AVRANCHES
TiENC = VPOGRAPRIE ET LITHOGRAPHIE HENRI TRIBOUILLARD, LIBRAIE
Rue des Fossés, 4 et 6, prés l'Hôtel-de-Ville.
CANTON D'AYRANCHES.
Commune d’Avranches.
Dans le traité entre Gontran et Childebert, Avranches figure au nombre des cités importantes qui échurent à Gontran à la fin du vie siècle.
En 1366, Lettres du roi de Navare, datées de Pampelune, pour Gervais Adelée, maître de ses engins et de ses châteaux d’Avranches et de Mortain (4). Avranches fut fortifié ou ses remparts furent réparés vers 1387; car Monteil cite dans ses notes une pièce qui le prouve: « Saichent tous que je G. Desmoroys, maistre des œuvres
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(1) Reg. de la Cour des Comptes.
nd 6 — et receveur des revenus ordonnez pour le fortefliement d'Avranches, ay reçu pour Jehan Le Roy, vicomte audit lieu, par la main de Gieffroy Artin, fermier de l'aide ap-
pellé passe-porte, appartenant audit forteiliement assavoir 70 livres. 1337. (1) »
4397, Jehan de la Fertey était capitaine d’Avranches (2).
En 1403, assiete faicte au diocèse d’Avrenches de 6250 livres pour résister à la puissance de Henry de Lancastre. — En 1412, le roi donna 200 livres à P. Blansdraps, receveur des aides à Avranches. — 1415, Raoul de la Noe, maître des œuvres du Roy en la ville d’Avranches. — 1498, Déclaration des paroisses et des feux d’icelles en la chastellenie d’Avranches subjectes à faire guet à ladicte ville. — 1428 et 29, Th. Bourg, escuier cappitaine d’Avranches. — 14429, Endenture entre le duc de Bedfori et G. de la Pole, capitaine d’Avranches. — 140 juin 1432, quittance pour port de lettres faisant mention que par le lieutenant du capitaine et vicomte d'Avranches avait été rescrit que les ennemis et adversaires du roy se assembloient es basses marches pour venir mettre le siège devant ladicte ville d’Avranches. — 1439, 27 décembre, on publie plusieurs nouvelles et entre autres du siége levé de devant Avranches par les nobles vassaux et subjez du roi (3). — 1443, Henri VI maintient le comte de Sommerset dans la garde et capitainerie d’Avranches (4).— En 1435, il y eut une entreprise pour reprendre Avranches aux Anglais : « Vu la tentative que certains habitants de Normandie avaient faite de soustraire les villes de Caen et d’Avranches à la domination anglaise, il est défendu à tous
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(1) Notes de l'Histoire des Français.
(2) Reg. de la Cour des Comptes.
(3) Reg. de la Cour des Comptes.
(4) Aeg. de la Cour des Comptes.
it cinquanteniers, diseniers et autres, auxquelz on a permis d’avoir et tenir leurs bastons et armeures, que dores en avant il ne se assemblent en quelque manière que ce soit (1).
Le siége par le duc de Montpensier dura plus de deux mois, puisqu'il était mis au moins dès le 19 de novembre 1590, comme l'indique une lettre de cette date (2), et. écrite de Coutances par le duc de Montpensier à Nic. de Pellevé : « Je vous ai escript de vous acheminer avec vos troupes es environs d’Avranches, ou, si votre santé ne le vous pouvoyt permettre, de les faire conduyre par les cappitaines d'icelles… afin que puissiez estre avec icelles au siége d’Avranches, lequel j’ay entrepris suyvant l’exprès commandement que j'en ai eu du Roy Monseigneur. Je scay que vous affectionnez tant son service que je m’asseure que vous voudrez prendre vostre part de si bel œuvre. »
On a cru que la rue Sauguière tire son nom, qui signifierait saut de guerre, d’un épisode de ce siége; mais, comme elle est la voie par où venaient les sels des grèves, elle offre l’altération de Saunière ; telle était à Rome la voie Salarienne : « Apparet eo nomine (sal) Salariæ vie, quoniam 1llà salem in Sabinos portari convenerat (3). »
La prise d'Avranches par les Huguenots, en 1587, est racontée dans un document peu connu :
Discours de l’entreprinse sur la ville d’Avranches par ceux de la religion prélendue réformée, et de la découverte el prinse d’iceux par le Gouvernement et prevost des maréchaux de Normandie, le 17 de ce present mois de décembre 1587. Avec le nombre des prisonniers ; Paris, H. Velu, s. d. in-80 (4).
