part \ l’héroïsme et la générosité sont aussi le partage des femmes , et la révolution en oSïe plus d’un exemple. Je suis franc ne et loyale républicaine , sans tache et sans reproche ^ personne n’en doute, pas meme ceux .qui feignent de méconnaître nies, vertus civi^ que»-, je puis donc me charger de cette cause. Je crois Louis fautif , comme roi ; mais dépouillé de çc titre proscrit , il cesse d eti.Ç

.coupable aux yeux de la république. Ses ancêtres avaient comblé fa mesure des maux de la France; malheureusement pour lui la coupe s’est brisée dans ses mains, et tous les éclat ion t réjailli-sur sa tête. Je pourrais ajouter que sans la perversité de sa cour, il eitt été peut-êt re un roi vertueux. Il suffit de déclarer qu’il détesta les grands; qu’il SUl les forcer à payer leurs dettes , et qu’il fut le seul de nos tyrans qui n’eut point de courtisannes , et qui eut des mœurs primitives. Il fut faible , il fut trompé; il nous a trompés, il s?est trompé Iui?niême ; voilà eu deux mots son procès.

Citoyen président , je ne déduirai point ici les raisons que )’ai à alléguer pour sa dé? fense. Je ne désiré que d’être admise par la Convention et par Louis Capet, à seconder pn vieillard de près de quatre-vingt années, dans une fonction pénible , qui me paraît digne de toute la force et de tout le courage d’un âge yerd. Sans doute, je ne serais point fut fée en lice gvec un tel défenseur, si la cruauté aussi froide qu’égoi'sfe du sieur Target u’avgif enflammé mop héroïsme et

Sensibilité» Je puis mourir actuellement ?

une de mes pièces républicaines est ai mo ment de sa représentation . Si je suis }- ri ee du jour de cette époque, peut-être glorieuse pour moi, et qu’après ma mort, U régné encore des lois , en bénira ma mémoire , et mes assassins détrompés répandront quelques larmes sur ma tombe. Mon zeie pourra paraître suspect à Louis Capet \ ses iniumes cou ri isans n’ont sans doute pas manque de nié peindre dans son esprit comme une Cannibale altérée de sang; mais qu’il est beau de détromper ainsi F homme malheureux !

Qu’il me soit permis d’ouvrir a la Convention nationale , une opinion qui m a paru digne de toute son attention.

Louis le dernier est?il plus dangereux a la république que ses frères , que son fils ? Ses frères sont encore coalisés avec les puissances étrangères , et ne frayai! lent actuellement que pour eux - memes. Le fils de Louis Capet est innocent, et il survivra à son père. Que de siècles de divisions et de parlis les prétend ans ne peuvent - ils pas enfanter ? Les Anglais occupent dans Fuisfoire une place bien différente de celle des îlpniains : les Anglais se sont déshonorés

mix yeux de la postérité par le supplice de Charles Ier ; les Romains se sont immortalisés par l’exil de Tarquin. Mais les vrais républicains eurent toujours des maximes bien plus élevées que celles des esclaves. Il ne suffit pas de faire tomber la* tête d’un roi pour le tuer ; il vit encore longtemps après sa mort ; mais il est mort véritablement , quand il survit à sa chute. Je m’arrête ici, pour laisser faire , à la Convention nationale , toutes les réflexions que présentent celles que je viens de lui soumettre.

Et vous, mes concitoyens, je vous soumets aussi quelques observations. Abjurons un juste ressentiment , pour nous souvenir que la clémence honore toujours les vainqueurs. Il est à présumer que la Convention nationale, dans sa sagesse, ne fera exécuter l’arrêt de mort, si toutefois elle est réduite à le prononcer contre Louis Capet, qu’après l’avoir préalablement fait sanctionner par les quatre-vingt^trois départemens et par nos armées , ainsi qu’elle l’a décrété parla nouvelle constitution. Cette sanction lui paraîtra d’autant plus indispensable , que Paris n’est qu’un très -petit fragment de

république française. On voudrait ioreoi > dit-on, tous les membres de la Convention à voter par l'appel nominal pour 1 aneî de mort du coupable } mais s’il me faut prçy? poncer, d'après mon âme, j’opine qu aucun vrai républicain ne votera pour sa mort , et que la majorité sera pour son exil.

Le plus grand des crimes de Louis Capot lut, convenez -en, de naître roi dans un tem.s où la philosophie préparait en silence les fondemens de la république. IN ou s avons aboli la royauté. Peuple, trône, il a tout perdu. Soyons assez grands pour lui sauver la vie. S’il eût été vainqueur , peut - être serions-nous tous royalistes : tant les horrn mes sont subjugués par les circonstances ! En le détrônant, nous avons Diuse "tous les sceptres du monde : la souveraineté du peuple a repris ses droits , et nous ne devons pas le punir de Pignôrânce de nos ancêtres et des crimes des siens. Si , comme roi, il a cherché, par la perfidie de ses pareils, à conserver ses prérogatives , qui ont été alternativement la source des guerres inles-r fines et des caprices des hommes, il a fait £ü|i métier. Soyons républicains, en exilant

Louis Capet, et que tous tes potentats fr£* missent! Quel peuple, après cet acte d’hé^ roisme , osera s’armer pour la défense des tyrans , contre une nation qui sait vaincre et pardonner?

Olympe de Gouges.

iV. it. (Ineîs forfaits la calomnie n'invente pas pour diffamer les âmes sans tache et sans reproches! Le citoyen Feydel m’a appris qu’un homme, qu’il r.’a point voulu me nommer, lui ayait dit m’avoir vue avec un individu compris dans la fabrication des faux assignats. J’interpelle ce citoyen de me nommer cet homme, car je suis trop ennemie du crime, et fiies connaissances ne sont pas jassez nombreuses pour pouvoir les suspecter; mais dans les circonstances on nous nous trouvons, je ne saurai trop mettre au jour les tentatives qu’on fait pour fkbrir ma répudiation : ou m’a dit déjà fille de Louis XV, Il n’y a point de contes, d’absurdités qu’on ail enfantés à mon sujet ; jusqu’à ma vie privée ! ......

Les prudes, c’est-à-dire les intrigantes à trente-six aventure “ , m’ont donné des amoureux dane LAssern* blee Constituante # Législative, et jusqu’à la Convention. Certes, je peux avoir fait quelques conquêtes * niais, jë déclare qu’aucun législateur n’a fait la mienne; c?6:st sans me parer d’une fausse vertu , que je crois pouvoir en convenir hautement, je ne vois pas qu’il y su d’homme digne de moi : cet aveu, aussi fier que simple , et une grande vérité. Ce n’est poiut contre ma prétendue naissance , ni les amans qu’on me donne, que je récrie ; mais je demande au citoyen Feydei de me faire connaître, en vrai Républicain , l’homme qui dit m’avoir vu avec uu faiseur de faux assignats. Ce n’est pas pour moi que je somme de s’expliquer , sous le point d’honneur; mais pour les intérêts sepîs de la société et de la République.

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