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Couronne et devinrent l'apanage du Dauphin, comme le prouve une charte tirée de l'Histoire de Duguesclin. Ts passèrent ensuite à la famille Cholet, qu’on y trouve en 4457. A la fiu de ce siècle, Léon Cholet fut trouvé noble par Montfaut. En 1514, Jacques Cholet fieffa celte terre à Gilles Bellet, sicur de la Godefroy, moyennant 200 livres de rentes, puis la lui vendit 3,500 livres. Ce même Gilles Bellet la revendit en 1528 à Pierre Minier, écuyer, licencié en droit, lieutenant-général du vicomte de Mortain, pour 2,000 livres. Une déclaration, en 1607, produite au Roi par Pierre Minier, décrit le manoir à peu près dans l’état actuel. « L'hébergement et manoir ancien du Val-de-Sée, auquel il y a apparoissance de motte et chateau, qui en a esté à jours passés édifié, avec ung étang tout à l’environ d'icelle vieille motte, sur lequel domaine y a maison manable, colombier, cour, jardin honorable et touffe de bois de haute futaye. » La famille Minier le posséda jusqu’en 1637, époque à laquelle le domaine passa par alliance aux Rouxel, qui, en 4769, le transportèrent par contrat de vente à M. Ferrey de Montitier, conseiller du Roy, lieutenant criminel au bailliage d’'Avranches, dont la petite-fille a épousé: M. Gaudin de Saint-Brice, ancien sous-préfet d'Avranches, propriétaire actuel (1).
La charte relative aux moulins de Tirepied (2), loin de donner ces moulins au chapitre, constate la donation que F. Painel lui fit d’un quartier de froment, à condilion que le chapitre ne réclamerait rien de plus sur lesdits moulins tant qu’ils seraient dans la famille Painel (3).
(1) Extrait d’un article de M. Renault, Journal l’Avranchin, 8 juin 1856, fait d'aprés les pièces communiquées par M. de Saint- Brice.
(2) Avranchin monumental, t, 1er, art, Tirepicd,
(3) Note de M. L. Delisle.
CANTON DE DUCEY.
Commune des Chéris.
Une charte de 1275, des archives de l’hospice d’Avranches, signale un autre nom, le plus ancien que nous connaissions, de cette paroisse des Chéris : « Andrea de Maloeto rectore ecclesie de Eschariz (4). »
L'auteur des Mélanges d'Histoire et de Littérature, qui n’est pas Vigneul de Marville, pseudonyme, mais un chartreux de Gaillon, diocèse de Rouen, Dom Noel d’Argonne, en voulant rectifier une erreur du père Labbe, en a fait une autre, qui consiste à faire un affluent de la Sélune de l’Ardée, qui tire son nom du grand bois d’Ardenne, lequel subsiste encore en partie avec d’antiques arbres : « Le même Père met Avranches sur la Sélune, en Basse- Normandie, proche du Mont Saint-Michel. Avranches est sur la rivière de la Sée : la Sélune est une autre petite rivière qui lombe dans l’Ardée, et l’Ardée tombe dans la mer à une lieue ou une lieue et demie d’Avranches. Le père Labbe écrit Selune pour Sehune, confond la Sehune avec l’Ardée et prend l’Ardée pour la Sée (2). »
M. L. Delisle nous a écrit qu’il croit qu’il n’y a pas de rapports entre les communes des chapitres et les communes municipales. Nous adhérons complètement à cette opinion.
Commune de Poflley.
On a, pour le x siècle, une charte de donation à Montmorel : « Ego Henricus de Huecon miles dedi abbatiæ M.Morelli tria quart. frumenti in meo molendino de Essarz
(1) V. Hïist. de l'Hospice d’Avranches, par M. de Beaurepaire, p. 85.
(3) T.u1, p.217. Toutefois ce vénérable vieux bois vient de tom-
ber sous la hache.
ad mensuram de Breceyo annuatim percipienda ad pitanciam in die obitus mei perpeluo faciendam 1242 (1). »
La strophe Hora completori que, d'après un autre écrivain, nous avons attribuée à l'office propre à l’abbaye de Montmorel, appartient au bréviaire de cette époque, celui de Péricard, pour l’office de la Vierge. .