(1) Reg. de la Cour des Comptes.
(2) V. Hist. de Flers, par M. de la Ferrière, p. 242. (3) Pline l’ancien. | (4) Bibl. imp., Catal, t. 1er, p. 518, Henri III.
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Le chapitre d’Avranches possédait à Caen une maison ainsi désignée dans un contrat de 1450 : « Ménage, court et jardin assis à Saint-Sauveur, butte par-devant sur la rue, et d'autre bout par derrière sur le Doyen et Chapitre d’Avranches (1). »
Nous avons un nouveau témoignage de l’admiration des Anglais pour le site et l'architecture de la cathédrale d’Avranches :
« The magnificent cathedral which stood on this spot an object of solemn beauty from all the country around! » — « Like most of the norman towns Avranches is planted hill-wise (2). »
Cet édifice, dout nous avions diminué les dimensions, a été rendu à sa véritable mesure, d’après M. Demons (3), par M. l'abbé Pigeon, un admirateur de ce monument, de la Belle Andrine, comme l'appelle Jan de Vitel, ou cathédrale de Saint-André. Nous avons publié ailleurs de belles pages du savant abbé sur ce monument.
Dans les chartes où Louis XT charge Jean Boucart, évèque d’Avranches, de réformer l'Université, à propos de la ques-
tion des réalistes et des nominaux, il l'appelle : Dilectum
et fidelem consiliarium nostrum el confessorem episcopum Abrincensem. » En 1473, séjournant en cette ville, sans doute à l'évêché, Louis XI y écrivit une lettre en la date du 4er août 4470, relativement aux pirateries des Bourguignons, annonçant qu'il allait se rendre en personne à Har- - fleur pour les faire cesser (4).
La poéste a célébré le prélat dont nous venons de parler : « Preæsul Abrincarum Boucaldi sanguine cretus (5). »
(1) Orig. de Caen, de D. Huet, p. 142.
(2) Bentley Miscellany, t. 24.
(3) Ms du Séminaire de Coutances.
(4) V. l'Addition à l’'Hist. de Louis XT, par Commines, p. 95 et 204. (5) Ybert, poëme sur Saint-Lo.
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Il fonda une bibliothèque dans la ville de Saint-Lo, dans: la chapelle du Rosaire. Par contrat de 1448, il fonda douze bourses au collége d'Harcourt, à Paris, dont quatre devaient être pour quatre pauvres étudiants d’Avranches, et les huit autres pour les étudiants de Saint-Lo (1).
G. Le Gros, prieur de la Blouticre, qui a écrit des détails sur son temps, dans le Cartulaire de la Bloutière, en l'an 1369, dit qu’il était né à Avranches, en la Grand’Rue, c’est-à-dire la rue Saint-Gervais ou route de Rennes, sur laquelle rue a été trouvée une belle médaille d’Antonin et d’autres monnaies romaines (penès nos).
La citation de Desrues, que nous avons faite dans notre Avranchin (2), n'est pas aussi complète dans les autres éditions. Une édition de Desrues, que nous avons sous les yeux, ne renferme que le commencement de cette citalion jusqu’à Hérodes, et ne parle pas d’incendie de l’église. Nous avons tiré notre citation d’une autre édition que M. Laisné croit avoir élé complétée par un certain de Fonteny. Il existe un ouvrage qui est du même Desrues, dont M. Laisné a fait mention dans sa notice sur cet auteur : « Les Marguerites francoyses ou Fleurs de bien dire, par Fr. Desrues. Rouen, Th. Reinsart (4607), petit in-12 (3). »
A ce que nous avons dit sur la Sée, « Le doux fleuve de Sée, » comme dit Vitel, nous pouvons ajouter une note qui ne fera pas tout-à-fait accepter l’épithète : Dans un de ses coudes, sous le cimetière d’Avranthes, est un endroit profond qu’on appelle la Cave des douze chœurets, de douze enfants de chœur de la cathédrale qui s’y noyèrent en s’y. baignant (4).
(1) Toustain de Billy.
(3 E. 1er, art. Saint-Saturnin.
(5) V. les Archives du Bibliophile, No 1859.
(4) Note de M. Pigeon.
