PRÉLUDE
Dieu soit béni, âme pieuse, et qu'en ce saint temps où nous célébrons les mystères de la naissance de son Fils, il produise en nous des impressions de grâce, qui rendent à notre conscience ce témoignage précieux dont parle l'apôtre S. Jean : « que nous sommes appelés, et que nous sommes les enfants de Dieu l ». Ce témoignage n'est pas seulement doux et consolant, mais encore il rassasie l'âme et la fortifie pour l'élever au-dessus de toutes les créatures. Prions le Seigneur qu'il nous le fasse ressentir intimement, et que jamais nous ne fassions rien qui s'y oppose, ou qui tende à l'extirper de nos cœurs.
1 Ut filii Dei nominemur et simus. I Joann. m, 1.
Il y a longtemps que je vous fais attendre l'entretien que je me suis engagé à faire sur la grandeur de Dieu; pourtant je ne vous en ferai pas d'excuses, puisque vous connaissez une partie de mes occupations multiples. Je tâcherai seulement, maintenant que je suis un peu plus libre, de vous payer largement en laissant aller mon âme, mon esprit, mon cœur et ma plume au sujet de celui sur lequel mes yeux et mon attention sont attachés « comme ceux du serviteur le sont sur les mains de son maître ' », et cela afin d'écrire quelque chose qui nous puisse animer à le connaître, à l'aimer et à le servir plus fidèlement; mais auparavant parlons des mystères du temps actuel, de la sainte enfance du Sauveur.