CANTON DB LA HAYE-PESNEL
Commune de 1n Hayc-Pesnel.
Relative à la Haye-Pesnel, se trouve une pièce de vers en patois, dans la Wuse normande, que nous donnons comme spécimen, non pas du patois üe la Have-Pesnel, mais du patois un peu bourgeois de la Haute-Normandie, tel que l’a rédigé Ferrand :
Lettre trouvée au fons du bastel de la Bouille, d'une mère de la Hais-Pcnel, à sen ficur latincux au collège.
Men fieux, pourquay veux-tu quitter ton colliége, Tu aprenais si bien a luire ten Donnez :
No ta veu enjerqué tout o fin haut du siège,
Faire des Lalineux demeurer inanez
Cray may, men petit Trognon, ne quitte point ten siége, Je devide du fil pour te coutre des brez,
Si ten pére surprend un lieure a sen piège
Chest pour te regaudir et faire tes goussets.
No village est mengé de ches mechans soudrilles.
Y nous faut sans baufrer par fais trousser nos quilles Y sont pris te nagniau, ten coq et ten pourchel. Avanche-toi Colas jusqu'en philocorfie
Te naute ta lessé se bottant sa trouye
Et sen corset tenné pour t'en faire un mantel (2).
Cette localité a été assez maltraitrée par les dictons populaires, parmi lesquels on remarque :
Ch'’est à la Hayc-Pesnet Où le diable fut né.
Roquefort, qui fait la faute de placer ce bourg entre Alençon et Belesme, dit que des écrivains € sans doute
(1) Ms. de M. Desmons, 1814.
(2) La Muse normande, par Ferrand. 1655, Rouen.
90 = peu judicieux, » ont avancé que Judas Iscariot était né en cet endroit, et, par ironie, on dit que les habitants gardent les culottes, les braies de Judas (1).
Commane de la Lucerne.
€ 1186. — Donation à l’église de la Lucerne, par G. de Moyon, pour la fondation de son anniversaire, copie du xv° siècle (2). »
Le 39e abbé de la Luzerne était non pas Dutot, mais Duthol, comme je l’ai vu par sa signature sur trois quittances, dont l’une avait la date de 1783.
La jolie chaire de cette abbaye se voit aujourd’hui dans l'église Saint-Pierre-de-Coutances : vendue 300 francs pendant la Révolution, elle en vaut bien aujourd’hui 3,000, selon l’historien de Coutances (3).
Commune dun Luot.
Selon le Dictionnaire des Anonymes (N° 13,048), les psaumes de David, traduction nouvelle, avec des notes pour l’éclaircissement des endroits les plus difficiles, par un ecclésiastique du diocèse d’Avranches. — Paris, Belin, 489, in-8°, — est attribué à M. Pierre Le Bohineust, curé du Luot, arrondissement d’Avranches. Ils ont été imprimés à Avranches par Lecourt. Il y en a une deuxième édition, de Londres, 1798, avec additions importantes et ce soustitre : « Par un Ecclésiastique du diocèse d’Avranches. »
Commune de Sainte-Pience,
Il y a une croix à Sainte-Pience, à base ancienne, avec la date de 1539, et cette inscription « Guillaume Dufour
(1) Glossaire de la Langue romane, Vo la Haye-Pesnel.
(2) Bibl. de l'Ecole des Charles, janvier 1857, p. 303,
(3) V. Recherches archéologiques sur Coutances, par M. Quesnault, sous-préfet.