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Estienne Pasquier appelle l’évèque d’Avranches Cenalis, le Bonhomme, dans ses recherches de la France (1): « J'ayme mieux adhérer avec le bonhomme Cenalis, évesque d'Avranches qui, en ses Périoques, dit que tout ainsi que Charles, fils de Pépin, fut par aucuns appelé Charles Le Grand et des autres Charlemagne, d’un mot corrompu du latin, pour la graudeur de ses chevaleries ; aussi Hugues, pour le grand sens qu'il apporte en la conduite de ses affaires, fut appelé Capet d’un mot à demi-latin qui signifie le chef. » Mais on sait que Charlemagne est une ingénieuse latinisation de son nom germanique, Karlman, et Capet signifie Capuchon ou grosse tête.
La Société d'Archéologie d’Avranches a ajouté à son Musée un local dans la belle crypte de l'Evèché, pour un Musée lapidaire, dont le noyau a été un ensemble de troncons de colonnes reconnues pour romaines par le général Creuly, et trouvées réédifiées dans les substructions du château d’Avranches. De ces tronçons, une base est d’un beau travail qui la fait romaine ; une autre est gallo-romaine ; une autre base à double colonne est romaue et porte le coin qui caractérise cette époque. Ce groupe trace remarquablement la marche de l’architecture pendant une dizaine de siècles.
Saint-Simon , dans un de ses portraits à l’emportepièce, parle ainsi du prélat qui échangea avec Huet son diocèse d’Avranches : « Soissons (c’est-à-dire l’évèque de Soissons), frère de Puysieux, était un fat, mais avec de l'esprit, du savoir et plus d’ambition encore, qui lui avait fait changer son évêché d’Avranches avec le savant Huet, pour être plus près de Paris et de la cour, des volontés de laquelle il était l’esclave (2). »
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(1) Livre vaux, ch. 85.
(2) Hém., p. 267, rer vol. édit. Hachette.
Nous avons raconté le jeu de la Grosse d’après la descriplion assez inexacte de R. Séguin. Ce jeu existait récemment encore dans l’Avranchin: c’est le cricket des Anglais; nous le croyons d’origine normande, et bien que les Anglais, plus partisans d’origines saxonnes que normandes, lui trouvent une étymologie saxonne, nous croyons que leur cricket est une forme du normand croche, crochelte, et, comme transition, ils ont le jeu et le terme de Crockey. À Genëts le but s'appelle jax, la boule horret. Il se joue comme le cricket.
Malloué possédait un manoir, comme le prouve une charte de 1275, dans laquelle André de Maloé, curé des Chéris (Eschariz), donne à l’hospice d’Avranches : € Totum manerium suum de Maloeto et clausum in quo columbariun silum est secùs viam que ducit apud Abrincas (1). » Il est très-probable que le manoir de M4lloué subsiste encore dans la vieille construction au flanc de la colline, qu'on appelle Beaurepaire.
Une haute autorité, celle du savant M. de Gerville, confirme uotre opinion sur la chapelle de l’hospice. Il s'exprime ainsi dans un Mémoire sur larchilerture des églises du département de la Manche : « Je dois vous indiquer des modèles de fenètres étroites, pointues et trèslongues, qui datent du xne siècle et qui sont connues en Angleterre sous le nom de lancettes. Un des meilleurs échantillons se trouve à l’hôpital d’Avranches (2).
Parmi les enclaves ou biens que l’évêque d’Avranches possédait en diocèses étrangers, il en est une assez peu connue l’église de Notre-Dame-d’Epines, diocèse de Lisieux (Eure), où Ansegaud, évêque d’Avranches, consacra un des
(1) V. Notice sur l’Hospice d'Avranches, par M. Ch. de Beaurepaire, p. 85.
(2) Année 1824, p. 103.
autels à Notre-Dame. D’après le Pouillé de Lisieux (1), cette église était, au xive siècle, sous le patronage de l’évêque d’Avranches ; ce prélat avait aussi en ce lieu un manoir, puisqu’une chapelle de Saint-Jean y était appelée Chapelle du Manoir de l’ÉEvèque d’Avranches, qui en était patron (2).
En 1789, l’abbé de Carbonnel était titulaire de la chapelle du Coudray à Marcey (sic) (3).
Pour compléter ce que nous avons dit des hommes distingués nés à Avranches, nous avons un certain nombre d’additions.