C’est à un des Guillaume de Ducey qu’il faut rapporter celte charte sans date : « Carta concordie inter Asceium Trosser et Hubertum fratrem ejus pro Trosseria Breci. » — Videlicet quod tres quart. feodi de la Trousserie quos emerunt calallis suis partiti sunt per medium et certis finibus diviserunt et hoc se lenendos et firmiler observaturos coram parrochia de Breci juraverunt..…. ad majorem firmitaiem obtinendam W. tunc temporis abbas M. Morelli ad quod dominium hujus feodi pertinet..….. Auloritatem sigilli apposuit. »
Un procès-verbal de 4790 (2) constate l’état de l’église et des bâtiments de l’abbaye de Montmorel à cette époque : « Dans la sacristie les municipaux trouvèrent une statuette de la Sainte-Vierge, d’argent massif, de 13 pouces de hauteur ; dans l’église, un grand autel à la romaine, revêtu de marbre blanc de différentes couleurs et son gradin aussi de marbre, deux pelites tables de marbre pour le service divin, une balustrade de fer à la hauteur d'appui, qui ferme le sanctuaire ; au fond du chœur est un grand tableau qui représente une descente de croix; le chœur contient 23 stalles avec une boiserie fort propre dans toule son étendue à la hauteur de dix pieds, il y a au milieu une
table avec son lutrin ; il y a sur l’autel un crucifix et six
(1) Vidimé en 1426 par le garde des sceaux des oblig. de la ville d'A vranches. D'après le Livre Pelu de Bayeux : « Abbas de Montemorelli ecel. de Guibervilla (Calvados), ubi est capella œdis de la Moignerie. »
(2) Ap. M. Desroches, Annales, p. 423.
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— 9 >= chandelicers de cuivre. Il y a un petit autel dédié à Ja Sainte-Vierge, orné d’une boiscrie peinte de diverses couleurs et de quelques dorures, au milieu de laquelle un tableau représentait l’Assomption. Un petit autel dédié à Sainte-Geneviève..… »
Conmmane de Courtils.
À Courtils est né un abbé de Savigny, Guillelimus de Corteio, mort en 1260, qui obtint du Pape le droit de conférer les ordres mineurs (1).
La chapelle Saint-Etienne, de Courtils, était dans l’angle formé par la route du Mont Saint-Michel et Ia rue de la Chaine-du-Port. De l’autre côté de la route, eu face, on voit encore la vicille maison du prieur (2).
CANTON DE GRANVILTE.
Cormnmmune de Granville
Une élégante vovageuse décrit le site de Granville de cette manière graphique : € Granville est situé sur un large promontoire qui s’avance dans la mer et forme l’une des cornes d’une vaste baie (3). »
€ 11 janvier 1442. — Les commissaires ordonnés sur le fait du recouvrement de Grantville, de présent occupé par les ennemis du Roy, chyrgent le vicomte de Caen d'aller es isles de Guersy et Guernesy et ailleurs ou besoing sera, pour se procurer les navires nécessaires audit recouvrement. »
S'il y a peu de documents sur Granville pour la seconde moitié du xve siècle, les deux suivants n’en ont que plus d'intérèt :
(1) Note communiquée par M. Pigeon.
(2) Ibid.
(5) Mie Taslu, Voyage en France, p. 450.
€ 14455. — Puis nagaires et de nouvel, les aulcuns des vslemans, désobéissant et tenant le parti contraire au Roy jusques au nombre de six, ou seit eslaient descendus ès parties de devers Grantville et dillez venus espiant le pais jusques environ le havre de Carteret, comme manière de brigands (1). »
€ 1497. — M. de Gye, maréchal de France et cappitaine de Granville (2). »
Lettre de la revne Anne au capitaine du Breil, gouverneur de Grantville, pour la défense de ceste place, du 4er juillet 45. (fol. 48). Lettre du roy Charles au capitaine La Roche, frère du précédent, pour la réduction de la garnison de l’ysle de Chausay, datée de Chàlons, 1504. (Fol. 48, Fonds des Blancs-Manteaux). :
On lit dans un trés-remarquable travail sur les côtes de la Manche :
€ Vauban visita Granville en 1681 et 1685. Il proposa de creuser jusqu’au niveau de la mer moyenne la coupure de l’isthme et de jeter un pont au-dessus, de creuser un bassin à flot en arrière du port d’échouage, etde construire un brise-lames extérieur. Le dernier ouvrage, aujourd’hui empaté dans le nouveau mile, fut seul exécuté (3). »
En 13793, les conventionnels Le Carpentier et Laplanche réunirent, pour la défense de Granville, environ 4,000 soldats qui se composaient des troupes suivantes :
« Un détachement de la 31e demi-brigade, deux bataillons de volontaires, l’un de la Côte-d'Or, l'autre de la Manche, qui n'avaient pas encore vu le feu, 500 gardesnalionaux ou canonnicrs marins de la ville. Le Carpentier organisa, avec unc vigucur digne d’une cause si sainte, des
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(1) R:g. de la Cour des Comptes.
(2) Ibid.
(5) M. Baude. Les Côtes de France,
moyens de défense dont l’emploi fut dirigé par le général Peyre et l’adjudant-général Vachot (1). »
« Les 43 et 14 septembre 1803, les Anglais attaquèrent Granville avec une frégate, 2 bricks et 5 bombardes : un grand calme s’était fait dans la seconde journée ; 8 bateaux plats, portant du 24, sortirent contre eux à l’aviron et les firent reculer ; la frégate talonna même sur le banc de Tombelaine, et quand on la vit se pencher, les soldats et les matelots se précipitèrent des quais pour l'enlever à l'abordage, mais elle se remit à flot. Les Anglais tirèrent celte fois au-delà de 500 bombes ; ils tuèrent un homme et en blessérent trois (2). »
Pierre Pinchon qui, en 1547, consacra le couvent de Granville, était abbé de Hambye et évèque de Saint-Sophire in parlibus; ce couvent était sous l’invocation de Notre- Dame et de Saint-François, et, dès le commencement, suivant Histoire de l’ordre de Saint-François, il y avait 23 religieux : « Inhabitabatur hic locus à 23 religiosis (3).»
