DE LA SOUFFRANCE
+ Dominus est !… . tt dent le Seigneur !.…
L'homme, cette pobsslère animée, ce roseau pensant qu ’agitent tant d’orages durant cette nuit mortelle av on appelle la vie.
Jeune pour vieillir être crée pour souffrir, naître pour mourir, c’est toute la vie humaine ; souffrir surtout ; car encore ferait-on assez bon marché de tout le reste; mais souffrir! Et bodrquoi ? Qui peut l'avoir voulu ? O ciel! ce n’est pas nous, . puisque la souffrance nous fait horreur et que nous la fuyons tous irrésistiblement.
C’est donc Dieu ; mais alors, qu'est ce Dieu qui veut que ses créatures souffrent ? D’où vient ce mal étrange ? Mais quoi ! cette
douleur qui n’est pas en Dieu, qui ne sau- ‘ rait y être, elle est pourtant chez nous, elle y abonde et la terre en est inondée. De sa premièré heure à son dernier instant, la vie humaine en est.teute pleine et comme pétrie. La souffrance, est dans notre naissance, elle est dans’ notre trépas ; et lorsque, fatalement pousssés, nous nous acheminons de l’un de ces térmés à l’autre, À peine pouvons-nous faire. un pas sans qu’une soufrance apostée sui Îlh route s’élance sur nous comme sur la’ proie qu’elle attendait, | geant notre coeur, tantôt enfin nous faisant de notre corps un instrument de supplice.
——— Comme vous le’yoyez, la souffrance est inévitable, et nous voudrions aider les âmes à la subir : toutes. 'les.âmes sans exception, puisque toutes y passent.
La souffrance est la suite du péché, elle suit l’homme comme l’ombre suit le corps.
Dieu voyant que l’homme souffrirait, {1 ne lui a pas suffi de déposer des grâces dans nos deuleurs, il s’y est établi lui-même per-
id \ eut dévastant notre esprit, tantôt ron-
st À on
sonnellement, et il y a eu des jours, des années où il était vrai de dire : Dieu souffre, Dieu est coñdamné au dernier supplice, Dieu agonise !
C’est un prodige ie plicable qu’un coeur résiste à ce myste de Dieu souffrant comme nous, pour noug'et avec nous et que l'humanité entière dé° Vive pas prosternée au pied de la croix Poses
Ce fondement posé; 4. 9 ’est pas difficile de découvrir les fruits &e° la douleur.
Jésus a dit: ‘ Quand je serai élevé de
terre” c’est-à-dire paryequ au comble de la souffrance, ‘* j'attirerar tout à moi.”
La douleur chrétienne expie, elle forme, elle transforme,
Et d’abord elle sun Expier au sens chrétien, c’est satisfairé, purifier, restaurer, acquitter et enfin délfvrér : safisfaire, c’està-dire ôter à celui qu'on a eu le malheur d'offenser toute raison de demeurer irrité ; Purifier, c'est-à-dire effacer les taches que le péché a fatalement produites dans l’âme coupable ; restaurer, c’està-dire rétablir
l'âme dans son premier état; acquitter, c'est-à-dire remettre le montant de la dette contractée par la faute: délivrer enfin, c’est-à-dire, rompre tous les liens qui entravaient pour continver le chemin qui mène à la fin dernière. :
4 Dominus est !.….
:.5.+ C’est le Seigneur !.…
Oui la souffrance ‘ceptée satisfait pour nos fautes. Satisfait, te qui signifie qu’elle fait assez, ou mieux’ ‘encore, qu’elle nous fait faire assez, mon con Maître ? Assez, pour abolir un mal cowit faut appeler infini.
Assez, pour changer votre malédiction en bénédiction, votre ‘absence en présence, votre colère en tendresse, assez pour que vous pardonniez chfià !
La souffrance chrétienne doit vraiment revêtir à nos yeux la forme d’un bien incomparable, Tous les hommes sont pécheurs, mettez-vous donc à ce point de vue, vous tous qui marchez sur la terre ; et lorsque la douleur vous approche ou vous touche, loin
de la fuir, saluez-la, baisez ses mains qui sont des mains sacrées, des mains bienfaisantes ; courbez la tête, euvrez votre coeur, livrez votre être tout entier : et dites-vous : Voici pour moi l'heure où je puis faire assez pour satisfaire à la fuëtice de Dieu.
La souffrance éclairs lle est un feu qui brûle, mais aussi une flamme qui illumine.
Elle parait enveloppés. de ténèbres celui dont elle s’empare ; et définitive, elle fait le jour autour de lui et: ‘même en lui Ilya une foule de choses , que l’homme qui n’a pas souffert ne sait par ° parce que la douleur purifie le coeur. etrend le regard de l’oeil plus pénétrant. *
Sous l’étreinte de la. auiffrance, on se sent petit, faible, indigent: misérable ; et l’on se dégage ainsi peu à peu, c ide. soi-même. Elle fait toucher du doigt la vanité du monde, le néant des biens temporels, elle donne à l’homme la vraie mesure de son âme: en lui montrant ce dont cette âme a réellement besoin pour être satisfaite, Que de lits de souffrance ont servi de succursale aux fonts