Dans sa Neustria sancta, le P. Dumoustier fait l’histoire de Saint-Pierre, d’Avranches, moine de Savigny. Il est le seul à l'avoir écrite, car il l'annonce ainsi dans sa Neustria pia. Une note de M. l’abbé Pigeon nous apprend que les reliques de ce saint ont été reconnues par Mer Bouvier, évêque du Mans, et qu’elles se conservent à Landivy, où elles furent portées par les moines de Savigny (4).
Champion (Pierre), jésuite et professeur d’humanités, a écrit les vies des PP. Rigouleuc et Lallemand, celles des fondateurs des maisons de retraites, de Palafox, évèque d'Osma, etc. Il naquit à Avranches, le 19 octebre 1631 ; al mourut à Nantes, 28 juin 1701 (5).
Chauvelle, ou de Chanevelle (Jacques), jésuite, né aux environs d'Avranches et mort vers 1680, est auteur d'un traité de philosophie (6).
Forster a publié un traité intitulé : « Regimen contra pestilenliam, fluxum ventris, dysentericum et tenesmum (1). Rouen 1590.
(1) Pages 26, 97.
(3) V.A. Le Prevost. Notes pour servir à l’Hist.de Normandie, p.24. (3) Etat des Députés du baillage d’Avranches.
(+) Notes manuscrites.
(5) Manuel du Bibliographe normand.
(6) Ibid.
(7) Dict. de Moréri.
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Louis Le Bourgeois, seigneur d'Héauville, bachelier en théologie de la faculté de Paris, poète français du xvine siècle, né à Héauville, près de Cherbourg. Après son cours de théologie, il devint abbé de Chantemerle, au diocèse de Troyes, chanoine et grand doyen d’Avranches en 1662, et se relira ensuile au séminaire de Valognes avec l'abbé de Luthumière. Ce fut là qu’il composa son ouvrage « sur les plus importantes vérilés de la religion, en forme de cantiques, » les vers en sont assez remarquables (1). Son frère, Charles, curé de Carnet, fut ensuite doyen de la cathédrale d’Avranches en 1656. C'étaient deux hommes distingués, le dernier surtout, qui était fort savant, mais poèle médiocre. Ses œuvres ont été imprimées à Paris, chez Josset, en 1763. La famille Le Bourgeois était celle des seigneurs d’Héauville, arrondissement de Cherbourg, d'où ces ecclésiastiques étaient originaires.
Je trouve dans le Bouquiniste d’Aubry (2): « Catéchisme en vers dédié à Monseigneur le Dauphin par d’Héauville, curé de Chantemerle (3).
L. Jacob, en recherchant la première mention de femmes, actrices sur le Théâtre Français (4), dit qu’on trouve le nom de la femme Dufresne, écrit à la main, sur un exemplaire de l’Union d'Amour et de Chasteté, pastorale en un acte et en vers de l’invention d'A. Gautier, apothi- Caire Avranchois. Cetle pièce, inprimée à Poitiers en 1603, fut certainement jouée vers celte époque.
(1) De Gerville. Notes sur le dép. de la Manche. |
(2) Mars 1858. Il y en a une autre édition, de 1771, Avranches, petit in-12, broché non rogné. ajoutant ce titre: Doyen d’Avranches. Ajoutons: Chronologie des Evéques &’ Avranches, Rouen, 4670, petit in-8, par Dadré. La bibliothèque de Cherbourg possède l'Es- Claircissement de l’Abysme de la mer, A vranches, 1063,
(5) Paris, 1669, petit in-12, trés-rare, 25 fr.
(4) Préface de Pathelia, p. 24.
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M. H. Sauvage a trouvé la charte originale, relative à à la nomination de L. d'Estouteville, aux archives de Mortain. Îl en a donné une copie à la Société d'Archéologie : Commission du titre de gouverneur et capilaine de la ville d’Avcranches, 13 mai 1450.
Pour l’histoire, encore à faire, de l'imprimerie à Avranches, nous pouvons citer un ouvrage sans doute le premier sorti de ses presses : € Breviarium insignis S. ecclesiæ D. Fr. Pericard, abr. episcopi authoritate ac ejus dem eccl. capituli consensu editum, studio ac diligentia M. Joannis Champdorge, in theologia baccalaurei restitutum ac emendatum. Pars hiemalis. Abrincis ex typographia (sic), Joannis Le Cartel, cum privilegio, 1592 (1). »
En 1815 fut publiée, à Avranches, la Henriade trarestie, par Fougeret de Mongeron (2).