M. Demons décrivait ainsi cet établissement en 1814: « Je désirais voir, en nous en retournant, le couvent des Cordeliers, de Granville. Ce monastère était très-agréablement silué. Les approches en sont encore charmants, de belles avenues y conduisent. La maison conventuclle subsiste encore : on voit l'emplacement du cloître, mais l'église a été abattue, il n’en reste que deux pignons. »
Les îles de Chausey furent déclarées partie de la commune de Granville, par un décret du 11 octobre 1793. Le phare de Chausey a été bâti en 1840 : « Ce phare a été
(1) M. Baude, qui a puisé pour ce siége à deux sources : Détail du siège de Granville, par le capitaine Metoyen, adjudant de place (Ms. Brumaire, an 11), Mémoire de l’adjudant Livicaire, chef du génie à Granville (Ms. an un).
(2) M. Baude.
‘3) Ms. de M. Demons.
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construit en vertu d’une détermination que M. Dufaure, en 1839, prit, à la grande surprise de ses bureaux, peu accoutumés à la promptitude, en moins de vingt-quatre heures. On avait su que le cabinet de Saint-James, toujours en quête d’îles à britanniser, cherchait si le roi Harold ne lui avait pas laissé quelque titre à faire valoir sur celles-ci, et notre droit ne pouvait avoir d'expression plus simple et plus digne qu’un service rendu à la navigation (4). »
Rien de plus remarquable n’a été dit sur la Granvillaise que ce qu’en a écrit un grand artiste : « J'écris ceci dans la ville des plus belles femmes de France... Admirablement sobres, elles n’en sont pas moins riches de formes, de beauté colossale, de main forte, fermes aux œuvres d'hommes... La nuit, elles battent le linge, le jour, courent les rochers dans une nudité intrépide, qui ferait le bonheur des peintres. Elles se battraient à merveille si l'ennemi venait, comme jadis ont fait leurs mères, qui prirent des Anglais de leurs mains... Ce lieu original, de grand vent, frais, salubre et de souffle héroïque, c’est celui où heurtèrent l’Anglais et la Vendée : Granville, depuis, justement nommée la Victoire (2). »
Pour compléter ce que nous disions dans notre Avranchin sur les voies romaines (3) de ce littoral, nous devons ajouter une autre voie. Îl y a encore l'itinéraire de Reginea à Condate, du segment 2 de la Table Théodosienne, ainsi marqué : « Reginea Fano Martis XIV, Condate XXV. » M. Walknaer place Reginea à Granville, localité jeune, datant du xve siècle, sans vestiges romains : Regnéville, port qui surveille l’estuaire de la Sienne, important au moyen-âge, répond beaucoup mieux au nom romain, et sa
(1) M. Baude, Les Côles de la Manche.
(2) Michelet, La Mer, p, 229.
(3) T. 1er, p. 569.
distance de Saint-Pair, ou Fanum Martis, représente la distance réelle. Le chiffre 26 entre cette dernière station et Rennes, correspond assez bien avec l’espace intermédiaire en se dirigeant sur Pontorson par Carolles et la baie du Mont Saint-Michel : on sait que l’armée de Guillaume-le- Dâtard passa cette baie dans cette direction, c’est-à-dire à l’ouest du Mont Saint-Michel, fait qui est attesté par la tapisserie de Baveux.
Au vie siècle, saint Marcouf était obligé de s’embarquer pour aller dans l'ile de Jersey, visiter son disciple saint Hélier. C'est un fait de plus contre ceux qui croient que les iles Normandes ont autrefois fait partie du continent. Parmi ceux-là, un des plus exacts et des plus savants est M. Peacock, de Jersey, l’auteur de Geology of Jersey, avec lequel nous regrettons de ne pouvoir nous entendre sur un texte de Diodore de Sicile, qu'il applique aux îles Normandes, et que nous rapportons aux îles de Whight, Portland, etc.
Comenune de Saint-Pair.,
Un fait, qui s'ajoute à ce que nous disons du caractère sacre de celte localité de Saint-Pair, c'est le suivant, que uous empruüntons à M. Delisle :
En 1291, dans une assise tenue à Avranches, Vincent Tanuquerei décida que les Juifs ne pouvaient s'établir à Saint-Pair (4). La rue des Juifs à Granville, bâtie au milieu du xve siècle, prouve ou le progrès des idées, ou le caractère purement commercial de cette localité.
La petite chapelle Sainte-Anne, à Saint-Pair, ajoutait à sgn nom un suflixe qui peignait sa siluation :
« Nous allâmes plus loin voir une chapelle qui porte le nom de Sainte-Anne-des-Sables. Elle est assez propre,
(1) L. Delisle, Mém. sur les Baillis du Cotentin.
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