Le Conseiller au Parlement de Rouen, Antoine Le Marchant, sieur du Grippon et de Chavoy, demeura interdit et fut condamné à l’amende honorable, au bannissement, à la dégradation, et fit amende honorable dans la cour du Palais, 23 février 14542 (3).
C’est de la butte de Plomb, en venant de Villedieu, qu'on voit d’abord le Mont Saint-Michel : c’est là que les pèlerins saluaient roi celui d’entr'eux qui avait vu le premier la montagne sainte ; c'est ce qui est raconté dans le livre de l'abbé de Saint-Martin : « Nous partimes en ordre de Villedieu et allâmes à Avranches, sur le chemin de laquelle ville quelqu'un ayant dit que le sieur de Saint - Martin venait d’apercevoir le Mont Saint-Michel, aussitôt nostre capitaine et toute la compagnie cria : Vive le Roy! fit son ner ses tambours et ses trompeltes, et l’on but à la santé
(1) D'après le vol. qui est à la bibl. du Séminaire de Coutances. (2) Petit in-12 broché, non rogné, Catal. de Claudin, No 2588. (3) V. Floquet. Hist. du Parlem., t. x1, p. 71.
er Le du Roy; puis nostre capitaine lui donna un de ses trompettes et deux sergents, et lui permit de faire battre les tambours et d'ordonner toutes choses pour le reste du voyage (1). »
G. de la Champagne, seigneur d’Apilly, chambellan de Charles VI et capitaine de la ville d'Avranches, était un des sept qui combattirent victorieusement contre sept Anglais, en 4403, à Montendre, près de Bordeaux (2). Ce combat, digne accompagnement de celui des Trente, fut chanté par la muse populaire (3). Nous avons cité, au point de vue normand, ce qui, dans ce chant, concerne ce brave de l’Avranchin (4). |
Commune de Vains.
C’est sans doute le manoir de Saint-Léonard que Guillaume-le-Conquérant donna à ses derniers moments à l'abbaye de Saint-Etienne de Caen : « En ces heures suprèmes il lui donna un manoir à Vains, dans le diocèse d’Avranches,» dit M. Hippeau (5).
Guillaume, évêque d’Avranches, ayant voulu, deux ans (1223) après la bulle d’exemption du Pape, soumettre à sa juridiction les moines établis dans le prieuré de Saint- Léonard, de Vains, ceux-ci opposèrent à cette prétention la bulle du souverain pontife. Les débats se prolongérent,
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(1) V. ce voyage à la fin des Mém. d'un Bourgeois de Caen, publié par M. George Mancel.
(2) Juvénal des Ursins, ann. 1402. On lit dans les Rôles anglais: « Dedimus feoda Dappily, etc. L'éditeur de cer Rôles, M. Puiseux, dit à tort qu'il n'y a pas de localité du rom d’Appils, et croit qu'il s’agit ici d'Appeville.
(3) V. les Chants pop. de France, par Leroux de Lincy.
(4) V. notre Hist. et Gloss. du normand, de l'anglais et de la langue française. Introduction, 1er vol.
(8) Page 34 de son Hist. de St-Etienne.
et, moyennant une rente de 60 sols tournois, l’évèché renonça à toute espèce de droit sur le prieuré, qui fut dès lors compris dans l’exemption de l’abbaye (1).
Le vicomte d’Avranches fit prendre et mettre en la main du roi, en 14317, « plusieurs choses venues ct arrivées à vrecq (épave), ès grèves de Vans et Saint-Léonard, appartenant à hommes religieax et honnestes, l’abbé et le couvent de Saint-Estienne de Caen. » Ceux-ci adressèrent leurs réclamations au baïlli du Cotentin, qui ordonna au vicomte d’y faire droit, après enquête : « Faimes informacion par les serments et grande foyson de bonnes gens des prochaines paroisses Genez, Courtis, Bracülv, Dragie, Morel (Marcey), Vain, par les quieux nous trouvèmes que les d. religieux avaient toujours usé des d. gardes et délivrances..….. l’an de grace mil n° xx, le dymenche que l'en chante « Oculi mei. » En 1303, le bailli du Cotentin avait commandé à G. de Valgrante, sergent, de convoquer l'Evèque d'Avranches, l’abbé du Mont Saint-Michel et les paroissiens de Ducey, qui contestaient la validité des droits de l'abbaye. Il était déclaré que les pêcheries de Vains et de Saint-Léonard, ayant élé remises aux mains du roi sur l'abbé de Caen, celui-ci serait mis en saisine, si les opposants ne se présentaient pas. Personne ne se présenta. La transaction suivante termina les difficultés : « L’an 19319, devant Rob. Jacob, prestre et personne de Ferichemesnil, devant les assises d’Avranches, furent présents M. Johan, … évêque d’Avranches, etc. C’est assavoir que les d. religieux et leurs suecesseurs pourront peschier es eaues de Sée et de Séune, depuis la dite Roche de Toreix (de Torin, en Courtils) et la croix du cymetiôre du Sceu (dn Grouin du Sud) jusques au dit quay de Genez, o une raye traiante
(1) M. Hippeau, Hist. de St-Etienne, p. 64, d'après un Ms. de la Bibl. de Caen, de 1426.
tant seullement, et o trois hommes sans plus et o vcealx peut avoir un homme pour porter le poisson. Et le priour de Saint-Liénard, ou son senescal sont tenus de faire jurer les dits trois pescheurs qu'eulx ne pescheront qu’o une rave et o une fouesne….. Ie faire jurer a oure de tierche à la chapelle de Saint-Liénard, et y doit estre l’évêque d’Avranches ou son senescal. »
xve siècle : € Nous tenons la terre et seigneurie de Saint-Lienart avec telles franchises, tant en varec, pescheries, grève, salines, cheminages, choses gaysves, avec une foire par chacung an... au dit lieu ung manoir ou prieurez o ses appartenances, et à cause d'icelle seigneurie Îles hoirs du sieur de Mastignon, au droit de sa femme, tiennent de nous leur terre et seigneurie de Vain, par foy et hom mage, à nous sont tenus faire trois livres de poivre, etc., et s'y tenons plusieurs franchises. foires, places de moullins, prais, bois, eaux, manoirs, coullombiers.. (1) » En 1445, les moines de Saint-Etienne demandèrent au roi de prendre à Caen, au grenier à sel, un certain nombre de minots, exempts de droit de gabelle, équivalent de la quantité qu'ils pouvaient tirer de leurs salines de Vains, et qui serait vendue au profit du roi : e Comme à cause de la fondacion de leur abhaie, faicte par feu le duc G., roy d'Angleterre, leur compéle et appartiegne la terre et seigneurie de Saint-Licnnart, la revenue de laquelle, parce qu'elle est sur ou près de la mer, est en sel, au moins grant partie d’icelles au pais de Normandie; obstant les guerres qui ont eu lieu, ils ont perdu leurs chevaux, charctlies et hernoys en faisant amener leur sel. grants perles et dommages à l’occasion des guerres, ils ne = RONTENEN amener leur dit sel, etc. (2). »
(1) Archives du Calvados. C. collationnée sur l'original en 1572. (2) Archives du Calvados, 1450.
Procès - verbal de prise de possession : « L’an mil Hu® 56, 16° jour de may, en la présence de M. l’évèque d’Avranches, du doyen, du chantre, du scelleur, du promoteur et de plusieurs autres de la dite église, de M. d’Estouteville, de M. de Bricquebec et de plus de cent autres nobles et non nobles; « En venant de la veue de Genez, au montant de la mer, il arriva à vrecq un homme mort, noyé en la côte de Saint-Léonard, duquel vrecq, frère Thomas Rogier, prieur du dit lieu, print saisine, en présence des dessus dits, en gardant sa possession du droit dudit abbé, et le mist en cymetière du lieu, où ount {sic) à coutume destre mis les noyés qui sont trovés es grèves de Vain et Saint-Léonard. » On emporta la dépouille et bourse dudit noyé « auquel faict nully ne mist contredit ni débat. Il était le jour de Penthescote (1). »
Au commencement du xvzre siècle, D. Robert Malherbe, licencié aux droits, cellerier, était prieur de Saint-Léonard de Vains. Ses armes étaient d’hermine à 6 roses de gueules, 3, 2 et un. Ce sont les armes des Malherbe Saint-Aignan, famille à laquelle se glorifiait d’appartenir le poète Malherbe.
« [ a été reconnu en plusieurs assises, tenues à Avranches avec le concours des jurés de la province, per legales homines provinciæ, que le manoir de Vains, propriété des religieux de Saint-Etienne, est quitte de tous droits à payer sur les marchandises achetées ou vendues à Avranches excepté le jour du marché. » Rob. Courte- Heuse, dans la charte où il confirma les religieux dans la possession du manoir de Vains, que leur avait donné Le Conquérant dans sa dernière maladie, distingue deux espèces de tonlieu à y percevoir ; l’un est le teloneum alienum, payé par les marchands étrangers; l’autre, le feloneum residens, dù par ceux du pays. Ce dernier droit se
(1) Ms. précité de la Bibl. de Caen, dernier feuillet.
=; 40 = nommait encore droit d'ancrage ou de gravage ; il était de dix sous au xvue siècle. Le duc avait retenu le premier droit dans sa main : « Retineo tamen in manu med theloneum alienum. » Dans la même charte, les habitants de Vains étaient assujettis à faire le guet, guaitre, à la porte du manoir des religieux.
On lit dans une sentence imprimée de l'élection d’Avranches, du 143 mars 1751, des détails sur-l’importance commerciale d’un cap de la commune de Vains, le Grouin du Sud, et entr’autres : « Droits de sel pour livre dus sur le poisson de mer frais, sec et salé, venant des provinces étrangères au port du Grouin du Sud, de l'élection d’Avranches (1). »
Un vieux document nous révèle un fait important relatif à ces côtes : « De toz les barons de Normandie, il n’i a for l'évêque de Baieux et le comte de Cestre qui aent engins à prendre le craspois. » Or, on sait que le comte de Chester était le vicomte d’Avranches.
Le prieur de Saint-Léonard de Vains avait, au xvinre siècle, 3,000 livres de revenu. La donation du Conquérant fut confirmée par Henri Ier, Henri IT et Richard Ier.
L'abbé G. de Saint-Etienne acheta de Bardouf une vigne à Saint-Léonard de Vains, fait qu’il faut ajouter aux documents assez nombreux qui établissent des vignobles sur tout ce littoral, Vains, Saint-Léonard, Genèêts, Brion. Le vin d’Argences, dont le nom rime avec celui d’Avranches, dans un dicton satirique, bien connu, sur quatre crûs de Normandie, figure dans le poème de la Bataille des vins, par Henri d’Andely, xure siècle, publié par Méon (2). Le roi Phil. Auguste fait comparaître les vins les plus remar-
(1) Communiqué par M. Em. Peyronnet, par l'intermédiaire de M. E. Le Moine.
2) Fabliaux, p. 152.
quables, que goûte un prêtre anglais. Le vin d’Argences, qui s'est mis en route, retourne sur ses pas, et n'ose paraitre devant le juge (1).
CANTON DE BRECEY.
Commune de Tirepicd.
La tradition sur la destruction de la forteresse du Valde-Sée remonte plus probablement à Louis IX qu'à Louis XI. C’est le souvenir de la révolte des seisneurs Normands contre Louis IX, âgé de 15 ans. Après la défaite et la destruction du chälcau Ganne, Foulque Pesnel eut ses biens confisqués. Il était le suzcrain des scigneurs du Val-de-Sée, ou peut-être le propriétaire, ce que donne à croire la charte relalive aux moulins de Tirepied, qui vraisemblablement dépendaient de ce domaine. M. Renault les trouve mentionnés dans tous les titres de ce château. La vengeance royale s’appesantit sur tous ses biens, ct le Val-de-Séc, ravagé, garda le nom de Domaine brülé.
Confisquée et réunie aux biens de la couronne, cette seigneurie fut donnée par Charles V à Bertrand Dugucschn, en 4330, et son frère Olivier, comte de Longueville, en hérita. Sa veuve les posséda jusqu'en 4405. Un aveu rendu par elle en 4404 fait connaître l'importance de cette seigneurie à celle époque. € Î y a manoir et colombier appelés Domaine du Val-de-Sée, duquel domaine le fieffe de la Godefroy et de la Planche-Jumelle, avec le manoir de Tirepied, relèvent par foi et hommage. Les scigneurs du Val-de-Sée jouissaient en outre de la coutume de la foire de Saint-Gcorges-de-Livoye, tenue ce jour Kaint- Georges. » Après sa mort, ces biens retournèrent à la
(1) V. sur Saint-Léonard une excellente et complète notice par M. l'abbé Pigeon, Journal Avranchin, 1861,